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Asie - pacifique

À la centrale de Fukushima Daiichi, les dégâts sont pires que prévu

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 07/06/2011

L'opérateur Tepco a reconnu le 12 mai que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi avait fondu quelques heures seulement après le tsunami. Une révélation des plus inquiétantes pour certains experts du nucléaire.

Les médias français n’en parlent presque plus et pourtant, les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi s’aggravent de jour en jour. L'opérateur japonais Tepco, en charge de la centrale nucléaire de Fukushima, a déclaré le 12 mai  que le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 avait vraisemblablement fondu, faute d'avoir été immergé dans l'eau durant plusieurs heures après la catastrophe du 11 mars.

D’après ces déclarations, qui ont fait suite à de nouvelles mesures effectuées sur le site, le phénomène se serait produit après que le refroidissement du réacteur a été coupé par le tsunami. Les barres de combustible, totalement ou partiellement fondues, auraient suinté vers le fond de la cuve. Cette dernière n’aurait pas résisté et se serait alors fissurée.

"Un pic de cancers dans les années à venir"

L’annonce de Tepco, intervenue 69 jours après la catastrophe, passe mal auprès des experts. "La situation est beaucoup plus grave que ce que Tepco et l'agence de sécurité nucléaire japonaise ne l'ont laissée paraître", déclare Harry Bernas, directeur de recherche au CNRS. "Des mesures - encore incomplètes - publiées ces jours-ci- prouvent qu'en perçant leurs barrières de sécurité, des éléments hautement radioactifs se sont non seulement échappés dans l'air et l'océan, mais ont également pollué les nappes phréatiques", s’inquiète le chercheur. "Reste à savoir maintenant à quel degré de gravité nous sommes confrontés".

L’irradiation quotidienne et permanente émanant des réacteurs de Fukushima va inexorablement contaminer les sols japonais et surtout, remonter dans la chaîne alimentaire via les produits de la mer, consommés massivement par la population nippone. "Il est évident qu'un pic de cancers va se déclencher dans les années à venir dans la région autour de Fukushima", explique Stéphane Lhomme, le président de l'Observatoire du nucléaire.

Selon Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France, l’ampleur de la catastrophe était pourtant prévisible. "Il était évident que les cœurs avaient fondu après être restés plusieurs heures sans être refroidis. Tepco n’a simplement pas voulu dire la vérité en étant sous les feux des médias", explique-t-elle. "J’hésite entre les mots ‘malhonnêteté’ et ‘incompétence’ à leur égard".

"Des délais qui n’ont aucun sens"

De son côté, Tepco se veut le plus rassurant possible. Aucun changement n’est prévu dans leur calendrier de sortie de crise présenté le 24 avril. "Nos objectifs ne changent pas", a assuré Sakae Muto, le directeur général adjoint de Tepco lors d’une conférence de presse, la semaine dernière.

Les travaux mis en place par l’opérateur se poursuivent donc comme prévu et Tepco continue de tabler sur la réduction des fuites radioactives d’ici à juillet et sur une stabilisation de la température des réacteurs d’ici à janvier 2012.

Un calendrier absurde selon Harry Bernas. Pour lui, "ces délais n’ont aucun sens (…), les réacteurs numéro 1 et 2 sont de véritables passoires. L'eau de refroidissement les traverse. Plus de cent cinquante mille tonnes de cette eau devenue très radioactive devra être évacuée et traitée rapidement. La situation reste instable. Au total, il faudra plusieurs décennies avant de mettre un terme à cette catastrophe", conclut-il.

 

 

Première publication : 18/05/2011

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