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SPORT

Le Who's Who de la crise de la Fifa

©

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 31/05/2011

Alors que les passes d’armes se succèdent à la tête de la Fifa à la veille du scrutin qui doit désigner le nouveau président de l'organisation, FRANCE 24 dévoile le profil des quatre personnalités qui sont au cœur de la polémique.

Joseph ‘Sepp’ Blatter

À la tête de la Fifa depuis 1998, le Suisse est un président “à l’ancienne”. Bien qu’il ait souvent gravité autour d’affaires de présumée corruption ces dernières années, jamais son intégrité n’a été officiellement remise en cause.

L’accusation de Jack Warner, président de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), selon qui il aurait fait un don d’un million de dollars à la Confédération américaine, constitue donc un séisme dans la carrière de ce dirigeant, qui bénéficie néanmoins du soutien de membres influents de la Fifa.

Blanchi par le comité d’éthique de l’instance dirigeante du football mondial, Blatter pourrait toutefois être le grand gagnant de cette polémique. Mercredi, il devrait être reconduit à la tête de la Fifa pour un quatrième et dernier mandat, d’autant plus que son principal concurrent, le Qatari Mohamed Bin Hammam, a jeté l’éponge dans la nuit de samedi à dimanche et est actuellement suspendu de toute activité relative au football.

Mohamed Bin Hammam


Si Sepp Blatter apparaît comme l’inéluctable vainqueur du scrutin de mercredi, l’homme d’affaires qatari Mohamed Bin Hammam pourrait avoir perdu beaucoup plus qu’une simple course à la présidence de la Fifa. L’actuel président de la Confédération asiatique de football (AFC), qui a retiré sa candidature dans la nuit de samedi à dimanche, est rattrapé par les affaires.

Suspendu de ses fonctions depuis dimanche, il fait face à une enquête interne portant sur des versements de sommes d’argent en liquide à des membres de l’Union caribéenne de football (CFU) dans le cadre d’une vaste fraude électorale visant à obtenir des appuis pour sa candidature.

Par ailleurs, Bin Hammam a récemment été soupçonné par la presse anglaise d'être intervenu dans le cadre d’une opération de corruption ayant abouti à la désignation du Qatar comme pays hôte de la Coupe du monde 2022.

Des allégations également proférées par le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, dans un courrier électronique transmis à Jack Warner, président de la Concacaf.

Jack Warner

Avec Mohamed Bin Hammam, il est l’autre grand perdant de la crise de gouvernance de la Fifa. Le président de la Concacaf, également vice-président de la Fifa, a été lui aussi suspendu par le comité d’éthique, dimanche, dans l’affaire de corruption de membres caribéens de la campagne de Bin Hammam.

Depuis sa suspension, Jack Warner, qui avait promis un "tsunami", a tenu parole. Il multiplie les révélations et accuse le président Blatter d’avoir fait un "don" d’un million de dollars à la Concacaf.

Warner, qui était un allié de 30 ans de Blatter avant que le scandale n’éclate, est également un politicien chevronné dans son pays d’origine, Trinidad-et-Tobago. Au début du mois de mai, l’ex-leader de la candidature anglaise à l’organisation du Mondial-2018, David Triesman, a déclaré devant une commission parlementaire britannique que Warner lui avait demandé 2,5 millions de livres pour construire des écoles à Trinidad.

Jérôme Valcke

Le secrétaire général de la Fifa est perçu comme l’homme de confiance de Joseph Blatter. Il est aujourd’hui au cœur du scandale après les révélations de Jack Warner, qui a rendu public un courrier électronique dans lequel Valcke déclare implicitement que le Qatar aurait "acheté" le droit d’accueillir la Coupe du monde 2022.

L’ancien journaliste du groupe Canal + entretient une relation tourmentée avec la Fifa. En 2006, alors qu’il en était le directeur marketing, il avait été évincé de l’organisation après une affaire de contrat de sponsoring litigieux impliquant Visa et MasterCard. La Fifa avait écopé d’une amende de 60 millions de dollars.

Son retour en grâce dans le giron de Blatter, six après son licenciement, avait surpris le monde du football.

 

Première publication : 31/05/2011

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