Dernière modification : 16/06/2011 

- Alain Juppé - Bachar al-Assad - Diplomatie - France - ONU - Syrie


La France peine à mobiliser le Conseil de sécurité sur le dossier syrien

La France ne ménage pas ses efforts pour convaincre une large majorité de membres du Conseil de Sécurité de l'ONU de se prononcer en faveur d'une résolution qui condamnerait la répression du mouvement de contestation en Syrie. Décryptage.

Par FRANCE 24 (vidéo)
Marc DAOU (texte)
 

Les efforts de la diplomatie française au Conseil de sécurité restent vains. Le vote d’une résolution condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie se heurte à un mur. Dotées d’un droit de veto en tant que membres permanents, la Russie, alliée traditionnelle de la Syrie, et la Chine restent fermement opposées à toute mesure à l’encontre de Bachar al-Assad et de son régime.

Samedi, les deux puissances sont même allées jusqu’à boycotter les discussions des experts du Conseil de sécurité. "Outre leur politique d’opposition naturelle aux Occidentaux, ces deux puissances craignent que cette instance ne prenne le pli de se saisir systématiquement de cas de répression de mouvements populaires, qui pourraient un jour les concerner directement", explique un ancien diplomate français, qui a requis l’anonymat, à France24.com.

En quête d’une large majorité

Si la France, appuyée par le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Portugal et plus discrètement par les États-Unis, est certaine de réunir les neuf voix nécessaires à l'adoption de la résolution - sauf veto -, elle s’efforce néanmoins d'en obtenir 11 sur les 15 pays qui compose le Conseil de sécurité. "Les Français sont persuadés qu’en ne réunissant que le minimum requis de neuf voix, ils se heurteront avec certitude à un veto russe", explique Sylvain Attal, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24.

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Avec 11 voix, les Européens pourront faire pression sur la Russie et l’isoler, dans le but de la faire hésiter à utiliser son droit de veto. "Nous ne prendrons le risque de mettre aux voix un projet de résolution condamnant le régime syrien que si nous parvenons à une majorité suffisante […] Si nous pouvions avoir 11 votes, alors il faudrait que chacun prenne ses responsabilités. Nous mettrions ce projet de résolution aux voix et nous verrions si la Russie et la Chine persévèrent dans leur veto", a déclaré, mardi, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, devant l’Assemblée nationale française.

Fissurer le camp des Brics

Alors que le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moualem, a estimé que le projet de résolution contre son pays constituait "une intervention flagrante dans les affaires intérieures de la Syrie et une tentative pour la déstabiliser", tous les efforts actuels des diplomates européens sont focalisées sur le Brésil et l'Afrique du Sud. Paris cherche à les convaincre de se démarquer, sur ce dossier, de leur propre camp - les fameux Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). "Des pays comme le Liban, qui ne peut se permettre de voter contre la Syrie voisine pour des raisons évidentes, et l’Inde [tous deux membres non permanents] ne sont pas concernés par ces efforts, car il est impossible de les faire changer d’avis", précise l’ancien diplomate français.

Mais la tâche n’est pas simple. Le Brésil refuse pour l’instant de rallier le camp de la France. "La Syrie joue un rôle pivot pour la stabilité au Moyen-Orient [...] Je pense que la dernière chose que nous voulons voir ou faire est de contribuer à exacerber les tensions dans ce que nous considérons comme l'une des régions les plus tendues du monde", a récemment commenté le ministre brésilien des Affaires étrangères, Antonio Patriota.

Échaudés par l’expérience libyenne

Une méfiance qui est partagée par l’Afrique du Sud, alors même que le projet de déclaration ne propose pas de sanctionner ou d’intervenir militairement contre le régime de Bachar al-Assad mais de condamner la répression et d'ouvrir la voie à de possibles investigations sur des crimes contre l'humanité. "À l’instar de la Russie, Brasilia et Pretoria ont été échaudés par le dossier libyen sur lesquels ils ont le sentiment d’avoir été trompés après l’extension des frappes internationales alors qu’ils s’étaient simplement prononcés en faveur de l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne", explique Sylvain Attal.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a récemment exprimé le fond de sa pensée. "Nous croyons fermement que cette résolution est détournée pour obtenir un changement de régime, pour des assassinats politiques et pour une occupation militaire étrangère", a-t-il déclaré dans un discours au Parlement au sujet de la résolution 1973 votée contre le régime libyen.

La situation qui prévaut actuellement à l’ONU ressemble à une partie de poker qui oppose deux camps : celui des Brics, mené par les Russes et les Chinois face à celui des Occidentaux et leurs alliés africains. "Ce jeu consiste à intimider, à encourager et à dissuader les uns et les autres pour qu’ils rejoignent un camp ou l’autre", conclut Sylvain Attal. Reste à savoir qui aura le dernier mot, tandis qu’en Syrie "les choses se dégradent de jour en jour", selon les propres mots d’Alain Juppé.
 

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(20) Réactions

Qui aura le dernier mot ?

Dans ce jeu de poker menteur, la rengaine de la France : « non pas sanctionner ou intervenir militairement contre un régime, mais condamner une répression aveugle et ouvrir la voie à de possibles investigations sur des crimes contre l'humanité » a légitimé hier la guerre de la France et des alliés en Côte d’Ivoire et l’éviction du Président Laurent Gbagbo et aujourd’hui la guerre en Libye pour chasser Kadhafi et instaurer une démocratie nullement garantie avec l’opposition que soutiennent la France et ses Alliés.
Quand on a la tricherie dans son jeu, on trichera toujours ; on mentira toujours… mais on n’est jamais assuré que l’autre en face se laissera toujours prendre au mot et au jeu.

oppression

C'est le devoir de la France de défendre les peuples opprimés, les régimes russe et chinois prennent toujours la défense des dictateurs au nom de leur opposition systématique aux occidentaux, c'est un scandale! il faut délivrer le peuple syriens des mâchoires du régime de Bachar.

Sarkozy aurait-il une

Sarkozy aurait-il une élection sur le feu?

Regardez les Syriens à Damas

Regardez les Syriens à Damas aujourd'hui, (15 juin 2011)
http://www.youtube.com/watch?v=JdfhfqJQcmg&feature=player_embedded#at=322

Qui a demandé à la france de

Qui a demandé à la france de se mêler dans nos affaires syro-syriennes? Je suis Syrien et dis à la france qu'elle nous laisse tranquilles. Je la conseille de régler ses problèmes internes (discrimination, crise économique, pauvreté, quartiers sensibles...)et de ne plus parler liberté d'expression ni démocratie, ni droits de l'homme... Les masques sont tombés...

il faut de toute urgeance

il faut de toute urgeance pour dissoudre ce conseil colonial qui ne sert qu´à legitimer les basses besognes des puissances coloniales qui de tout temps n´ont jamais repondu de leurs actes...
il faut un tribunal penal pour juger les crimes francais en afrique et ailleur... ceux qui ont soutenu l´apartheid, fait l´esclavage et soutenu moubarak pendant 30 ans se découvrent comme par enchantement un côté humain....

Le problème n'est pas la non

Le problème n'est pas la non ingérence mais l'objectivité, l'impartialité, ... sur base de quel principe doit-on envahir un pays comme la Lybie et armée les rebelles au non de la "démocratie"?. Ce qui choque c,est le deux poids deux mesures.

Le sous sol Syrien n'a rien a offrire

Pourquoi voulez vous que les gens dépensent pour protégé un peuple qui n'a rien a donne. Pas des barils, ni du cacao ou encore d'autres intérêts a protégé. il faut que la France comprenne

N'importe quoi !

Respectez un peu la chine et la russie! Quelle arrogance occidentale ces 2 pays n'ont pas du tout peur que vous les attaquiiez au contraire c'est vous les occidentaux en vous en prenant toujours aux faibles qui avez PEUR peur d'avoir été trop loin dans votre repression du régime et tout simplement VOUS n'êtes plus CREDIBLE sur la scène internationale !!!

sarko ferait mieux de se

sarko ferait mieux de se concentrer sur les problemes de son pays.

 
 
 
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