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Les grands enjeux des élections législatives

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/06/2011

Alors que les électeurs turcs élisent leurs députés, ce dimanche, FRANCE 24 revient sur les principaux enjeux d’un scrutin qui pourrait conduire à un renforcement du pouvoir du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

En Turquie, le résultat des élections législatives qui se tiennent ce dimanche ne devrait pas réserver de surprise majeure. Le Parti de la justice et du développement (AKP, en turc) - le parti au pouvoir dirigé par l’actuel Premier ministre Recep Tayyip Erdogan - devrait obtenir la majorité au Parlement pour la troisième fois consécutive. Selon les derniers sondages, le mouvement de centre-droit recueillerait plus de 45 % des suffrages.

Reste cependant que Recep Tayyip Erdogan n’est pas populaire auprès de tous et que le Parti républicain du peuple (CHP), la principale force d’opposition turque, a vu grandir son influence. Selon les projections, porté par son nouveau leader Kemal Kilicdaroglu, le CHP pourrait obtenir jusqu’à 30 % des suffrages, soit 10 points de plus que lors du dernier scrutin.

La campagne électorale a cristallisé les tensions, la police ayant eu recours à la force pour disperser des manifestants opposés au gouvernement réunis à Ankara la semaine dernière.

À moins de 24 heures du vote, deux questions subsistent donc : quelle marge de manœuvre l’AKP conservera-t-il au Parlement d'une part ? Quelles conséquences les résultats du scrutin auront-ils sur le programme politique d’Erdogan de l'autre ?

Si l'AKP parvient à conserver une large majorité à l’Assemblée, il aura les coudées franches pour procéder à une révision de la Constitution. Il pourra en outre lancer un train de réformes sociales dont le contenu inquiète déjà la frange laïque de la population.

Voici les principaux enjeux du scrutin de ce dimanche :

L’économie

Selon le Dr Fiona Adamson, de l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres, l’économie est une réussite du Premier ministre Erdogan et de son parti.

Lorsque l’AKP est arrivé au pouvoir en 2002, la Turquie était frappée par une sévère récession. Moins de dix ans plus tard, le bilan économique d’Erdogan est très positif : diminution de la dette publique, ralentissement de l’inflation, doublement du revenu moyen par foyer depuis 2009, etc.

De plus, en 2010, la Turquie a affiché un taux de croissance record : seule la Chine faisait mieux.

Ces succès restent toutefois entachés par deux points noirs : un taux de chômage très élevé (plus de 12 %) et une multiplication des inégalités socio-économiques, relève le Dr Adamson.

La Constitution

Plusieurs personnalités politiques turques ont insisté sur la nécessité d’adopter une nouvelle Constitution. La précédente, toujours en vigueur, a été rédigée dans la foulée du coup d’État de l’armée, en 1980.

Erdogan a laissé entendre qu’il remanierait le texte afin de concentrer le pouvoir exécutif dans les mains du président. Car en l’état actuel en effet, c’est le Premier ministre qui détient une grande partie du pouvoir.

Si Erdogan obtient 330 des 550 sièges en jeu dimanche, il devra soumettre les modifications qu'il entend apporter à la Constitution à un référendum, puis les faire valider par les autres partis politiques.

En revanche, s’il parvient à obtenir une majorité plus importante (367 sièges et au-delà), il aura la possibilité de modifier le texte sans l’aval des autres formations ou de l’opinion publique.

Réformes sociales

Bien que, dans le passé, l’AKP ait participé à l’émancipation des femmes en Turquie, les récentes prises de position d’Erdogan sur la question ont ravivé les inquiétudes. Le Premier ministre, qui a annoncé que son parti envisageait de supprimer le ministère de la Femme, a déclaré récemment que toutes les femmes turques devraient avoir trois enfants.

Ces remarques, auxquelles s’ajoutent des restrictions de plus en plus dures à l’accès à Internet et à la consommation d’alcool, ont alarmé la frange laïque et pro-européenne de la population.

Selon le Dr Adamson, les laïcs turcs craignent qu’un nouveau mandat d’Erdogan contribue à "renforcer le rôle de la religion en Turquie". Ces derniers s’inquiètent également du traitement des journalistes, dont plusieurs dizaines sont emprisonnés.

Le dossier kurde

Plus que jamais, la question de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est un enjeu du vote de dimanche, compte tenu du fait que les nationalistes kurdes, dont l’insurrection dure depuis 26 ans, multiplient les appels à la reconnaissance de leur autonomie.

Erdogan a fait voter des réformes qui ont abouti à une large reconsidération des droits des Kurdes, dont le poids politique est considérable dans le sud-est du pays. Le gouvernement a multiplié les gestes en leur faveur : amnistie partielle pour certains prisonniers politiques, restauration des noms de villes en langue kurde qui avaient été remplacées par leurs équivalents turcs.

De son côté, le CHP a décidé d’adopter une nouvelle attitude à l’égard de la cause kurde et a récemment évoqué la possibilité d’une autonomie renforcée, bien que le mouvement de centre-gauche n’ait jamais recueilli beaucoup de suffrages dans la région.

Selon le Dr Adamson, l’ouverture progressive du gouvernement à la situation des Kurdes viserait à montrer aux Européens que la Turquie est prête à faire les efforts nécessaires pour intégrer l’Union.

Surtout, elle constitue une opération de séduction à l’attention de l’électorat kurde qui pourrait se tourner un peu plus franchement vers l’AKP au détriment des partis kurdes et du Parti de la paix et de la démocratie (BDP), un mouvement socialiste qui s’appuie sur les revendications kurdes pour articuler son programme politique.

Les candidats soutenus par la communauté kurde pourraient toutefois recueillir une trentaine de sièges, selon les sondages, soit une augmentation de dix sièges par rapport à ceux qu'ils possèdent actuellement.

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Première publication : 11/06/2011

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