Dernière modification : 19/11/2011 

- Espagne - José Luis Zapatero - Manifestations


Une journée avec les "indignés" place Puerta del Sol à Madrid

Une journée avec les "indignés" place Puerta del Sol à Madrid

Des milliers de manifestants ont pris le contrôle du cœur de Madrid et érigé un camp permanent pour protester contre la politique d’austérité. FRANCE 24 vous fait partager le quotidien d’un mouvement qui veut étendre son influence à travers l’Europe.

Par Mehdi Chebil , envoyé spécial à Madrid. (texte)
 

À la fin de cet article, retrouvez le diaporama de notre journaliste, plongé pendant 24 heures dans le quotidien des manifestants madrilènes.

Tous les yeux sont aujourd’hui tournés vers la place Puerta del Sol, lieu symbolique de la manifestation du 15 mai contre la corruption des élites politiques et la rigueur économique. C’est ici que le mouvement a pris racine. Le week-end dernier, plus de 60 000 manifestants ont convergé vers la place, alors même que l’Espagne élisait ses représentants locaux et municipaux. Le Parti socialiste (PSOE) de José Luis Zapatero a d’ailleurs subi son plus important revers électoral depuis son accession au pouvoir, en 2004.

Le gigantesque campement, fait de tentes colorées, de bâches, de matelas et de canapés, n’a cessé de grandir en dépit de l’essoufflement des défilés de manifestants. Depuis, sur la base de ce mouvement désordonné, de nombreuses commissions ont été montées pour gérer les infrastructures, la logistique et les tenants juridiques de l’occupation.

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L’organisation, bien que dénuée de leader, a mis en place un système impressionnant, capable de subvenir aux moindres besoins des protestataires, de la livraison de nourriture à la distribution de tubes de crèmes solaires en passant par des stands de massages des pieds pour les manifestants les plus actifs.

Printemps arabe, "été européen" ?

L’esprit démocratique initié par les révolutions tunisienne et égyptienne est-elle en train de traverser la Méditerranée ? Les "Indignados" (indignés, NDLR) de Madrid, selon leur dénomination autoproclamée, sont pour la plupart des jeunes, qui expriment leur mécontentement face au manque de perspectives pour leur futur. Ils s’insurgent également contre ce qu’ils définissent comme une élite politique déconnectée de leur réalité. Et comme leurs prédécesseurs nord-africains, ils s’appuient sur les médias sociaux pour coordonner leurs actions : des sit-in massifs et l’occupation permanente de places symboliques.

Sauf que le camp des manifestants de Madrid n’est pas comparable à l’insurrection qui avait émergé de la place Tahrir, au Caire. La colère de la jeunesse espagnole contre le système est bien plus diffuse que la vague égyptienne qui avait abouti au départ du président Hosni Moubarak le 11 février. Les revendications espagnoles sont plus difficiles à définir que celles qui ont émané des révoltes arabes.

Et, contrairement à leurs homologues égyptiens, les manifestants espagnols ne sont pas menacés par les autorités policières ou militaires. Seuls quelques officiers, plutôt détendus, surveillent la place de leur poste de police, un contraste saisissant comparé à la présence ambiguë des militaires égyptiens à proximité des foyers de contestation.

Comment préserver le dynamisme du mouvement ?

Cette atmosphère de relative bonne entente a un impact direct sur la motivation des protestataires et les organisateurs, qui peinent à entretenir l’enthousiasme des troupes, multiplient les "commissions" de tous genres.

L’une d’entre elles approvisionne en matériel ceux qui travaillent à la confection de banderoles, parfois sous un nuage de fumée de cannabis. Dès lors qu’on s’approche de l’une des fontaines de la place, un potager bio improvisé propose légumes, plantes et fruits "légaux".

Un peu plus loin, une petite tente estampillée "Librairie" est ouverte et propose aux manifestants de lire les derniers journaux, distribués gratuitement. L’entrée à l’Espacio del Amor (l’Espace de l’Amour, NDLR) est également gratuite et dispense aux intéressés des sessions de tai-chi et de méditation.

Même si la motivation semble avoir légèrement diminué depuis les rassemblements massifs du week-end dernier, un sentiment d’optimisme prédomine toujours dans les rangs de ces "Indignados". Certains n’hésitent pas à dire de ce camp qu’il est même leur nouvelle maison. Pour ces irréductibles, un souhait : que leur mouvement traverse les frontières et touche leurs voisins européens… Une mobilisation qui, espèrent-ils, pourrait alors se transformer en révolution.

UNE JOURNÉE AU CAMP MADRILÈNE DE PUERTA DEL SOL
21h49 : Vue d’ensemble du camp de la place Puerta del Sol, à Madrid, tandis que les protestataires tiennent leur défilé nocturne quotidien. Beaucoup de participants travaillant en journée, la foule devient plus dense en soirée. (photo : Mehdi Chebil)
23h09 : Les activistes s’impliquent dans le déroulement de l’assemblée générale quotidienne, dont le principe de vote à l’unanimité provoque d’interminables débats qui courent parfois jusque tard dans la nuit. (photo : Mehdi Chebil)
23h21 : La nuit dans le camp sera courte pour les jeunes. Christian et Karina, deux étudiants de 21 ans qui viennent de Bogota, en Colombie, rejoignent leur amie Rosa, 18 ans, pour d’intenses discussions politiques. (photo : Mehdi Chebil)
23h35 : Les manifestants ont mis en place des commissions pour organiser différents aspects du camp. Les membres de la commission légale, pour la plupart étudiants en droit, tiennent une réunion. (photo : Mehdi Chebil)
00h43 : Un activiste espagnol (au premier plan) discute sur Skype avec un homologue français (au second plan). Les protestataires madrilènes espèrent que leur mouvement s’étendra à toute l’Europe. (photo : Mehdi Chebil)
02h25 : Raul, 32 ans, lit la traduction du livre "Indignez-vous !" du Français Stéphane Hessel. Ce petit essai, écrit par un ancien survivant des camps de concentration, est devenu un best-seller en France et en Espagne. (photo : Mehdi Chebil)
02h57 : Une protestataire montre une pancarte “No Beer”, qui invite les campeurs à boire modérément pendant toute la durée de l’opération. Les manifestants veulent donner l'image d’un mouvement politique sérieux et pas celle d’une fête improvisée. (photo : Mehdi Chebil)
03h36 : La majorité des manifestants prend enfin du repos. Certains n’ont ni tente, ni même de sac de couchage. (photo : Mehdi Chebil)
08h32 : La commission “infrastructures” du camp prête des couvertures et des sacs de couchage à tous ceux qui en font la demande. Mais certains préfèrent apparemment se contenter de quelques cartons. (photo : Mehdi Chebil)
09h11 : Les manifestants lisent les nouvelles du matin grâce aux journaux distribués par la librairie de fortune montée à l’intérieur du camp. (photo : Mehdi Chebil)
09h18 : Des usagers sortent de la station de métro Sol, en plein cœur du camp des protestataires. Sol est l’une des stations les plus fréquentées de la capitale espagnole. (photo : Mehdi Chebil)

10h01 : Il est également difficile de prendre du repos le matin, tant le soleil madrilène transforme les tentes et les sacs de couchage en fournaises. (photo : Mehdi Chebil)

10h43 : À l’intérieur de l’une des trois tentes où les manifestants redistribuent la nourriture, Ana, 19 ans, était l’une des premières à former le cortège des manifestants du 15 mai. (photo : Mehdi Chebil)

14h41 : La grande majorité des activités subit un ralentissement en milieu de journée. Les manifestants se protègent du soleil. Ici, un campeur s’octroie une cigarette dans la tente de l’une des commissions. (photo : Mehdi Chebil)
15h05 : Deux jeunes filles espagnoles confectionnent une banderole en l’honneur du mouvement "15-M", référence à la date à laquelle le mouvement a spontanément pris forme. (photo : Mehdi Chebil)
20h07 : Tandis que le soleil se couche, les défilés s’organisent. Des dizaines de manifestants quittent le camp de Puerta del Sol en direction du Parlement espagnol et protestent contre la hausse de l’âge légal de départ à la retraite. (photo : Mehdi Chebil)
20h15 : Les protestataires restent fidèles à leur politique de non-violence. Chaque fois qu’ils ont été confrontés à la police, ils ont scandé des slogans pendant 20 minutes avant de rentrer au camp. (photo : Mehdi Chebil)
Une jeune femme scande des slogans contre la hausse de l’âge légal de départ à la retraite. En dépit des efforts pour attirer des personnes plus âgées, la majorité des protestataires a entre 18 et 35 ans. (photo : Mehdi Chebil)
20h26 : Ces officiers espagnols portent des casques, mais ils n’ont pas de boucliers ni de jambières, équipements communément utilisés par les unités anti-manifestations. (photo : Mehdi Chebil)
20h46 : Le fait d’habiter dans un camp de fortune n’empêche pas certains manifestants de soigner l’intérieur de leur habitat temporaire. (photo : Mehdi Chebil)
    Commentaires (7)

    hungary

    http://youtu.be/O3F2o47mB6U revolution in hungary

    Très belles photos ! Par

    Très belles photos !
    Par contre au niveau de la rédaction, il est regrettable qu'il soit dit que "les manifestants espagnols ne sont pas menacés par les autorités policières ou militaires" alors que sur d'autres sites, on peut voir des vidéos de policiers matraquant des gens pour libérer la place pour une question de fête de match de foot...
    Au final, on en sait pas assez ! J'espère que les médias ne vont pas atténuer le mouvement et traiter le sujet à ce que j'espère être sa juste valeur : un événement marquant fortement l'Histoire.

    Et la France ? il se passe rien .....?

    http://www.facebook.com/reelle.democratie.maintenant

    Decidement c'est le les non-journaliste qui informe les medias ? C'etait pas supposer etre le contraire dans le concepte du journalisme ? :)

    http://www.facebook.com/reelle.democratie.maintenant

    Bon un peu d'infon pour les medias (sic)...

    Renseignez-vous un peu sur ce qui se passe .

    http://www.facebook.com/home.php?sk=group_204567646246791&ref=notif&notif_t=like#!/home.php?sk=group_204567646246791&ap=1

    Rejoignez le mouvement pour la mondialisation de la revolution ... Et avertissez les dirigeants du monde entier que cette fois nous nous unissons dans l'amour et la paix pour la DIGNITE pour tout le monde entier ! Ca se fera avec ou sans eux...

    journée du 27 Mai marquée par des violentes charges policières

    bruno pourquoi tu parles de racisme, t'es a coté de la plaque mon pauvre, les peuples commencent tout simplement a ouvrir les yeux sur leurs dirigeants car on fait la morale aux pays qui usent de violence envers les manifestants et personne ne dit rien quand la meme chose se passe dans un pays européen.
    Petite vidéo d'aujourd'hui ou les manifestants sont chargés par la police de facon plutot violente (120 blessés selon les manifestants, aucun blessés graves mais grosses équimoses)
    Voyez ca par vous-meme
    http://www.youtube.com/watch?v=sux7oX3cgrY&feature=related

    Racisme !

    Vous avez considéré les révolutions arabes comme "retardataires " et ne pouvant vous atteindre mais la réalité est tout autre elles sont précurseurs Décidément quand vous considèrerez les arabes autrement au lieu de les bombarder le monde ne s'en portera que mieux !!!

    C´EST PAS NORMAL!ON DIRAIT

    C´EST PAS NORMAL!ON DIRAIT LES TEMPS DU DICTATEUR FRANCO!!IL Y A PAS DE LIBERTÉ EN ESPAGNE ILS NE RESPECTENT PAS NOTRES DROITS IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE!!!
    REGARDER LA VIOLENCE POLICIALE SANS PROVOCATION:
    http://www.youtube.com/watch?v=Geg_6Xoy04s

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