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Moyen-orient

La réconciliation entre le Hamas et le Fatah bute sur le choix d'un Premier ministre

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/06/2011

Soutenue par le Fatah du président Mahmoud Abbas, la candidature de l'actuel Premier ministre de l'Autorité palestinienne Salam Fayyad au poste de chef du gouvernement de transition a été rejetée par le Hamas.

AFP - La réconciliation palestinienne bute sur le choix du chef du gouvernement d'indépendants, pour lequel le Fatah du président Mahmoud Abbas soutient le Premier ministre Salam Fayyad, favori de la communauté internationale, rejeté par le Hamas.


Les discussions prévues mardi au Caire entre les deux mouvements sur la formation du chef de cet exécutif transitoire et l'application des autres clauses de l'accord de réconciliation conclu le 27 avril s'annoncent par conséquent délicates.

Une délégation du Fatah, dirigée par Azzam al-Ahmad, a quitté dimanche Ramallah, le siège l'Autorité palestinienne, pour l'Egypte afin de discuter avec le Hamas de la composition du gouvernement et de la question du Premier ministre avec l'espoir d'"arriver à un accord le plus tôt possible".

Après des semaines de délibérations, le Comité central du Fatah s'est prononcé pour M. Fayyad, un indépendant, s'attirant le refus sans surprise du Hamas, favorable à un Premier ministre de la bande de Gaza, qu'il contrôle.

"Lors d'une réunion samedi soir au quartier général de la présidence palestinienne (à Ramallah), nous avons décidé de présenter Salam Fayyad à la tête du gouvernement palestinien" de transition, a affirmé à l'AFP un membre du Comité central du Fatah sous couvert de l'anonymat.

"Le Hamas a déjà informé le Fatah au cours de leur dernière réunion (les 16 et 17 mai au Caire, NDLR) qu'il rejette le choix de Salam Fayyad", a répliqué le Hamas, par la voix de son porte-parole à Gaza, Sami Abou Zouhri, en soulignant que "tout chef de gouvernement doit être choisi par consensus".

Le choix de M. Fayyad rassurerait la communauté internationale sur l'orientation du gouvernement d'indépendants, bien que le mandat de celui-ci se résume essentiellement à organiser des élections d'ici mai 2012 et à engager la reconstruction de la bande de Gaza, sinistrée par l'opération israélienne "Plomb durci" de décembre 2008/janvier 2009.

Le président américain Barack Obama a qualifié le 22 mai la réconciliation Fatah/Hamas d'"énorme obstacle à la paix", tandis qu'Israël, qui refuse de "négocier avec un gouvernement soutenu par la version palestinienne d'Al-Qaïda", en allusion au Hamas, a retardé la rétrocession en mai des fonds qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne, à titre de "carton jaune".

M. Abbas a rappelé à maintes reprises que depuis 1993 la conduite des pourparlers avec Israël revenait à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qu'il préside, dont le Hamas ne fait pas partie.

Les autres membres du Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, ONU, Russie) ont en revanche accueilli favorablement la réconciliation palestinienne comme un facteur de paix, le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé jugeant lundi dernier à Washington nécessaire de "favoriser tout ce qui peut faire évoluer le Hamas".

Au-delà de la question théorique des négociations, suspendues depuis plus de huit mois sans perspective de reprise, et qui ne dépendent pas du gouvernement, la communauté internationale se préoccupe de la préservation de l'héritage de M. Fayyad, crédité par les donateurs d'avoir assaini les finances de l'Autorité palestinienne.

Victime d'un malaise cardiaque lors d'une visite privée aux Etats-Unis en mai, M. Fayyad s'est attiré depuis deux ans les éloges du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui ont conclu récemment que les Palestiniens étaient désormais prêts à gérer un Etat.

En cas de blocage persistant sur son nom, un candidat de compromis pourrait néanmoins émerger.

Le 30 mai, le président du Fonds d'investissement de Palestine et conseiller économique de M. Abbas, Mohammad Moustapha, n'a pas exclu d'assumer les fonctions de Premier ministre si elles lui étaient proposées, une candidature à laquelle le Hamas n'a pas jusqu'à présent mis son veto.

 

Première publication : 12/06/2011

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