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EUROPE

La Russie s'exprime en faveur d'un départ de Kadhafi

©

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/05/2011

Le Kremlin a réclamé le départ du colonel Kadhafi et a offert sa médiation dans le conflit, en marge du sommet du G8. Cette annonce marque un changement de position de la Russie, proche alliée du régime libyen.

REUTERS - Mouammar Kadhafi doit renoncer au pouvoir en Libye et la Russie est prête à y contribuer en négociant son départ, ont déclaré vendredi des responsables russes, rejoignant ainsi le choeur des pays occidentaux.
 
Cette offre, qui marque un changement de ton par rapport aux critiques formulées précédemment par le Kremlin au sujet de l'intervention étrangère en Libye, est de nature à stimuler des pays de l'Otan résolus à "finir le travail" engagé en mars pour mettre fin aux 41 ans de règne de Kadhafi.
 
L'Alliance atlantique se prépare à déployer pour la première fois des hélicoptères de combat en Libye pour accroître la pression sur les forces terrestres de Kadhafi.
 
Le général Charles Bouchard, commandant de l'opération, a déclaré vendredi que ces hélicoptères français et britanniques accompliraient une mission "agressive" centrée sur les forces adverses qui sont vouées à propager la violence.
 

A l'issue du sommet du G8 organisé à Deauville, le président français Nicolas Sarkozy a évoqué une intensification possible des opérations militaires de la coalition internationale pour obtenir le départ de Kadhafi. "Il y a une grande unanimité sur cet objectif", a-t-il dit.
 
L'offre de médiation russe a été formulée en marge du sommet de Deauville, auquel participait Dmitri Medvedev.

"La communauté internationale ne le considère plus (Kadhafi) comme le dirigeant de la Libye", a déclaré le président russe, ajoutant qu'il envoyait un émissaire en Libye pour entamer des discussions, sans présenter de plan précis pour un départ de Mouammar Kadhafi.

S'il a jugé "bienvenue l'aide de la Russie", Nicolas Sarkozy a jugé qu'il n'y avait "pas de médiation possible avec M. Kadhafi".
 
Le président français a prévenu qu'un refus de Mouammar Kadhafi de quitter le pouvoir entraînerait une "intensification de l'intervention militaire" de l'Otan.
 
Washington évoque un éventail d'efforts
 
A Washington, le département d'Etat a souligné que la proposition russe faisait partie d'un éventail d'efforts visant à résoudre la crise et que Mouammar Kadhafi ne devait s'attendre à aucun traitement de faveur.
 
"A l'évidence, l'Onu a aussi désigné quelqu'un pour mener une médiation. Nous pensons que nous devrions aussi nous concentrer sur cet aspect", a dit Mark Toner, porte-parole du département d'Etat.
 
A Tripoli, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères a dit que le gouvernement n'avait pas été informé de la position de la Russie. "Toute décision au sujet de l'avenir de la Libye appartient aux Libyens et à personne d'autre", a déclaré Khaled Kaïm.
 
Les précédents efforts de médiation - de l'Union africaine, de la Turquie ou de l'Onu - ont buté sur le refus de Kadhafi de se retirer et sur celui des rebelles d'accepter une autre issue.

Dans leur déclaration finale, les dirigeants du G8 affirment que le dirigeant libyen a "perdu toute légitimité", n'a "aucun avenir" dans une Libye démocratique et libre et "doit partir".
 
Le président américain Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont estimé que la situation évoluait au profit de l'opposition libyenne.
 
Mais "nous sommes convenus que la réalisation du mandat de l'Onu portant sur la protection des civils libyens ne pourra pas être accomplie tant que Kadhafi dirige ses forces (...) contre les populations civiles sans protection", a souligné le chef de la Maison blanche. "Nous sommes déterminés à finir ce travail."
 
Une coalition de l'Otan dominée par la France et la Grande-Bretagne bombarde les troupes de Kadhafi depuis le 19 mars en vertu d'une résolution de l'Onu visant à protéger les civils. Les pays occidentaux jugent que cette pression militaire et diplomatique entame peu à peu l'emprise de Kadhafi, confronté depuis février à une insurrection partie de l'est du pays

Nouvelle phase

L'armée libyenne a toutefois montré qu'elle était loin de renoncer. Elle a procédé dans la nuit de jeudi à vendredi à des tirs de roquette sur Tinzan, ville sous contrôle rebelle, et combat les insurgés à la périphérie de la ville de Misrata.
 
Les forces de Mouammar Kadhafi ont aussi tiré une centaine de roquettes dans la nuit de jeudi à vendredi sur la ville libyenne de Zentane, tenue par les rebelles à 150 km au sud-ouest de Tripoli, a déclaré un médecin étranger présent sur place.
 
A Deauville, le Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré vendredi que la guerre menée en Libye entrait dans une nouvelle phase et que le déploiement d'hélicoptères Apache de son pays accroîtrait la pression sur Kadhafi.
 
Le "guide libyen" nie attaquer des civils, affirmant que ses forces ripostent à des gangs armés et à des hommes d'Al Qaïda.

Tripoli a proposé jeudi un cessez-le-feu mais s'est heurté à un scepticisme d'autant plus grand que ses forces pilonnaient Misrata au même moment avec une vigueur inégalée.

La ville portuaire a connu vendredi une nouvelle journée de combats intenses à sa périphérie ouest. Un journaliste de Reuters a vu s'élever des panaches de fumée aux endroits où s'écrasaient des obus de mortier tirés par les kadhafistes. Les insurgés ont répliqué par des tirs de roquettes et de mitrailleuse en criant "Allah est grand" après chaque rafale.
 
Selon des médecins d'un hôpital de Misrata, trois rebelles ont été tués et 16 blessés dans les affrontements de vendredi.
 
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que les combats de Misrata faisaient une douzaine de morts par jour bien que le nombre des victimes ait un peu baissé depuis une semaine.

Première publication : 28/05/2011

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