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Santé

Les téléphones portables sont "peut-être cancérogènes"

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/06/2011

Des experts internationaux, réunis à Lyon depuis une semaine à l’initiative de l’OMS, estiment que les portables sont "peut-être cancérogènes". Ils recommandent des précautions dans l’utilisation des appareils.

AFP - Des experts internationaux, réunis à l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont statué mardi que l'usage des téléphones portables pouvait être cancérogène, plaidant pour l'utilisation des kits mains libres et la pratique des SMS.
              
"Les preuves, qui continuent à s'accumuler, sont assez fortes pour justifier" une classification de l'usage du téléphone portable en "peut-être cancérogène pour l'homme", a estimé Jonathan Samet, président du groupe de travail d'une trentaine d'experts qui se sont réunis pendant huit jours à Lyon.
              
Ces experts se sont rassemblés sous l'égide du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'OMS, pour étudier les risques de cancer que font courir les "champs électromagnétiques de radiofréquence". Ils ont analysé toutes les études conduites sur le sujet.
              
Le classement retenu est fondé "sur des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé avec l'usage du téléphone portable", a précisé M. Samet au cours d'une conférence de presse téléphonique.
              
Ce classement signifie qu'"il peut y avoir un risque, et que donc nous devons surveiller de près le lien entre les téléphones portables et le risque de cancer", a ajouté M. Samet.
              
Selon Gérard Lasfargues, directeur général adjoint de l'Agence de sécurité sanitaire de l'environnement (Anses), le classement du CIRC était jusqu'à maintenant un cran en-dessous (soit "inclassable quant à sa cancérogénicité pour l'homme"). Le nouveau classement est identique à celui de la laine de verre et des vapeurs d'essence.
              
 "Il est important que des recherches complémentaires soient menées sur l'utilisation intensive, sur le long terme, des téléphones portables", a souligné Christopher Wild, directeur du CIRC.
              
 "Dans l'attente de la disponibilité de telles informations, il est important de prendre des mesures pragmatiques afin de réduire l'exposition (aux ondes)", a-t-il ajouté.
              
 Kurt Straif, du CIRC a évoqué des moyens de réduire l'exposition.
              
"Ce qui probablement entraîne le plus haut niveau d'exposition, c'est utiliser le portable pour des appels", a-t-il souligné. "Si vous l'utilisez pour des SMS, ou avec un kit mains libres pour les appels, vous abaissez l'exposition de 10 fois", a-t-il ajouté.
              
 Les experts ont estimé que s'il existait un lien possible pour les gliomes et les neurinomes de l'acoustique, il n'était pas possible de tirer des conclusions pour les autres types de cancer.
              
Le groupe de travail n'a pas quantifié le risque. Selon le Pr Lasfargues, il se base sur l'étude Interphone qui a étudié un usage du portable jusqu'en 2004 et a montré une augmentation de 40% du risque de gliomes chez les plus gros utilisateurs (à l'époque définis comme utilisant l'appareil pendant en moyenne 30mn par jour pendant 10 ans).
              
 Le Dr Robert Baan, chercheur du CIRC, a souligné la difficulté de l'exercice en se basant sur une étude relativement ancienne.
              
"Concernant les forts utilisateurs, il faut faire attention, car les données épidémiologiques remontent a 10 ans. Entre-temps, la technologie a beaucoup évolué et les téléphones modernes ont une émission beaucoup plus basse que les anciens", a-t-il expliqué.
              
 "Il y a une amélioration de la technologie mais il y a aussi une augmentation de l'usage, il est difficile de faire la balance entre les deux", a-t-il ajouté.
              
 Le Pr Lasfargues s'est dit "satisfait" des conclusions de l'Oms, les mêmes que celles auxquelles était parvenue l'Anses (qui s'appelait alors Afsset) en 2009.
              
"A partir d’aujourd’hui, plus personne ne pourra dire +le risque n’existe pas+ et chacun à son niveau - politiques, opérateurs, employeurs, utilisateurs, parents,...- devra en tenir compte", a déclaré Janine Le Calvez, de l'association Priartem.
              
 La Fédération Française des Télécoms (les opérateurs) relève dans un communiqué que les ondes radio "n’ont pas la même classification que, par exemple, l’alcool, le tabac et l’amiante (catégorie 1)", ni que "le trichloréthylène et les fumées des moteurs diesel (catégorie 2A)", et que le CIRC, "en choisissant 2B, indique que le lien entre cancer et ondes radio n’est pas démontré", ajoute le communiqué.
              
Elle rappelle aussi que les opérateurs incluent un kit oreillette dans chaque coffret de téléphone mobile.
             
 

Première publication : 01/06/2011

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