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Asie - pacifique

En proie aux critiques, Tepco confirme une fusion dans les réacteurs n°2 et n°3

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 24/05/2011

Deux mois et demi après la catastrophe nucléaire, la situation reste critique dans la centrale de Fukushima 1. L’exploitant Tepco, qui fait face à de nombreuses critiques, a admis mardi que le combustible avait fondu dans les réacteurs n°2 et n°3.

Plus de deux mois et demi après le séisme et le tsunami qui ont ravagé le nord-est du Japon, la situation reste critique dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Le géant de l’énergie nucléaire Tokyo Electric Power (Tepco), en charge de l’exploitation de la centrale endommagée, a confirmé mardi que le combustible nucléaire avait fondu dans les réacteurs n°2 et n°3. "Une grande partie du combustible est sans doute tombée au fond (de la cuve sous pression)", a déclaré un porte-parole de la compagnie. Les réacteurs "subissent des opérations de refroidissement et leur condition est stable", a-t-il ajouté.

Début mai, Tepco avait déjà fait savoir que du combustible avait fondu dans le réacteur n°1, quelques heures après le tsunami. Cette accumulation de mauvaises nouvelles a semé le doute sur l'exactitude des informations délivrées par l’opérateur. En effet, pendant plusieurs semaines après le séisme du 11 mars, il n’était question que d’une fusion partielle.



Plus de transparence

Fatalistes au début de la crise, les Japonais montrent désormais des signes d’agacement et demandent plus de transparence. "La population ressent beaucoup de déception face à l’accumulation des mauvaises nouvelles en provenance de Fukushima", explique Teruaki, un interprète tokyoïte âgé d’une quarantaine d’années. Le pays étant confronté à une grave crise, il espérait pouvoir "au moins" faire confiance aux dirigeants de Tepco. "À chaque conférence de presse, ils donnent l’impression de ne pas croire eux-mêmes à leur propre discours. Au début, la population n’était pas dupe, elle savait que les informations divulguées étaient calculées, pour éviter la panique, mais elle ne pensait pas que la crise était d’une telle gravité", conclut Teruaki, interrogé par Marie Linton, correspondante de FRANCE 24 au Japon.

Même son de cloche du côté des médias japonais, de plus en plus critiques à l’encontre du géant asiatique de l’énergie nucléaire. "La façon dont Tepco diffuse les informations montre clairement qu'il n'a aucun sens de gestion de la crise", estimait récemment le grand quotidien des affaires Nikkei."Deux mois après l'accident, il a reconnu la fusion au réacteur n°1. Mais beaucoup d'experts avaient émis cette hypothèse" dès la catastrophe, soulignait le journal.

Des experts et des O.N.G. ainsi que, Green Action Japan, un mouvement antinucléaire japonais, et Friends of the Earth Japan ont fait circuler dès le mois de mars une pétition exigeant notamment la transparence des informations sur la crise.

Enquêtes nationales et internationales

La classe politique japonaise n’est pas épargnée par les critiques. Le Premier ministre Naoto Kan a fait son mea culpa vendredi, admettant que son gouvernement n'avait pas repéré les inexactitudes des précédentes déclarations de l'opérateur électrique. "Ce que j'ai déclaré à la population était totalement erroné", a-t-il reconnu devant le Parlement. "Nous n'avons pas su détecter les fausses affirmations de Tepco. J'en suis profondément désolé". En réaction, le gouvernement japonais a approuvé mardi la constitution d'une commission d'experts indépendants pour enquêter sur le déroulement précis des évènements. Elle aura notamment le pouvoir d'accéder à des documents liés à l'accident et de rencontrer les responsables de l’opérateur. Un premier rapport d'étape sera publié en décembre et un document final à l'été 2012.

Par ailleurs, une équipe d'une vingtaine de spécialistes étrangers de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) entame ce mardi une mission de neuf jours, afin d'analyser l'accident de la centrale. Ils remettront leurs conclusions lors d'une réunion de ministres au siège de l'AIEA à Vienne le mois prochain. Le porte-parole du gouvernement nippon, Yukio Edano s'est engagé à faire "tout son possible pour garantir la transparence de l'information" lors de cette mission.
 

Première publication : 24/05/2011

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