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Afrique

Le procès de l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali débutera le 20 juin

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/06/2011

Le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi a annoncé lundi soir que le procès de l'ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie saoudite, commencera le 20 juin.

AFP - Le procès par contumace de l'ex-président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie saoudite, commencera le 20 juin, a annoncé lundi soir le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi.
              
"Je l'annonce pour la première fois, le procès commencera le 20" juin, a déclaré M. Essebsi dans une interview à la chaîne qatariote Al-Jazira.
              
M. Ben Ali et son entourage auront à répondre de plus de 90 chefs d'accusation, a précisé le chef du gouvernement tunisien.

"Ben Ali doit être jugé non pas seul mais avec ses complices"

Il a aussi indiqué que Tunis n'avait jamais reçu de réponse des autorités saoudiennes à sa demande de lui remettre l'ancien président.
              
Après 23 ans de pouvoir sans partage, Zine el Abidine Ben Ali avait fui la Tunisie le 14 janvier pour l'Arabie Saoudite, sous la pression d'un puissant soulèvement populaire.
              
M. Ben Ali était sorti de son silence pour la première fois le 6 juin dernier, qualifiant de "mascarade", par l'intermédiaire de son avocat français Jean-Yves Le Borgne, le procès instruit à son encontre à Tunis et les perquisitions menées dans ses bureaux.
              
C'est la première fois qu'il s'exprimait, même indirectement, depuis qu'il avait dû fuir la Tunisie pour l'Arabie saoudite. Un proche de sa famille avait affirmé qu'il avait été victime à la mi-février d'un AVC (accident vasculaire cérébral) qui l'avait plongé dans le coma.
              
Selon lui, "les perquisitions effectuées dans ses bureaux officiels et personnels ne sont que des mises en scène destinées à le discréditer" et "le procès que la Tunisie instruit à son encontre n'est qu'une mascarade dont le seul sens est d'illustrer une rupture symbolique avec le passé".
              

M. Ben Ali affirmait également par le biais de son conseil parisien "qu'il ne possède ni biens immobiliers ni avoirs bancaires en France, non plus que dans un autre pays étranger".
              
Le ministère tunisien de la Justice avait annoncé quelques jours plus tôt que le président déchu et son épouse Leïla Trabelsi seraient jugés par contumace "dans les jours ou les semaines à venir" pour deux premières affaires.
              
Un premier dossier porte sur "la découverte d'armes et de drogues dans le palais présidentiel de Carthage", le deuxième sur 27 millions de dollars en liquide découverts en février par la commission tunisienne anticorruption dans un palais de Ben Ali à Sidi Bou Saïd dans la banlieue nord de Tunis, selon un porte-parole du ministère.
              
Selon le ministère de la Justice, les enquêtes en cours visant le couple Ben Ali, sa famille et d'anciens ministres et responsables du régime déchu concernent des cas d'homicides volontaires, abus de pouvoir, malversation, trafic de pièces archéologiques, blanchiment d'argent et violation de la réglementation sur les marchés publics.
              
Plusieurs pays européens ont gelé les avoirs de l'ex-président tunisien et ceux de sa famille, qui s'était considérablement enrichie pendant ses 23 ans de pouvoir.
              
Interrogé par ailleurs sur la possibilité que M. Mohamed Ghannouchi - qui était le Premier ministre de M. Ben Ali et avait continué à diriger le gouvernement dans un premier temps après sa fuite - pourrait être jugé, M. Essebsi a seulement répliqué: "moi-même je peux être jugé".

Première publication : 13/06/2011

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