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EUROPE

Croke Park, lieu symbole de la marche vers l’Indépendance

Vidéo par Anne SOETEMONDT

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 18/05/2011

Au cours d’une visite historique en Irlande, la reine d’Angleterre Elizabeth II s’est rendue ce mercredi au stade mythique de Croke Park, à Dublin. Un temple des sports gaéliques hanté par le triste souvenir du "Bloody Sunday".

Au deuxième jour de sa visite en Irlande, la reine Elizabeth II s’est rendue ce mercredi au stade de Croke Park, à Dublin. Un passage hautement symbolique dans le processus de réconciliation entre la Grande-Bretagne et son voisin. Croke Park est longtemps demeuré le temple incontesté des sports gaéliques - comme le Hurling, le football gaélique et le Camogie.

Le stade, qui dispose d’une capacité de 82 300 places, n’a été ouvert aux autres sports (comme le football et le rugby) qu’en 2005, 92 ans après sa mise en service, en 1913.

Mais surtout, Croke Park a été, en 1920, le théâtre d’un massacre orchestré par les forces britanniques qui a contribué à aboutir à l’indépendance du pays.

Au petit matin du 21 novembre 1920, l’Armée républicaine irlandaise (IRA), force armée des indépendantistes, lance un commando en plusieurs endroits de Dublin afin d’éliminer un réseau d’agents des services secrets britanniques. Le bilan de l’opération est lourd : dans les rangs britanniques, 12 agents sont abattus, ainsi que deux paramilitaires à la solde de la Couronne.

Dans l’après-midi, la police britannique régulière, soutenue par les paramilitaires, décide de mener une "expédition punitive" au cours d’un match de football gaélique, sport phare de l’Irlande.

Catalyseur de la marche vers l’Indépendance

Les forces britanniques pénètrent dans Croke Park, où 5 000 personnes sont rassemblées, et ouvrent le feu sur la foule. Quatorze personnes, dont une femme, deux enfants et deux joueurs sont tués.

Londres, qui n’avait pas été informé de l’opération, peine à justifier le massacre. La version officielle des autorités fait état d’une action policière visant à fouiller les spectateurs afin de débusquer d’éventuels sympathisants de l’IRA et explique que ce sont ces derniers qui ont ouvert le feu en premier.

Les enquêtes ultérieures viendront infirmer cette thèse. Soixante-dix neuf ans plus tard, le "Bloody Sunday" ("dimanche sanglant", à ne pas confondre avec celui de 1972 à Londonderry, NDLR) est toujours gravé dans les mémoires irlandaises, comme l’un des évènements charnière de la marche du pays vers l’Indépendance.

Il a en effet contribué à asseoir le ressentiment contre la Grande-Bretagne au sein de la population irlandaise, jusqu’à l’indépendance officielle de l’Eire, en 1922.

En Irlande, Croke Park représente bien plus qu’un complexe sportif de grande envergure. C’est un temple de la culture irlandaise, une stèle dédiée à la mémoire du combat pour l’indépendance nationale.

Première publication : 18/05/2011

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