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Moyen-orient

Le principal parti d’opposition turc fait peau neuve grâce à son nouveau leader

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 13/06/2011

Le CHP, ou Parti républicain du peuple, est crédité de 30% d’intention de votes pour les élections législatives turques. Un chiffre qui ne suffira pas à battre l'AKP, mais qui montre que la rénovation du parti kémaliste est en marche.

On le surnomme "Gandhi Kemal" pour sa ressemblance avec l’ancien dirigeant indien, ou encore le "Monsieur Propre" de la politique, en raison de sa réputation de champion dans la lutte anti-corruption. Kemal Kiliçdaroglu, ancien haut-fonctionnaire et nouvel homme fort du Parti kémaliste social-démocrate turc (CHP), concentre à lui seul tous les espoirs d’une gauche turque en perte de vitesse depuis les années 1990.

A la veille des élections législatives, ce nouveau chef de file alévi d’origine kurde, investi en mai 2010, s’est donné une mission simple : rénover le vieux parti d'Atatürk, à bout de souffle depuis 2002. Il va avoir fort à faire pour constester la suprématie de l’AKP, le parti islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan au pouvoir depuis 2002, crédité d'environ 45% des voix pour le scrutin de dimanche.

"Même s’il ne fait plus aucun doute que l’AKP, le parti islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, est en position de remporter une troisième victoire d’affilée, il n’en reste pas moins que la montée en puissance du CHP redonne au parti kémaliste une chance de se repositionner comme une véritable force d’opposition dans la paysage politique turc", analyse Alican Tayla, spécialiste de la Turquie à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

Le parti d'opposition CHP fait peau neuve en Turquie

Après le cuisant échec de 2007 où le parti d’Atatürk n’avait pas dépassé les 20%, le CHP pourrait remporter 30% des suffrages lors de ces élections et confirmer sa percée politique - empêchant, par la même occasion, l’AKP de remporter la "super majorité" qu’il convoite pour son troisième mandat.

"L’ére Baykal est révolue"

A quoi doit-on attribuer cette "renaissance" du parti ? Car après les 18 ans de règne de Deniz Baykal, l'ancien leader du CHP qui a dirigé d'une main de fer le vieux parti laïc avant de démissionner, on pensait le parti kémaliste incapable de s'affranchir de la férule de ce vieux dinosaure politique.

"Durant l’ère Deniz Baykal, le CHP se cantonnait à un rôle laïc, républicain, sans véritable programme politique ou économique", raconte Alican Tayla. "Le CHP s’était enferré dans une stratégie nationaliste et militariste sans accointance avec le peuple. Personne ne croyait vraiment à un changement".

L'arrivée d'un nouveau leader considéré comme "bosseur", "populaire", et "proche du peuple" a changé la donne tout en rajeunissant le parti. "La personnalité du nouvel homme fort du parti d'Atatürk a sans doute beaucoup joué dans la percée politique du parti kémaliste. Mais pas seulement", estime encore Alican Tayla. Son principal mérite est surtout d'avoir su entamer la rénovation de la ligne politique de son parti. Des laïcs radicaux tels que Onur Oymen, vice-président du CHP et représentant d'une tendance nationaliste opposée à des réformes économiques et politiques, ont été écartés du parti après l'investiture de "Gandhi Kemal".

Aujourd’hui, le parti veut trancher avec cette image d’immobilisme qui lui colle au corps. Le CHP a donc mis donc les bouchées doubles pour faire peau neuve. Une des principales proposition de son programme, à savoir l’instauration d’une "assurance familiale", sorte d’allocation mensuelle pour les plus démunis, est ainsi destinée à attirer un électorat populaire, acquis à l’AKP.

Le parti promet également de répondre aux demandes de la communauté kurde - alors même qu’il était impensable de prononcer ce mot au sein du parti il y a encore quelques mois - et surtout veut remettre la problématique économique au centre de sa politique dans un pays où environ 14% de la population est touchée par le chômage. "C’est la première fois que le thème de la paupérisation s’immisce dans le programme du CHP. On ne se cantonne plus aux thèmes identitaires : le voile, la laïcité… qui ont toujours été les seules préoccupations du parti kémaliste", ajoute le spécialiste de l’IRIS.

Une jeunesse remobilisée

La mise en avant de toutes ces réformes démocratiques semble porter ses fruits. La jeunesse turque, "longtemps démobilisée", est aujourd’hui au rendez-vous de ce "nouveau CHP"."La Turquie est à un croisement, c’est pour ça que j’ai voulu m’investir davantage en politique. Je suis très contente du nouveau leader et du nouveau CHP", confiait la semaine dernière Damla, jeune militante du CHP, durant un meeting du parti, au micro de FRANCE24.

Mais le chemin sera encore long avant que le parti kémaliste ne se restructure en profondeur. "D’autant que le maintien de Kemal Kiliçdaroglu à la tête du parti n’est pas encore assuré", explique Dorothée Schmid, docteur en sciences politiques et spécialiste turcophone. "Il doit réussir à passer le cap des 30% avant d’asseoir son autorité. C’est un test électoral pour lui, s’il ne les passe pas, il n’est pas sûr de rester à la tête du parti", ajoute-t-elle.

Malgré tout, Kemal Kiliçdaroglu y croit. Lors de son investiture le 22 mai 2010, "Gandhi Kemal" avait assuré pouvoir rafler 40% des suffrages aux législatives de 2011. Il lui reste quelques heures pour convaincre les électeurs. 

Première publication : 10/06/2011

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