Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

CAP AMÉRIQUES

Uruguay : la vie après Guantanamo

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Turquie : les Alévis, des musulmans à part

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Tunisie : vieux président pour jeune démocratie

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Comédies musicales, friandises, illuminations : les réjouissances de fin d'année !

En savoir plus

SUR LE NET

L'Unicef invite les enfants de Gaza à dessiner leur futur

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Gabon : un vent de contestation

En savoir plus

DÉBAT

Gabon : l'opposition demande le départ du président Ali Bongo

En savoir plus

DÉBAT

Trois attaques en France en 48 heures : un effet de mimétisme ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Le Père Noël habite en Chine"

En savoir plus

Santé

"La contamination à l'E.coli est vraisemblabement massive"

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 07/06/2011

Spécialiste de la bactérie E.coli à l’hôpital Robert Debré de Paris, Patricia Mariani revient sur les spécificités de l'épidémie qui a déjà fait 18 morts en Europe et explique pourquoi il est si difficile de la localiser.

Pourquoi est-il si difficile de localiser la bactérie Escherichia coli 0104, dite E. coli, responsable de la mort de 18 personnes, dont 17 en Allemagne ? La Commission européenne a levé, mercredi soir, la mise en garde contre les concombres espagnols. Les autorités sanitaires de Hambourg, la principale ville touchée dans le nord de l’Allemagne, ont reconnu avoir fait fausse route. Elles avaient pourtant déconseillé, la semaine dernière, la consommation de tomates, de salades et de concombres en provenance d'Espagne.

Comment se déroule une enquête de ce type ? La crise sanitaire est-elle particulièrement grave ? Réponses avec Patricia Mariani, microbiologiste à l’hôpital Robert-Debré de Paris et co-responsable du laboratoire associé au Centre national de référence de l’Escherichia coli en France.

FRANCE 24 : La piste du concombre est-elle définitivement écartée ? Et pourquoi est-il si difficile de localiser la bactérie ?

Patricia Mariani : A priori, oui, la piste du concombre est écartée. Mais des analyses sont toujours en cours. Potentiellement, beaucoup d’aliments peuvent être incriminés : les légumes, la viande, le fromage, l’eau... L’enquête épidémiologique est longue et fastidieuse. Il faut faire appel à la mémoire des patients pour savoir ce qu’ils ont mangé ces quinze derniers jours et connaître l'endroit où ils ont fait leurs courses. C’est extrêmement difficile.


Il y a déjà eu des épidémies liées à la bactérie E. coli dans le passé. Celle-ci est-elle particulière ?

P. M. : L’épidémie est très alarmante en Allemagne. Jamais nous n’avons vu une épidémie d’Escherichia coli faire autant de morts.

Au Japon, en 1996, des radis avaient été contaminés par des eaux de ruissellement. Il y avait eu 9000 cas de contamination et 9 décès. Il y a eu aussi plusieurs épidémies aux États-Unis, notamment dans l’État de Washington, en 1993 (des steaks hachés pas assez cuits, la chaîne du froid n’avait pas été respectée), et au Canada, dans la province de l’Ontario, en 2000 (l’eau du robinet avait été contaminée après de grosses inondations).

En France, deux épidémies ont été enregistrées en 2005 : dans le Sud-Ouest - la bactérie provenait de steaks hachés pas assez cuits - et dans le Calvados, où on l'avait détectée dans le camembert. On a aussi eu, par le passé, des épidémies avec des épinards et du jus de pomme.

Mais habituellement, seul 1% des personnes contaminées décède. C’est très faible. Cette fois, la contamination est vraisemblablement massive. Ce qui est aussi inhabituel, c’est que les adultes en sont les principales victimes. Or cette infection, qui se manifeste par des hémorragies du système digestif - et, dans les cas les plus graves, par des troubles rénaux (syndrome hémolytique et urémique, SHU) et des séquelles neurologiques graves - est théoriquement une maladie de l’enfant. La population la plus à risque est celle des moins de 15 ans, et surtout des moins de 3 ans.

Quelles sont les précautions à prendre ?

P. M. : Il y a beaucoup de personnes qui n’épluchent pas leurs légumes et qui ne les lavent pas. C’est pourtant essentiel, tout comme se laver les mains avant de cuisiner. Ce sont des recommandations générales à prendre en compte, qui ne sont pas seulement liées à l’épidémie actuelle en Allemagne. Quant aux enfants en bas âge, il ne faut absolument pas qu'ils consomment du fromage ou du lait non-pasteurisé et qu'ils mangent de la viande bien cuite. Une bactérie dans 25g de viande suffit à contaminer un enfant.
 

(Photo : CDC Escherichia coli 0157:H7)

Première publication : 02/06/2011

  • ESPAGNE

    L'agriculture touchée de plein fouet par la crise du concombre

    En savoir plus

  • SANTÉ

    Le concombre espagnol disculpé, Madrid songe à être indemnisé

    En savoir plus

  • SANTÉ

    Cinq questions sur la bactérie E. coli, responsable de l'épidémie d'intoxications alimentaires

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)