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Economie

Le gouvernement allemand adopte le projet de loi d'abandon du nucléaire

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/06/2011

Le gouvernement allemand a adopté le projet de loi officialisant l'abandon total du nucléaire d'ici à 2022. Le principe de ce texte avait été validé par les différents partis politiques qui composent la coalition au pouvoir.

AFP - Le gouvernement allemand a adopté lundi le projet de loi qui fera de l'Allemagne la première grande puissance économique du monde à tourner le dos au nucléaire, a annoncé le ministre de l'Economie, Philipp Rösler.

La dépendance énergétique allemande

Voici les principales sources d'énergie électrique en Allemagne :

Charbon : 44 %

Nucléaire : 22%

Énergies renouvelables : 18 % dont l'éolien représente la principale source d'énérgie (6 %)

Gaz : 14 %.

Toutes les centrales nucléaires allemandes s'éteindront "d'ici à 2022", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

L'équipe d'Angela Merkel a défini lors d'un conseil des ministres extraordinaire la stratégie qui doit permettre au pays de relever ce défi sans précédent, et dont le principe avait déjà été validé il y a une semaine par les partis composant la coalition au pouvoir.

Tandis que huit des 17 réacteurs du pays sont mis à l'arrêt immédiatement, les neuf autres vont s'éteindre progressivement entre 2015 et 2022, privant l'Allemagne d'une énergie qui pèse 22% de sa production d'électricité brute.

Pour compenser, le gouvernement allemand veut miser en particulier sur la construction d'éoliennes en mer, accélérer les chantiers de centrales au gaz ou au charbon, et promouvoir les économies d'énergie.

La carte des centrales nucléaires en activité en Allemagne
Berlin se garde jusqu'ici de chiffrer le coût de cet abandon de l'énergie nucléaire, qui selon les experts pourrait se situer entre 90 et 200 milliards d'euros, à répartir entre le contribuable, les consommateurs d'électricité et les producteurs d'énergie.

En abandonnant l'énergie nucléaire, quitte à prendre à court terme des risques pour la compétitivité de ses industriels, l'Allemagne espère faire école et trouver à moyen terme des débouchés pour ses technologies "vertes."

Mais paradoxalement, cette décision pourrait mettre en danger les objectifs de réduction de gaz à effet de serre du pays en l'obligeant à recourir à des centrales électriques plus polluantes.
 

Première publication : 06/06/2011

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