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EUROPE

L'agence Moody's abaisse de trois crans la note de la dette publique grecque

©

Vidéo par Claire BONNICHON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 02/06/2011

L'agence de notation Moody's estime qu'il n'est pas impossible que cette note soit une fois encore abaissée, vu le risque de non remboursement. Cette décision été motivée par un risque accru de restructuration de la dette.

Réaction de l'État grec

Le gouvernement grec a fustigé mercredi l'abaissement de trois crans de la note de sa dette souveraine par Moody's, expliquant que l'agence de notation n'avait pas pris en compte les efforts déployés par Athènes pour remettre de l'ordre dans ses finances.

"(L'abaissement) est influencé par des rumeurs diffusées dans les médias et ignore les engagements pris par le gouvernement grec afin d'atteindre ses objectifs budgétaires pour 2011 et d'accélérer les privatisations", déclare le ministère des Finances dans un communiqué.

(Reuters)

AFP - L'agence de notation financière Moody's a annoncé mercredi avoir abaissé de trois crans la note qu'elle attribue à la dette publique de la Grèce, pour la porter à un niveau reflétant un risque réel de non-remboursement.

"Moody's Investors Service a abaissé aujourd'hui la note des obligations publiques grecques en monnaie locale et en monnaie étrangère de B1 à Caa1" et envisage de l'abaisser encore, écrit l'agence dans un communiqué.

Cette décision, ajoute Moody's, reflète une "augmentation du risque que la Grèce ne puisse stabiliser son endettement sans une restructuration de sa dette".

Elle a également été motivée par "la hausse de la probabilité que les soutiens financiers de la Grèce (le Fonds monétaire international, la banque centrale européenne et la Commission européenne, qui forment la "Troïka") posent à un moment ou à un autre comme condition à leur aide que des créanciers privés participent à une restructuration de la dette" grecque.

Combinés, tous ces élément impliquent que le risque de voir la Grèce se retrouver en défaut de paiement sous cinq ans est de 50%, écrit Moody's sur la base de l'évolution passée de toutes les entités qu'elle a eu l'occasion de noter Caa1.

Compte tenu du poids de la dette de la Grèce, des risques que la mise en oeuvre des réformes structurelles auxquelles Athènes s'est engagée échoue, et du fait que "le pays a toujours besoin de rechercher un soutien extérieur", Moody's pourrait encore abaisser sa note.

L'agence précise que sa nouvelle estimation tient compte du fait que "les négociations actuelles entre le gouvernement grec et la Troïka déboucheront", selon elle, "sur une augmentation du soutien" de l'UE, de la BCE et du FMI à la Grèce et "de l'annonce de réformes structurelles et de mesures d'austérités supplémentaires".

Les Européens et le Fonds monétaire international ont mis en place au printemps 2010 un plan de sauvetage de la Grèce prévoyant que ce pays puisse bénéficier de 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans.

Des négociations sont actuellement en cours concernant le versement de la prochaine tranche de ces prêts alors que les créanciers du pays font pression pour qu'Athènes intensifie ses réformes économiques et ses privatisations, en échange de prêts supplémentaires qui, selon une source diplomatique européenne, semblent désormais "très probables".

C'est dans ces circonstances que le Premier ministre grec, Georges Papandréou, doit rencontrer vendredi à Luxembourg le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

Le montant du nouveau prêt envisagé, qui s'ajouterait aux 110 milliards alloués en 2010 n'est pas connu. L'Italien Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, a évoqué une somme de 60 à 70 milliards de dollars, qui correspondrait au montant que le pays devrait normalement emprunter sur les marchés dans les deux prochaines années.

La dette grecque

Première publication : 01/06/2011

  • GRÈCE

    Pas de consensus politique sur l'austérité, l'aide financière menacée

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  • GRÈCE

    L'agence Fitch abaisse la note de la Grèce

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