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Moyen-orient

Le discours d'Al-Assad provoque colère et inquiétude chez les réfugiés syriens

Vidéo par Chawki MALEK , Julien SAUVAGET , Jérôme BASTION , Eve IRVINE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/06/2011

Ces dernières semaines, quelque 11.000 Syriens auraient fui vers la Turquie pour échapper à la répression du mouvement de contestation. Reportage à la frontière turco-syrienne, où réfugiés et dissidents s’organisent.

Les réfugiés syriens continuent d'affluer à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Ils seraient déjà près de 11 000, selon des sources officielles turques, à s’abriter sous des tentes de fortune plantées dans de grands vergers. Le camp dans lequel les envoyés spéciaux de FRANCE 24 ont pu se rendre est situé en territoire syrien, mais les réfugiés qui s'y entassent ont hissé un drapeau turc, dans l’espoir de semer le trouble dans l’esprit des soldats de Bachar al-Assad s'ils parviennent jusque-là.

Lundi, les hommes du camp se sont rassemblés autour d’un petit poste de télévision pour suivre avec attention la retransmission du discours du chef de l'État, le troisième depuis le début du mouvement de contestation du régime, il y a trois mois. Les annonces faites par le président syrien - la fin de l’hégémonie du parti Baas et sa détermination à faire cesser le "chaos" de la contestation -, sont accueillies aux cris de "menteur, menteur".

"Nous n'avons nulle part où aller"

Un réfugié laisse ainsi éclater sa colère : "Ma réaction est la même que celle de tous les Syriens. Il n'y a rien de nouveau dans ce discours. Il n'y a rien de concret dans ces mots". Comme beaucoup de réfugiés, celui-ci est furieux, mais aussi effrayé. La grande majorité des personnes qui acceptent de témoigner préfèrent le faire anonymement.

En acceptant de parler à visage découvert, Jamil Saïeb fait, lui, figure d'exception. Cet économiste de 45 ans tente d’unifier l’opposition syrienne. Il est le porte-parole d’un groupe d'opposants : "Nous voulons unifier l'opposition syrienne parce que, pour le moment, elle est divisée. Nous voulons nous réunir et former un Conseil national pour donner une légitimité à la révolution..."

Pendant ce temps, les réfugiés continuent d’arriver et les situations d’urgence se multiplient : "Mes enfants sont tous malades, tout comme ma femme. Nous n'avons pas de maison, nulle part où aller et nous ne pouvons pas rentrer chez nous", explique un homme, un enfant sur la hanche. "Tous disent que s’ils rentrent chez eux, ils se feront tuer", rapporte Julien Sauvaget, l'un des envoyés spéciaux de FRANCE 24 à la frontière turque.

S’ils sont trop effrayés pour rentrer chez eux, la plupart des réfugiés syriens qui ont pris la direction de la Turquie ne sont cependant pas encore prêts à abandonner leur pays. "Beaucoup restent en Syrie parce qu’ils ont peur de ne jamais pouvoir y revenir", conclut Julien Sauvaget.

Première publication : 21/06/2011

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