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EUROPE

Berlusconi reconnaît sa défaite sur "tous les thèmes" des référendums

©

Vidéo par Natacha VESNITCH

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/06/2011

Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a reconnu son entière défaite lors des référendums organisés dimanche et ce lundi. Les Italiens ont ainsi rejeté le retour au nucléaire, la privatisation de l'eau et l'immunité pénale du Cavaliere.

AFP - Désavoué aux municipales, Silvio Berlusconi a essuyé un nouveau revers personnel lundi avec un vote massif des Italiens pour refuser par référendum le retour au nucléaire, une privatisation de la gestion de l'eau et la forme d'immunité judiciaire dont il bénéficie.

Le chef du gouvernement, 74 ans, a reconnu sa défaite sur "tous les thèmes", qualifiant de "nette" la position des Italiens et estimant que "la volonté de participation des citoyens aux décisions sur notre avenir ne peut être ignorée".

Selon des données encore partielles, une énorme majorité des votants, 94 à 96%, a voté contre des lois du gouvernement Berlusconi instituant le retour à l'atome, l'ouverture au privé de la gestion et de la distribution de l'eau et une forme d'immunité pour le chef du gouvernement face à ses ennuis judiciaires.

La participation a été très forte, 57%, bien supérieure au quorum (50% plus une voix), indispensable pour que les référendums soient valables, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Cela faisait 16 ans que le quorum n'avait pas été atteint en Italie pour ce type de scrutin.

C'est un échec pour M. Berlusconi qui avait appelé les Italiens à l'imiter et à déserter les urnes en passant leur week-end à la mer.

"Les Italiens se sont réappropriés leur destin et ont transformé le pays en un grand parlement qui remplace ce parlement qui ne légifère plus", a commenté Angelo Bonelli, chef du petit parti des Verts, l'un des promoteurs des référendums.

LA RÉACTION DE SILVIO BERLUSCONI SUR LE NUCLÉAIRE

"Aujourd'hui, ce ne sont ni la droite ni la gauche qui ont gagné, mais le peuple", a renchéri Giovanni Piocongi, un syndicaliste à barbichette en polo et jeans, en faisant la fête avec des centaines d'autres personnes à Rome.

Aux côtés de militants écologistes, civiques et d'autres syndicalistes, M. Piocongi a dénoncé "les tentatives de récupération du mouvement par les partis politiques". Pour Laura, une rousse d'une soixantaine d'années, "c'est le début de la fin de Berlusconi, ça marque vraiment la fin du berlusconisme".

Concernant le nucléaire, le plus mobilisateur des référendums avec celui sur l'eau, la décision est surtout symbolique puisque l'Italie avait abandonné cette énergie après un premier référendum en 1987 à la suite de la catastrophe de Tchernobyl.

Mais le vote donne un coup d'arrêt définitif aux projets du gouvernement Berlusconi qui avait annoncé en 2008 la construction de centrales à partir de 2014 pour un retour à l'atome en 2020.

Actuellement jugé dans trois procès dont celui sur le scandale sexuel Rubygate, M. Berlusconi redoutait surtout le référendum qui annule une loi dite d'"empêchement légitime" lui permettant de ne pas se présenter en justice en raison de ses obligations de Premier ministre.

"En 1987, déjà, les Italiens avaient dit non au nucléaire"

"Nous avons dit non au nucléaire, mais surtout nous avons établi le principe sacro-saint selon lequel la loi est égale pour tous", a commenté l'ex-juge anticorruption Antonio di Pietro, chef du parti Italie des valeurs, l'un des grands initiateurs des référendums.

Niccolo Ghedini, l'un des avocats du Cavaliere, a assuré que même sans cette loi, rien ne changerait car malgré les privilèges liés à ses fonctions, M. Berlusconi ou ses représentants légaux ne se sont soustraits à aucune audience en trois mois.

Pour le Cavaliere, l'échec aux référendums constitue une nouvelle gifle après la déroute de sa coalition de centre-droit aux municipales partielles d'il y a 15 jours, en particulier dans son fief de Milan.

L'un de ses plus proches collaborateurs, Ignazio La Russa, affirme néanmoins que "cela ne modifiera pas l'action gouvernementale".

Mais dans l'opposition, le chef du Parti démocrate (gauche) Pier Luigi Bersani a parlé de "résultat énorme", assurant que sa formation est "le premier parti d'Italie" et appelant le Cavaliere à démissionner.

Pour M. Bersani, il y a "un divorce entre le gouvernement et le peuple".

Le pacte de fer entre Silvio Berlusconi et son allié la Ligue du Nord a aussi commencé à se lézarder, le chef de ce parti, Umberto Bossi, considérant que "Berlusconi a perdu sa capacité de communiquer avec les gens à la télévision".

Après les résultats, Roberto Calderoli, un autre poids lourd de la Ligue, s'est dit "fatigué de recevoir des claques" à cause de Silvio Berlusconi.

 

Première publication : 13/06/2011

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