Dernière modification : 17/06/2011 

- Bertrand Delanoë - Martine Aubry - Parti socialiste


Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris

Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), est l'invitée de Roselyne Febvre. Proche de Martine Aubry, elle s'exprime sur les primaires socialistes et évoque des sujets aussi divers que la binationalité, les manifestations des "indignés" en Espagne ou encore ses ambitions à la mairie de Paris.

Roselyne FEBVRE.- Bonjour et bienvenue dans « Politique » avec notre premier invité. Anne Hidalgo, bonjour.
Anne HIDALGO.- Bonjour.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes première adjointe socialiste au maire de Paris, Bertrand Delanoë, et vous êtes proche de Martine Aubry. Bien sûr, nous allons parler de politique, nous allons parler de Paris puisque vous avez des ambitions, mais nous sommes une chaîne internationale, donc notre devoir est de regarder vers le monde et le monde, aujourd'hui, c'est aussi l'Europe, c'est la Grèce à feu et à sang. Une sorte de tragédie grecque avec une crise sociale, puis une crise politique. Ce pays est donc en train de voter un second plan de rigueur. La Grèce est pour l'instant incapable de rembourser sa dette. Est-ce que ce pays vit au-dessus de ses moyens ?
Anne HIDALGO.- Je pense qu'il fallait faire des choses. Bien évidemment, la situation de la Grèce n'était pas tenable et le gouvernement de Papandréou était sans doute le mieux indiqué pour trouver un chemin qui n'est pas facile. Papandréou est un social-démocrate. Il vit aussi sous la contrainte des marchés, sous la contrainte des agences de notation, sous la contrainte de ceux qui, du point de vue de la finance, considèrent que tous les pays devraient finalement avoir un chemin unique, celui de l'austérité, et qui déconsidèrent la question sociale, la question démocratique. Moi, je suis bien sûr en soutien de ce qu'essaie de faire aujourd'hui Papandréou. Les socialistes européens et les socialistes français ont participé à des rencontres avec lui. Ils ont fait des propositions communes pour un autre chemin que celui du plan d'austérité en Europe, en particulier pour un plan de relance, d'investissement sur l'ensemble de l'Europe. Tout cela n'est pas possible aujourd'hui parce que les gouvernements libéraux qui dirigent l'Europe ne l'acceptent pas.
Roselyne FEBVRE.- Mais est-ce que la Grèce a été trop légère dans sa façon de faire ?
Anne HIDALGO.- Je pense qu'il y a eu dans le passé, bien sûr, une dette qui a filé dans un certain nombre de pays. On peut faire un parallèle un peu différent avec l'Espagne. En Espagne, ce n'est pas la dette publique mais la dette privée, l'endettement privé qui avait pris des proportions extrêmement importantes. Bien sûr que ces politiques-là ne pouvaient pas durer mais, en même temps, quelles sont les réponses ? Or les réponses dans l'austérité, dans la brutalité sociale et qui ne demandent finalement des efforts qu'à ceux qui subissent la situation au bas de l'échelle ne sont pas tenables du point de vue démocratique et social.
Roselyne FEBVRE.- Est-ce que la Grèce peut sortir, doit sortir de la zone euro ? Est-ce que ça risque d'arriver ?
Anne HIDALGO.- Moi, je ne l'espère pas. Je pense que l'Europe devrait être ce qu'elle n'est pas aujourd'hui : un espace de protection portant une autre politique. Il faudrait que l'on arrive non pas à contrecarrer mais à créer le rapport de force démocratique suffisant vis-à-vis des marchés. Ce sont les marchés qui dictent les lois du monde. Les marchés ne réagissent pas aux lois humaines. Moi, je suis profondément pour que les démocraties, les peuples décident de leur destin, pas pour que des entités totalement mondialisées décident selon leurs propres intérêts financiers de la vie et de la survie des peuples.
Roselyne FEBVRE.- « Les indignés » en Espagne, la Grèce, peut-être après le Portugal ou un autre pays. Vous sentez les germes d'une révolte sociale, presque d'une révolution ?
Anne HIDALGO.- Il y a les germes d'abord d'une révolte sociale très, très forte - on le voit en effet avec « les indignés » - de gens qui subissent les conséquences d'une crise et qui se disent : « Le politique ne peut rien faire. » On voit des gouvernements, notamment les gouvernements socio-démocrates en Espagne, au Portugal ou en Grèce, qui essaient de trouver un chemin moins brutal que celui qui leur est imposé par les agences de notation et les marchés mais qui n'y arrivent pas parce que le rapport de force politique, notamment en Europe, n'est pas là. Pour moi, la solution passe par le gouvernement de l'Europe et par une vision beaucoup plus volontariste. Non pas l'idée que les plans d'austérité pourraient sortir les gens qui souffrent aujourd'hui de leur situation. Plutôt penser plan de relance, recherche européenne, investissement tout en ayant en tête, bien sûr, la résorption de la dette. Le Parti socialiste ne prône pas du tout un laxisme en la matière mais jusqu'où iront les marchés ? Une fois qu'ils auront obtenu le quatrième ou le cinquième plan d'austérité en Grèce et en Europe, que faire ? Il n'y aura plus un gouvernement crédible dans aucune démocratie pour rassurer et pour assurer la cohésion de nos populations. Non, le jeu dangereux qu'ils jouent aujourd'hui mérite d'avoir à un moment donné un coup d'arrêt. Le politique doit reprendre le dessus.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes d'origine espagnole.
Anne HIDALGO.- Oui.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes née en Espagne et, il y a quelques mois, le roi vous a faite commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique, la plus haute distinction espagnole.
Anne HIDALGO.- Oui.
Roselyne FEBVRE.- Vous avez donc la double nationalité. Comment réagissez-vous à la remise en question de la binationalité par Marine Le Pen et quelques députés UMP ? Est-ce que, une fois de plus, nous sommes dans un débat qui risque de cliver la population ?
Anne HIDALGO.- Je pense que ça clivera, bien sûr. En même temps, ce débat ou, en tous les cas, la façon dont il a été posé par l'extrême droite et la droite proche de l'extrême droite est totalement stupide. La France et la plupart des grandes démocraties sont des pays où la double nationalité a été admise plutôt comme une richesse. Moi, j'ai eu l'occasion de rendre hommage à Jorge Semprun cette semaine à la suite de son décès. Je n'étais pas encore élue à l'époque mais Jorge Semprun avait dit quelque chose que j'avais entendu à la radio et qui m'avait beaucoup touchée et qui m'a beaucoup aidée. Il avait dit : « On peut avoir deux langues maternelles. On peut aimer deux pays. Il n'y a pas de drame là-dedans. Il n'y a pas de tragédie. Au contraire, c'est de la richesse. » Je crois que ceux qui voient le monde par le petit bout de la lorgnette, qui ont peur de l'envahissement, qui ne considèrent pas que la culture que nous avons en France est...
Roselyne FEBVRE.- En gros, ils disent : « Il faut choisir. » Choisir d'être Français, c'est abandonner une part de ses racines pour assumer...
Anne HIDALGO.- Absolument pas. Ils disent cela mais je trouve ça d'une stupidité, d'un manque de vision...
Roselyne FEBVRE.- Vous ne voudriez pas choisir ?
Anne HIDALGO.- Mais je n'ai pas à choisir. J'aime mes deux pays. Je suis extrêmement reconnaissante à la France pour tout ce qu'elle m'a donné. J'ai aussi une part importante de racines en Espagne. Comme beaucoup de Français - la binationalité concerne énormément de Français - je trouve que c'est une richesse pour mon pays, le pays dans lequel je vis, la France aujourd'hui. Donc cette vision étriquée des choses, du monde, des rapports entre les différentes cultures est quelque chose qui ne peut nous conduire que dans le mur. C'est du délire pur et simple d'imaginer que la France sortirait tout d'un coup de la mondialisation, échafauderait des barrières, demanderait à ses ressortissants de choisir entre leurs racines. Tout cela est d'une stupidité totale et ne va pas dans le sens de l'Histoire.
Roselyne FEBVRE.- Vous êtes première adjointe au maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a d'ores et déjà annoncé qu'il ne postulerait pas à un troisième mandat. Nous sommes en démocratie, il n'y a donc pas de dauphine mais disons que vous êtes l'héritière. Maire de Paris, est-ce que c'est quelque chose à quoi vous pensez tous les matins en vous coiffant ?
Anne HIDALGO.- Les élections municipales auront lieu en 2014. La présidentielle aura lieu avant.
Roselyne FEBVRE.- Certes mais, en ce moment, on en parle autant que de 2012.
Anne HIDALGO.- C'est vrai. Dans la rue, certains me disent : « Alors, c'est quand ? » Ils ont l'impression que c'est demain mais c'est tout de même en 2014. Bertrand Delanoë est maire jusqu'en 2014 et il assume pleinement son mandat. Moi, Paris est une ville qui me passionne. J'y ai planté mes racines, je m'y sens bien, j'ai envie de continuer à travailler pour Paris. Le moment des municipales viendra mais, bien sûr, Paris est une ville qui me plaît, qui m'intéresse. C'est ma ville. Sacha Guitry disait : « On ne naît pas parisien, on renaît à Paris. » Je crois que Paris est une ville qui va bien à des gens qui aiment le monde, qui sont curieux aussi de toutes les influences qui font la grandeur de la France.
Roselyne FEBVRE.- Alors on demande très souvent à Martine Aubry si elle a envie d'être candidate. Et vous, vous avez envie d'être maire de Paris ?
Anne HIDALGO.- Je ne le dirais pas comme ça. Pour Martine Aubry comme pour un certain nombre de femmes en politique, j'ai eu cette phrase il n'y a pas longtemps : je pense que, en politique, l'envie ne se manifeste pas de la même façon pour les hommes et pour les femmes. J'entends parfois des hommes dire : « Je veux, c'est pour moi, c'est mon destin, c'est ma vie. » Les femmes - peut-être parce que nous avons une autre approche, une autre expérience de la vie politique - se posent beaucoup la question de leur utilité. Si, en 2014, je suis effectivement utile pour que la gauche, pour qu'une équipe progressiste reste...
Roselyne FEBVRE.- En quoi une femme peut-elle être plus utile en politique ? On a vu ce débat, qui a été un peu le corollaire de l'affaire DSK : les machos, la toute-puissance du mâle qui se permet de faire des réflexions etc. En politique, est-ce qu'une femme apporte quelque chose de plus doux ou est-ce qu'une femme est un homme politique ?
Anne HIDALGO.- Moi, je n'ai jamais été essentialiste. Je ne dis pas : « Les femmes sont meilleures que les hommes, c'est pour ça qu'il faut plus de femmes. »
Roselyne FEBVRE.- Qu'est-ce qu'elles apportent ?
Anne HIDALGO.- En revanche, je pense qu'une société doit être équilibrée, c'est-à-dire que les femmes ne doivent pas être reléguées au troisième et quatrième rangs. Elles doivent avoir toute leur place. Nous apportons sûrement une expérience différente parce que nous ne sommes pas venues à la politique de la même façon. Souvent les hommes sont arrivés en politique par l'appareil politique. Ils ont été dans les lieux de cooptation parce que c'est un milieu qui fonctionnait selon des codes très masculins et où les femmes n'étaient pas admises. On ne voit que très récemment arriver des femmes.
Roselyne FEBVRE.- Vous souffrez de ce machisme ?
Anne HIDALGO.- Je n'en souffre pas parce que je me défends mais il existe, c'est certain.
Roselyne FEBVRE.- Françoise de Panafieu, que vous connaissez bien et qui a longtemps été maire du XVIIe arrondissement, n'a jamais mis le mouchoir là-dessus. Elle a toujours expliqué qu'elle avait énormément souffert de ce machisme.
Anne HIDALGO.- En souffrir, c'est le subir sans réagir, or je n'ai pas l'habitude de subir sans réagir.
Roselyne FEBVRE.- Donc c'est une question de comportement personnel ?
Anne HIDALGO.- C'est une question de comportement qui est très présente. Par exemple, le machisme peut s'exprimer de différentes façons : sur votre tenue vestimentaire, la façon dont vous êtes qualifiée physiquement. Mais il s'exprime aussi d'une façon beaucoup plus sournoise. J'entends toujours le mot « crédibilité » lorsqu'on parle d'une femme politique, jamais d'un homme. On ne dira jamais d'un homme : « Il n'est pas crédible. » Comme si, par définition, le fait d'être de sexe masculin emportait la crédibilité. Donc il y a du boulot.
Roselyne FEBVRE.- Martine Aubry est-elle crédible ?
Anne HIDALGO.- Ah, très ! Oui !
Roselyne FEBVRE.- Vous n'alliez pas me dire non !
Anne HIDALGO.- Je le pense sincèrement.
Roselyne FEBVRE.- Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Elle a disparu ! François Hollande avait commencé à monter. Aujourd'hui, il fait la une des magazines. On ne voit que lui ! Du côté de Martine Aubry, silence radio pour l'instant. Que se passe-t-il ?
Anne HIDALGO.- Martine Aubry est présente dans sa fonction de première secrétaire du Parti socialiste.
Roselyne FEBVRE.- On dit qu'elle est beaucoup trop souvent à Lille.
Anne HIDALGO.- Non. En tous les cas, aujourd'hui, certains disent qu'on la voit trop, donc... Moi, je pense que Martine a fait un travail assez exceptionnel au sein du PS. Elle a rassemblé le PS d'abord et elle continue son travail de rassemblement de la gauche. Elle a fait voter le projet du PS à l'unanimité, ce qui ne s'était jamais vu. Cela veut dire qu'il y a eu un processus de travail très, très fort en amont. Et puis elle a défini un calendrier, donc attendons.
Roselyne FEBVRE.- Elle y va ?
Anne HIDALGO.- Je le souhaite vraiment mais c'est elle qui fera les annonces qu'elle a à faire le moment venu.
Roselyne FEBVRE.- Mais elle a envie d'y aller ?
Anne HIDALGO.- C'est ce que je vous disais tout à l'heure sur l'expression d'une envie. Les femmes - Martine Aubry en l'occurrence - se posent sans doute plus la question de leur utilité. Mais, comme beaucoup autour d'elle - et elle-même - peuvent avoir ce sentiment d'utilité, je souhaite vraiment qu'elle soit candidate.
Roselyne FEBVRE.- On a l'impression que Ségolène Royal chausse les crampons. Elle a envie d'y retourner ?
Anne HIDALGO.- Ségolène Royal est candidate à la primaire socialiste. Elle est légitime pour le faire. Chacun est conscient de la responsabilité que nous avons. Je sens beaucoup plus d'envie aussi des citoyens de participer à cette primaire. Les choses ont beaucoup bougé, même en une semaine de temps. Les citoyens - et non les élus ou les militants PS - départageront les candidats, ce qui est une grande avancée démocratique.
Roselyne FEBVRE.- On sait que vous soutenez Martine Aubry. En deux mots, les qualités de François Hollande ? Ses défauts ?
Anne HIDALGO.- Il a plein de qualités aussi. D'abord, il est socialiste. Il a longtemps été premier secrétaire. J'ai été secrétaire nationale auprès de lui.
Roselyne FEBVRE.- C'est justement ce qu'on lui reproche aujourd'hui : sa gestion du PS.
Anne HIDALGO.- Je ne suis pas là pour distribuer des bons points et des mauvais points. J'ai vraiment envie qu'une femme avec la force et la solidité de Martine Aubry puisse accéder à la fonction suprême et je ferai tout...
Roselyne FEBVRE.- Les défauts de François Hollande ?
Anne HIDALGO.- Chacun a les défauts de ses qualités. C'est un homme que j'aime bien, donc je ne vais pas faire le tableau de ses défauts.
Roselyne FEBVRE.- Bon. Vous ne vous en sortez pas mal. Vous partez où en vacances cet été ?
Anne HIDALGO.- C'est assez traditionnel pour moi mais je pars en Andalousie.
Roselyne FEBVRE.- En Espagne. Forcément. Je vous pose cette question parce que les vacances des politiques - c'est à la fois un problème et ce n'en est pas un, heureusement pour eux - approchent et c'est de plus en plus stratégique. Soumaya Benaïssa, qui lit chaque semaine un livre politique, va nous parler des vacances.
Soumaya BENAISSA.- Tout à fait.
Roselyne FEBVRE.- Mais pas au sens où on l'entend.
Soumaya BENAISSA.- C'est en effet de plus en plus stratégique, surtout après le fiasco des dernières vacances hivernales - François Fillon en Egypte et Michèle Alliot-Marie en Tunisie dans le contexte de ce que l'on appelle désormais les révoltes arabes - qui a abouti à l'éviction de Michèle Alliot-Marie et qui a abouti surtout à ce que Nicolas Sarkozy tente d'imposer une éthique de vacances. Il exhorte désormais ses ministres...
Roselyne FEBVRE.- ... à rester en France.
Soumaya BENAISSA.- ... à inscrire la France au sommet de leurs choix de destinations de vacances. Autant vous dire que les prochaines vacances seront observées à la loupe, ce qui accrédite la thèse selon laquelle les vacances sont de plus en plus stratégiques. C'est aussi la thèse que défendent donc Jérôme Chapuis et Yaël Goosz dans Les Etés meurtriers, les politiques ne partent jamais en vacances. Un livre très documenté. Ils ne prennent jamais de vacances. Pourquoi ? Parce qu'on s'aperçoit que la pause estivale raccourcit depuis...
Roselyne FEBVRE.- Rappelez-vous la canicule !
Soumaya BENAISSA.- D'ailleurs c'est le véritable tournant : une crise sanitaire et sociale qui se transforme en crise politique puisque le gouvernement a brillé par son absence. Qui ne se souvient pas du discours de Nicolas Sarkozy le 30 juillet à Grenoble ? Certainement l'un des plus controversés de son quinquennat. Du silence tonitruant de Martine Aubry ? Vous en parliez. Là, il est dit qu'il était clairement stratégique afin de ne tomber ni dans le laxisme ni dans la surenchère. S'agissant du Parti socialiste, c'est le pacte de Marrakech avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn comme protagonistes principaux. Après l'échec des élections européennes, Martine Aubry rassemble son clan pendant l'été 2009 pour préparer les primaires. Pendant l'été 2010, François Hollande affiche son ambition présidentielle en perdant du poids. C'est plus anecdotique mais ça a fait beaucoup parler. Et l'été prochain risque d'être très, très chaud puisque la date de clôture des candidatures aux primaires socialistes est fixée au 13 juillet. Autant dire que celui qui s'effacera pendant les vacances risquera de laisser la place à celui qui sacrifiera les siennes.
Roselyne FEBVRE.- Pour Martine Aubry, l'été va être sérieux ? Travailleur ?
Anne HIDALGO.- L'été de tous les responsables politiques sera assez court. En plus nous sommes connectés en permanence, même en été. Nous sommes toujours reliés...
Roselyne FEBVRE.- Vous ne décrochez jamais. Vous vous reposez rarement, non ?
Anne HIDALGO.- J'essaie de décrocher. Il est vrai que le fait de partir en Andalousie, de me mettre dans un espace où je me ressource est quelque chose d'important. Je pense qu'il faut que chacun puisse se ressourcer. Il est vrai que cet été, qui précède la présidentielle, sera tout de même particulier. Je ne sais pas s'il sera animé mais il sera très particulier.
Roselyne FEBVRE.- Merci Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, peut-être future maire de Paris. En tout cas vous en avez les ambitions.
Anne HIDALGO.- La démocratie tranche.
Roselyne FEBVRE.- Nous n'avons pas parlé de la bataille à droite. Nous n'avons pas eu le temps.
Anne HIDALGO.- Je crois que ça se passe de commentaires.
Roselyne FEBVRE.- Ça se passe de commentaires ? Soumaya, le titre de ce livre ?
Soumaya BENAISSA.- Les Etés meurtriers, les politiques ne prennent jamais de vacances aux éditions Plon.
Roselyne FEBVRE.- De nos confrères Jérôme Chapuis et Yaël Goosz.
Soumaya BENAISSA.- Voilà. Très documenté.
Roselyne FEBVRE.- Merci. Merci à toutes les deux.
Anne HIDALGO.- Merci à vous.
Roselyne FEBVRE.- On se retrouve dans quelques instants dans « Politique » avec deux autres invités. Merci.

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