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Moyen-orient

Le Conseil de sécurité planche sur un projet de résolution contre la Syrie

Vidéo par Anne SOETEMONDT

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/06/2011

Le Conseil de sécurité des Nations unies a entamé les consultations autour d'une résolution condamnant "les violations systématiques des droits de l'Homme" en Syrie. La Russie et la Chine risquent toutefois d'y opposer leur veto.

AFP - Le Conseil de sécurité des Nations unies a commencé mercredi à débattre d'un projet de condamnation de la répression en Syrie, près de trois mois après le début des violences qui se traduisaient sur place par l'exode de nombreux Syriens vers la Turquie.

A New York, l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et le Portugal ont déposé un projet de résolution dénonçant le comportement du régime de Damas, susceptible d'être bloqué par un veto russe ou chinois.

Le premier ministre britannique David Cameron au sujet du projet de résolution à l'ONU

"Nous pensons que le monde ne doit pas rester silencieux face aux abus qui sont en train de se passer et nous espérons en conséquence être en mesure de mettre la résolution au vote dans les jours à venir", a déclaré l'ambassadeur britannique à l'ONU, Mark Lyall Grant.

Le texte, qui a fait l'objet de consultations entre les 15 pays membres du Conseil mercredi après-midi, "exige la fin immédiate des violences et condamne les violations systématiques des droits de l'homme", a ajouté l'ambassadeur.

La résolution appelle aussi les autorités syriennes à lever le siège des villes où est concentrée la contestation, à des réformes pour permettre "uen participation politique authentique" et demande que "tous les pays fassent preuve de vigilance et empêchent la livraison d'armes à la Syrie".

Le texte avertit aussi que les violences qui, selon les groupes de défense des droits de l'homme, ont causé la mort de plus de 1.100 personnes depuis mars, pourraient s'apparenter à des crimes contre l'humanité, selon des diplomates.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a laissé entendre que son pays restait opposé à une telle résolution à l'encontre de son principal allié au Moyen-Orient. "Nous ne sommes pas persuadés que cela peut établir un dialogue, permettre un accord politique et mettre fin à la violence en Syrie", a-t-il ajouté. "Nous craignons que cela n'ait l'effet inverse".

Ni Moscou ni Pékin n'a explicitement menacé d'opposer son veto à la résolution mais les Européens ont décidé de mettre ces deux pays au pied du mur.

"Si quelqu'un vote contre cette résolution ou tente d'y opposer son veto, il devra en référer à sa conscience", a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron.

"Il faudra aller au vote de façon que chacun puisse prendre ses responsabilités", a averti mardi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

"L'optimiste du côté français et britannique"
Les Etats-Unis se sont joints aux Européens. "Nous serons du bon côté de l'histoire et quand il s'agira de voter, si certains n'en sont pas capables ou ne veulent pas le faire, ce sera à eux d'en porter la responsabilité", a averti l'ambassadrice américaine, Susan Rice.

Elle a indiqué que pendant les discussions, certains membres du Conseil de sécurité avaient "hypocritement" utilisé les événements en Libye comme excuse pour s'opposer à la résolution sur la Syrie. "Nous avons entendu certaines réflexions au cours de cette discussion qui, pour rester polie, suscitent le doute sur la crédibilité, voire la moralité" de leurs auteurs, a-t-elle dit.

L'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil s'étaient joints à la Russie et à la Chine pour critiquer les frappes aériennes de l'Otan en Libye, qui selon ces pays outrepassent les résolutions de l'ONU autorisant à agir pour défendre les civils.

Sur place, des Syriens fuyaient en grand nombre mercredi le nord du pays, de crainte d'une opération d'envergure du régime dans la ville de Jisr al-Choughour. Beaucoup d'entre eux ont pris le chemin de la Turquie voisine, où ils ont témoigné parfois de leur lit d'hôpital de la répression des manifestations, évoquant des mitraillages par hélicoptères et des tirs de francs-tireurs sur la foule.

"Des forces militaires ont été aperçues à 15 km de Jisr al-Choughour. Les habitants continuent de fuir par peur d'une grande opération militaire", a dit le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel-Rahmane.

"Il n'y a pratiquement plus personne" à Jisr al-Choughour (300 km au nord de Damas), qui compte environ 50.000 habitants, a indiqué un militant sur place.

Première publication : 09/06/2011

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