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EUROPE

La droite de Berlusconi perd son fief milanais

©

Vidéo par Valentine OBERTI , Carlotta RANIERI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/05/2011

Selon des résultats officiels, la coalition de centre-droit de Silvio Berlusconi a été devancée par la gauche à Naples et à Milan, ville natale et fief électoral du président du Conseil italien.

AFP - La droite italienne de Silvio Berlusconi a échoué dans sa tentative de rester au pouvoir dans son fief de Milan et de ravir Naples à la gauche au second tour des municipales, selon des résultats officiels.

A Milan, après le dépouillement des bulletins dans 1.195 des 1.251 bureaux de vote, le candidat de la gauche Giuliano Pisapia menait avec 55,12% contre 44,87% à la maire sortante de Milan, Letizia Moratti, candidate du Peuple de la liberté (PDL), le parti du chef du gouvernement.

Capitale économique du pays, Milan est la ville natale et le fief électoral de la droite de M. Berlusconi depuis 18 ans ainsi que le siège de son empire médiatique Fininvest. Ces quinze dernières années, la gauche n'était jamais parvenue jusqu'au ballottage, perdant systématiquement au premier tour.

A Naples, l'entrepreneur Gianni Lettieri, pourtant arrivé en ballottage favorable à l'issue du premier tour, a reconnu sa défaite auprès de l'ex-magistrat Luigi de Magistris.

Après dépouillement des bulletins dans 750 des 886 bureaux de vote, M. de Magistris, avait remporté 65,19% contre 34,80% à son rival.

"Nous avons perdu", a sobrement commenté Carlo Giovanardi, secrétaire d'Etat à la famille.

Les candidats du centre-droit ont également été battus à Cagliari, Trieste, Novare, fief de la Ligue du Nord, allié crucial de M. Berlusconi.

"Nous allons vers une phase de grande incertitude politique (...) car la majorité sortie des législatives (il y a trois ans, ndlr) et siégeant au Parlement est différente de la majorité qui ressort dans le pays après les municipales", a réagi Beppe Pisanu, ex-ministre de droite de l'Intérieur et président de la Commission antimafia.

"Le ballottage pour ces municipales indique que la droite a perdu et nous devrons l'analyser et tenter de donner des réponses avec la politique de notre gouvernement", a déclaré pour sa part le vice-président des députés du PDL, Gaetano Quagliariello.

Le résultat du vote à Milan était considéré comme un test national pour Silvio Berlusconi, même si M. Pisapia a exclusivement mené campagne sur des questions locales. Les experts ont souligné d'ailleurs la discrétion des principaux dirigeants de la gauche nationale comme Pierluigi Bersani, chef du Parti démocrate (PD), venu seulement une fois le soutenir.

De son côté, M. Berlusconi, qui avait mis tout son poids dans la balance au premier tour, cherche depuis plusieurs jours à relativiser la portée d'un double revers à Milan et à Naples. "Le résultat n'aura pas d'effet sur le gouvernement", a-t-il assuré à des proches, en se disant certain du soutien de la Ligue.

"Silvio Berlusconi et le berlusconisme sont sur la voie du déclin", a estimé pour sa part Nicola Latorre, sénateur et un des principaux dirigeants du PD.

Pour montrer qu'il tient solidement la barre, il a convoqué un conseil des ministres dès son retour d'un sommet bilatéral à Bucarest mardi à 10h00 GMT et une réunion de la présidence de son parti le PDL qu'il veut relancer avec des états généraux, des primaires et le choix d'un nouveau nom, selon les commentateurs.

M. Berlusconi espère faire oublier rapidement un éventuel revers dans son fief et même s'il devait y avoir des élections anticipées, il ne les envisage pas avant le printemps 2012, un an avant l'échéance normale de 2013.

Entre les deux tours, M. Berlusconi s'était démené pour soutenir ses candidats, s'en prenant aux électeurs "sans cerveau" qui votent à gauche et affirmant qu'avec M. Pisapia, Milan deviendrait une "cité islamique", "une +Tziganopolis+ pleine de camps de Roms".

Première publication : 30/05/2011

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