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Moyen-orient

Plus de 1 300 nouveaux réfugiés accueillis en Turquie par le Croissant-Rouge

Vidéo par Claire BONNICHON , Achren VERDIAN

Texte par Dépêche

Dernière modification : 09/06/2011

Plus de 1 300 réfugiés fuyant les violences en Syrie ont passé la frontière avec la Turquie, où le Croissant-Rouge a installé des tentes. Depuis mars, quelque 1 900 Syriens ont trouvé refuge en territoire turc.

AFP - Plus de 1.300 nouveaux Syriens fuyant la répression sont arrivés en territoire turc, ce qui porte à quelque 1.900 le nombre de ces ressortissants ayant fui en Turquie, qui a mis en place un imposant dispositif d'accueil et de secours dans la province de Hatay (sud).
              
L'agence de presse semi-officielle Anatolie a affirmé jeudi que 1.350 réfugiés sont entrés en Turquie depuis la Syrie, en plusieurs groupes, ces dernières 24 heures.
             
L'agence a précisé que, depuis le début de la contestation en Syrie, il y a trois

"La Turquie ne compte pas fermer ses frontières"

mois, un total de 1.877 réfugiés sont pris en charge par le Croissant-Rouge, dans un camps à Yayladagi (province de Hatay). Un nouveau groupe de 100 réfugiés y est arrivé jeudi après-midi, selon Anatolie.
              
Yayladagi, à l'extrémité d'une langue de terre s'enfonçant de 150 km vers le sud, est une sorte de poste avancé de la Turquie au Proche Orient.
              
La ville syrienne de Jisr al-Choughour (nord-ouest), où l'armée mène des opérations de ratissage meurtrières, n'est qu'à une quarantaine de kilomètres.
              
C'est à Yayladagi, derrière les grilles d'un ancien centre de traitement du tabac, que le Croissant-rouge turc a érigé fin avril, après l'arrivée d'un premier groupe d'environ 250 Syriens, un village de tentes capable d'accueillir des milliers de réfugiés.
              
Pour l'heure, seule une centaine de tentes ont été montées, sur six hectares, mais 900 autres sont prêtes à l'emploi, selon des chiffres fournis fin avril par le Croissant rouge, qui mentionne aussi 8.500 couvertures et des équipements de cuisine pour 10.000 personnes.
              
La Turquie n'en est pas là, mais le rythme des arrivées s'accélère. Et Ankara ne veut pas revivre le drame de l'exode massif des Kurdes d'Irak en Turquie, en 1991.
              
A cette époque, les forces de Saddam Husseïn avaient lancé une vaste offensive contre les Kurdes dans le nord du pays. Des centaines de milliers de Kurdes d'Irak avaient passé la ligne de démarcation.
              
La Turquie, débordée, avait tenté de les secourir, avec l'aide internationale. Mais des dizaines de réfugiés étaient morts de maladies et de blessures.
              
Pas question donc de revivre cet enfer. "Nous avons pris toutes les précautions nécessaires à la frontière", a affirmé mercredi le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu, soulignant que la situation était pour le moment "sous contrôle".
              
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a assuré de son côté que les frontières de la Turquie restaient ouvertes aux Syriens.
              
"Nous garderons les portes ouvertes pour tous nos frères syriens qui se réfugient en Turquie. Il n'est pas possible de leur barrer la route au moment où les violences s'intensifient" en Syrie, a-t-il dit jeudi sur une radio.
              
Il s'est dit inquiet d'une éventuelle contagion de la révolte à Alep (nord), deuxième ville de Syrie, située à moins de 100 km de la frontière turque, assurant toutefois que "toutes les précautions ont été prises" dans les provinces turques frontalières en cas d'arrivée en masse de réfugiés.
              
Il est impossible pour les journalistes de pénétrer dans le camp de Yayladagi. Tout juste peut-on apercevoir, entre les grilles, quelques fillettes syriennes faire de la balançoire.
              
Même le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés n'a pas été convié dans l'enceinte, selon un des ses responsables.
              
Hors de question également de parler aux réfugiés qui viennent de franchir la frontière: ils sont immédiatement pris en charge par des unités de gendarmerie, qui dirigent les personnes valides vers le camp, les blessés vers des hôpitaux, où la consigne est de ne pas admettre la presse.
              
La Turquie, qui a aboli les visas avec la Syrie, est en effet dans une position inconfortable.
              
Elle a noué ces dernières années des liens étroits avec Damas, et elle redoute le chaos qui pourrait s'installer chez son voisin, si Bachar al-Assad est renversé.

Première publication : 09/06/2011

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