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FRANCE

La "plaisanterie" de Chirac inspire des éditoriaux acérés dans la presse française

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 13/06/2011

Calcul, blague ou boulette ? Jacques Chirac a affirmé samedi qu’il voterait pour le socialiste François Hollande en 2012. La presse française s’amuse du rapprochement entre un ex-président "papy flingueur" et un socialiste "radical-cassoulet".

Le "trait d’humour corrézien" de Jacques Chirac laisse pantois les éditorialistes. Samedi, alors qu’il se trouvait en compagnie de François Hollande, candidat à la primaire socialiste, l’ancien président français a affirmé à trois reprises devant caméras et micros qu’il voterait pour l'ex-Premier secrétaire du Parti socialiste (PS) à l’élection présidentielle de 2012.

Il s'agit d'"un trait d’humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date", a cru bon de préciser Chirac le lendemain de sa sortie, après une flopée de réactions gênées à droite comme à gauche. "Ouf, tout le monde est rassuré", commente, ironique, Denis Daumin dans "la Nouvelle République". Mi-figue mi-raisin, David Guévart, du "Courrier Picard", remarque simplement : "L’humour n’est pas la valeur la plus partagée en politique". D’autant plus que, comme le souligne "La Montagne", ce n’est pas la première fois que l’ancien chef de l’État affiche une position ambigüe à l’égard du député socialiste de Corrèze. Selon le quotidien, il avait glissé à l’un de ses proches, en mars 2010 : "Tu n’oublieras pas qu’il faut voter pour [Hollande] en 2012". Chirac serait-il un adepte du comique de répétition ?

Gêne et vacheries chez les politiques

La pirouette de l’ancien président ne dupe personne. Ni chez les politiques, ni chez les journalistes. "Chirac, le vache qui rit", titre notamment "Libération", à côté d’une caricature de l’ancien président affublé d’un costume de cow-boy, dégainant deux révolvers façon règlement de comptes en plein Far-West. "Il n’est pas certain […] que la bonne blague d’un samedi de juin ait fait rire aux éclats Nicolas Sarkozy", doute d’ailleurs Olivier Picard, dans les "Dernières nouvelles d’Alsace". "Sans pitié, le président [Sarkozy] la mettra sur le compte de l’usure de son prédécesseur dont il commente l’état de santé […] avec les ellipses de langage lourdes de sous-entendus qu’on réserve généralement à l’évocation d’un grand malade", souligne-t-il, mettant en lumière les volées de vacheries inspirées par la "plaisanterie" chiraquienne.

Pourtant, selon "Le Parisien-Aujourd’hui en France", l’Élysée, soucieux d’éviter l’affrontement, a donné une consigne claire : "On n’attaque pas l’ancien président". Ce qui n’empêche pas un ex-ministre de Chirac d’évoquer une "vengeance du roi fainéant" dans les colonnes du quotidien. Et un autre, adoptant une commisération douteuse face au journaliste du "Figaro", de mettre le dérapage d’un Chirac "diminué" sur le compte de la maladie. Ambiance... Chez les socialistes, on n’est pas plus tendre. Pour Manuel Valls, également candidat à la primaire du PS, Chirac représente "une France pépère […] qui sent bon la naphtaline, celle où l’on ne fait rien et on ne décide rien". Ses propos, repris par nombre de quotidiens, ont largement inspiré l’éditorial de François Martin, dans "Midi Libre", pour qui François Hollande "n’avait pas besoin des marques d’affection d’un Chirac qui sent bon la naphtaline".

"Radical-cassoulet"

Le socialiste en prend aussi pour son grade. Pascal Jalabert, du "Progrès de Lyon", se fait perfide en évoquant le "socialiste de Tulle réputé pour son humour léger et son nouveau profil allégé", en référence à la cure d’amaigrissement récemment subie par François Hollande. Même ton du côté de la "Nouvelle République" qui souligne "sa bonne bouille de Corrézien" et "ses blagounettes de fin de banquets républicains". Un "style Hollande" dans lequel se retrouve Chirac. "Rond. Consensuel. Un radical-cassoulet", ose l’éditorialiste du "Midi Libre". L’adoubement de Chirac n’est pas la meilleure des cartes de visite. "Hollande a vite perçu le danger. Il a eu raison de mettre les pendules à l’heure", poursuit-il. Car c’est en effet François Hollande qui a, le premier, évoqué "une blague" de la part de l’ancien président.

Lundi, la thèse de la "plaisanterie" ne passe pas. Est-ce "le cri du cœur d’un homme qui a toujours eu des relations houleuses, voire haineuses avec Sarkozy ?", s’interroge "France-Soir", qui titre en une "Chirac : Le papy flingueur". "La remarque est loin d’être anodine au moment où Nicolas Sarkozy reste au plus mal dans les sondages", souligne, en écho, Dominique Charraud de la "Charente Libre". "Pendant quatre ans, il s’est gardé de critiquer l’action de son ancien ministre de l’Intérieur. Il se rattrape cette année", constate, quant à lui, Matthieu Verrier dans son éditorial de "La Voix du Nord". L’ancien président vient en effet de publier le deuxième tome de ses mémoires, dans lequel il égratigne le caractère "nerveux et impétueux", les manœuvres et l’égo surdimensionné de Nicolas Sarkozy. Ce qui inspire Michel Lépinay, de "Paris-Normandie" : "Si un jour, par hasard, l’électeur Chirac devait trancher entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, on peut croire que ce ne serait pas pour lui un choix cornélien. Mais plutôt un choix corrézien".
 

Première publication : 13/06/2011

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