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Moyen-orient

La commémoration de la "Nakba" entachée par des affrontements meurtriers

Vidéo par France 3

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/05/2011

Au moins douze personnes ont été tuées et des centaines d'autres ont été blessées par l'armée israélienne ce dimanche au cours d'affrontements en marge de manifestations au Liban et dans le Golan syrien occupé pour commémorer la "Nakba".

AFP - La commémoration de la "Nakba" a été ensanglantée dimanche par des violences sans précédent qui ont fait au moins 12 morts et des centaines de blessés, la plupart à la périphérie des territoires palestiniens, au Liban et dans le Golan syrien occupé.

Il s'agit du plus lourd bilan lors des manifestations de la "Nakba" (catastrophe), selon l'appellation dans le monde arabe de la création de l'Etat d'Israël en 1948 et de l'exode des Palestiniens qui s'en est suivi, depuis 1998. Cinq Palestiniens avaient été tués par l'armée israélienne dans la bande de Gaza et en Cisjordanie pour le 50ème anniversaire.

Dans le plateau syrien du Golan, l'armée israélienne a ouvert le feu sur des manifestants palestiniens venus de Syrie qui avaient pénétré dans la partie occupée.

Deux protestataires ont été tués et quatre grièvement blessés, selon des médecins.

Le calme était revenu en début de soirée dans ce secteur, où près de 200 des milliers de manifestants avaient franchi la ligne de cessez-le-feu, selon un photographe de l'AFP.

Il s'agit d'un des incidents frontaliers les plus graves entre les deux pays depuis la guerre israélo-arabe de 1973.

L'armée israélienne a accusé le pouvoir syrien d'avoir "organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l'opinion mondiale de ce qu'il se passe dans ses villes" et qualifié cet acte de "très grave".

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti qu'Israël était déterminé à défendre "ses frontières et sa souveraineté": "J'ai donné ordre à l'armée d'agir avec le maximum de retenue mais aussi d'empêcher que nos frontières soient forcées".

Damas a "fermement dénoncé les actes criminels d'Israël contre notre peuple dans le plateau du Golan, en Palestine et dans le sud du Liban", ajoutant: "Israël devra assumer la totale responsabilité de ses actes".

Dix personnes ont été tuées par des tirs israéliens à la frontière libanaise, où des milliers de réfugiés palestiniens s'étaient rassemblés dans la localité de Maroun ar-Ras, à un kilomètre d'Israël, selon l'armée libanaise.

Les tirs ont éclaté après que des dizaines de jeunes manifestants ont franchi le cordon de l'armée libanaise pour s'approcher des barbelés, et ont commencé à lancer des pierres en direction des soldats israéliens de l'autre côté.

Le Liban a porté plainte contre Israël auprès de l'ONU, appelant le Conseil de sécurité à "prendre ses responsabilités et faire pression sur Israël pour qu'il cesse sa politique agressive et provocatrice à l'égard du Liban", selon l'agence de presse officielle Ani.

Dans les territoires palestiniens, une centaine de Palestiniens ont été blessés dans le nord de la bande de Gaza par des tirs de l'armée lors d'une marche en direction du terminal frontalier israélien d'Erez, a-t-on appris auprès des services médicaux palestiniens.

Un millier de manifestants se sont dirigés vers la frontière israélienne en dépit de tirs de semonce israéliens, selon un correspondant de l'AFP.

Un jeune Palestinien a par ailleurs été tué par des tirs israéliens à l'est de la ville de Gaza. L'armée israélienne a affirmé avoir tiré sur un individu qui "posait un engin explosif" à la frontière.

D'autre part, au moins 17 Palestiniens ont été blessés lors de heurts violents au poste de contrôle de Kalandia (Cisjordanie), à l'entrée de Jérusalem, et neuf autres à Hébron (sud de la Cisjordanie).

Et au moins 24 personnes ont été blessées au Caire près de l'ambassade d'Israël dans des affrontements entre policiers et manifestants, selon le ministère égyptien de la Santé, cité par l'agence officielle Mena.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a salué la mémoire des "martyrs tombés" dimanche.

"Leur sang précieux n'aura pas coulé en vain, parce qu'il a été versé pour la liberté du peuple palestinien et ses droits", a-t-il dit.

La "Nakba" s'est traduite par l'exode de quelque 760.000 Palestiniens, point de départ de la question des réfugiés, actuellement au nombre d'au moins 4,8 millions avec leurs descendants, répartis pour l'essentiel entre la Jordanie, les territoires palestiniens, la Syrie et le Liban.
 

Première publication : 16/05/2011

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