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FRANCE

Dominique Strauss-Kahn nie en bloc et entend "se défendre vigoureusement"

Vidéo par Ludovic de Foucaud

Texte par Dépêche

Dernière modification : 17/05/2011

Inculpé pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration, le directeur général du FMI dément "toute mauvaise conduite". La comparution de DSK a été reportée afin de permettre aux enquêteurs d'effectuer des examens corporels.

AFP - Dominique Strauss-Kahn a quitté dimanche soir, menotté, le commissariat de New York où il était détenu et entend se "défendre vigoureusement" contre les accusations de tentative de viol portées contre lui par une employée d'hôtel, qui ont provoqué un choc politique en France.

DSK formellement identifié par la victime présumée

Le directeur général du Fonds monétaire international a quitté le commissariat, un bâtiment en briques rouges situé dans le quartier de Harlem, vers 23H00 locales (03H00 GMT lundi), a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Strauss-Kahn, vêtu d'un pardessus sombre, est monté à l'arrière d'une voiture de police banalisée pour une destination inconnue.

Les images de cet homme de 62 ans serré entre deux policiers, visiblement fatigué, le visage crispé, illustrent la tourmente dans lequel est plongé le patron du FMI depuis son interpellation samedi après-midi à bord d'un avion d'Air France.

L'affaire a ébranlé la classe politique française à un an de la présidentielle, où DSK faisait figure de favori. Elle a également plongé dans l'incertitude le FMI au moment où l'institution doit piloter la réponse à la crise de la dette dans plusieurs pays européens.

M. Strauss-Kahn "a été inculpé d'acte sexuel criminel, de tentative de viol et de séquestration", suite aux accusations d'une femme de chambre de 32 ans, employée dans un hôtel Sofitel de New York, a indiqué la police.

La victime présumée a formellement désigné dimanche après-midi le patron du FMI comme son agresseur parmi un groupes d'hommes lors d'une séance d'identification au commissariat.

Selon le New York Times, la femme est d'origine africaine et a une fille d'une dizaine d'années.

M. Strauss-Kahn "a l'intention de se défendre vigoureusement contre les accusations et il dément toute mauvaise conduite", a déclaré un de ses avocats, Benjamin Brafman, en s'adressant dimanche soir aux journalistes devant le tribunal du sud de Manhattan, où DSK doit être présenté à un juge.

"Ce sera au juge" de décider ensuite si M. Strauss-Kahn peut être libéré sous caution, et à quelles conditions, a expliqué un porte-parole de la police de New York, John Grimpel, précisant que le patron du FMI ne pouvait se prévaloir d'aucune immunité diplomatique dans cette affaire.

Cette comparution, prévue dimanche, a été reportée à lundi matin afin de permettre aux enquêteurs d'effectuer de nouveaux tests, a indiqué un autre avocat de DSK, William Taylor.

L'avocat a précisé que "(son) client avait, de son plein gré, accepté de nouvelles analyses". M. Strauss-Kahn "est fatigué, mais il va bien", a ajouté Me Taylor.

La police de New York a de son côté obtenu un nouveau mandat pour examiner les vêtements du patron du FMI, à la recherche de nouvelles traces d'ADN, sur "des cheveux, du sperme", et souhaite vérifier si M. Strauss-Kahn présente des traces de griffures.

Face à la situation périlleuse dans laquelle se trouve son directeur, le FMI a annoncé dimanche soir avoir repoussé à lundi la réunion informelle de son Conseil d'administration consacrée à l'affaire. La situation "n'est pas simple", a confié une source proche de l'institution.

Les faits dont est accusé M. Strauss-Kahn se seraient produits samedi en milieu de journée à l'hôtel Sofitel situé près de Times Square.

Un porte-parole de la police a indiqué à l'AFP que la victime était entrée dans la suite 2806, croyant qu'elle était vide pendant que DSK prenait une douche. "Il s'est approché d'elle par derrière et l'a touché de manière inconvenante. Il l'a forcée à accomplir un acte sexuel", a affirmé le porte-parole.

M. Strauss-Kahn a ensuite fourni lui-même les renseignements qui ont permis à la police de l'interpeller à l'aéroport Kennedy de New York en appelant son hôtel pour qu'on lui fasse porter un téléphone portable qu'il avait oublié, selon la police.

L'arrestation de DSK provoquait lundi de premières conséquences sur le plan économique: l'euro était en baisse dans la matinée sur les marchés des changes en Asie, les investisseurs craignant que la situation de DSK ne complique les efforts pour régler la crise de la dette en zone euro.

Le patron du FMI ne participera pas lundi à Bruxelles à une réunion importante sur la Grèce des ministres des Finances de la zone euro. Il sera remplacé par une directrice générale adjointe chargée de l'Europe, Nemat Shafik, a annoncé à Washington l'institution.

"Pendant quelques jours au moins, le marché va craindre une paralysie de la direction au FMI", a déclaré à Dow Jones Newswires Gareth Berry, analyste sur les devises chez UBS.

En France, l'incroyable arrestation de l'ancien ministre de l'Economie faisait lundi matin les grands titres de la presse.

"Affaire Strauss-Kahn: coup de tonnerre sur la présidentielle", titrait le Figaro, tandis que Libération lâchait un lapidaire "DSK OUT".

La chute probable de M. Strauss-Kahn constitue un coup dur pour la gauche, qui a insisté néanmoins sur le nécessaire respect de la présomption d'innocence, tout comme le gouvernement qui a appelé à "la prudence".

C'est un "coup de tonnerre", a déclaré la dirigeante des socialistes Martine Aubry en se disant "stupéfaite".

M. Strauss-Kahn a été nommé en septembre 2007 à la tête du FMI pour un mandat de cinq ans pour réformer en profondeur cette institution.

En 2008, le FMI avait commandé une enquête sur son directeur à la suite d'une relation extra-conjugale entre l'ancien ministre des Finances et une ex-responsable du département Afrique, Mme Piroska Nagy.

L'enquête a établi qu'elle n'avait bénéficié d'aucun traitement de faveur, et qu'il n'y a pas eu "de harcèlement, ni de favoritisme ni aucun autre abus de pouvoir". Mais le FMI avait alors reproché à M. Strauss-Kahn une "grave erreur de jugement", dans une affaire qui avait fait la Une de la presse mondiale.

Première publication : 16/05/2011

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