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Asie - pacifique

L'ouverture de négociations avec les Taliban ne fait pas l'unanimité au sein de la population

Texte par Leela JACINTO

Dernière modification : 22/06/2011

Alors que Barack Obama s’apprête à annoncer le début du retrait des troupes américaines d’Afghanistan, Washington vient de confirmer la tenue de pourparlers avec les Taliban. Une initiative qui ne fait pas l'unanimité dans le pays, loin s'en faut...

Au lendemain de l’annonce du président afghan Hamid Karzaï qui a affirmé, pour la première fois la semaine dernière, que les États-Unis avaient ouvert des pourparlers de paix avec les Taliban, un attentat sanglant contre un poste de police situé à deux pas du palais présidentiel a mis fin à un mois d’accalmie dans le pays.

L’attaque est survenue alors que le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, confirmait l’information donnée par Karzaï, reconnaissant effectivement que Washington était engagé dans des discussions "préliminaires" avec les Taliban.

Parler de paix tout en faisant la guerre n’est pas une stratégie nouvelle dans le conflit afghan, même si elle a de nouveau le vent en poupe depuis qu'Hamid Karzaï a créé l'an dernier un Haut conseil pour la Paix destiné à encadrer l’ouverture de négociations.

Reste que des voix s'élèvent aujourd'hui dans le pays - notamment au sein des minorités ethniques et des militants de la société civile - pour exprimer la crainte que suscite chez eux ces discussions.

"Il y a dix ans, la communauté internationale s’était engagée auprès de l’Afghanistan à détruire le terrorisme", explique Ahmad Wali Massoud, ancien ambassadeur d'Afghanistan au Royaume-Uni et frère du commandant Ahmad Shah Massoud, héros de la résistance afghane assassiné par Al-Qaïda deux jours avant les attentats du 11-Septembre.

"Dix ans plus tard, les États-Unis participent à des discussions secrètes avec les Taliban. On est donc en droit de se poser la question : pourquoi les Américains sont-ils venus en Afghanistan ? Ils auraient pu passer un accord avec les Taliban à Bonn", poursuit celui-ci en faisant allusion aux rencontres qui s'étaient tenues en Allemagne peu de temps après les attentats contre New-York et Washington au cours desquelles avaient été jetées les bases de l’actuel État afghan.

"Mort aux Taliban, mort aux Penjabis"

Composés majoritairement de Pachtouns, les Taliban ont récemment essayé d’être plus rassembleurs dans leurs communiqués. Mais peu de non-Pachtouns les ont pris au mot.

Pour certains groupes ethniques - tels les Hazaras - opprimés sous le régime des Taliban, la perspective d’un accord avec les traditionnalistes sunnites est inquiétante.

"Les Hazaras suivent les récentes discussions portant sur la réconciliation avec les Taliban avec beaucoup d’intérêt et d’anxiété pour des raisons évidentes liées à leurs histoires respectives", déclare Niamatullah Ibrahimi, co-directeur de l’ONG Afghanistan Watch basée à Kaboul, par ailleurs spécialiste de la communauté hazara. Musulmans chiites, les Hazaras ont souffert de la violente répression que leur a infligée le régime taliban.

"Les Hazaras sont très inquiets. Ils craignent qu’un règlement négocié ne vienne mettre en péril les fondements de la Constitution actuelle, dont le plus important est que l’Afghanistan est un pays multiethnique", souligne Ibrahimi.

Selon lui pourtant, après 10 années de conflit, les Hazaras - comme beaucoup d'Afghans - sont prêts à donner une chance aux négociations de paix, à condition que la Constitution soit respectée...

 Mais ce n’est pas le cas de tous les Afghans. Le 5 mai, près de 15 000 personnes se sont ainsi rassemblées sur le parking de l’une des nombreuses salles des fêtes de Kaboul pour exprimer leur opposition au processus de réconciliation.

Organisé par l’ancien chef des services du renseignement afghan, Amrullah Saleh - un Tadjik qui fut naguère l'assistant du commandant Massoud -, le rassemblement a été massivement suivi par les populations du Nord, notamment de la province du Panshir, la région d’où sont originaires les Massoud.

Alors que Saleh a critiqué Karzaï pour avoir appeler les Taliban ses "frères", la foule a scandé des slogans tels que "Mort aux Taliban ! Mort aux kamikazes ! Mort aux Penjabis !", faisant écho à l'idée répandue selon laquelle les Taliban sont contrôlés par l’ISI, l’agence de renseignement pakistanaise, dominée par les Penjabis.

Les associations de défense des droits des femmes constituent, elles aussi, une autre frange de la société afghane farouchement opposée à toute négociation avec les Taliban.

"Je ne suis pas optimiste quant à ces discussions avec les Taliban. Je pense qu’il y a trop de questions qui restent  en suspens", confie Orzala Ashraf, militante pour les droits des femmes afghanes, au magazine "New Internationalist". Sous le régime taliban, celle-ci dirigeait un programme clandestin d’alphabétisation des femmes.

Selon Ashraf, négocier avec les Taliban "n’est pas seulement une trahison envers les femmes d’Afghanistan. C’est aussi un effort inutile qui n’aboutira pas à une paix réelle".

Le Conseil pour la paix des "seigneurs de guerre"

Toutefois, ce n’est pas tant le bien-fondé des discussions que la manière dont elles sont menées - et par qui - qui inquiète l’opposition et la société civile.

"Je n’y crois pas parce que la méthode est mauvaise. Des discussions secrètes, ce n’est pas la bonne solution. Si vous voulez passer un accord, il faut qu'elles soient transparentes et qu'elles se déroulent à une échelle nationale", estime Massoud. "Qui plus est, le gouvernement afghan n’est pas en position de force pour traiter avec les Taliban. Il est faible, corrompu, ne fonctionne pas et ne bénéficie pas de la confiance du peuple afghan", ajoute-t-il.

Parmi les quelque 70 membres du Conseil pour la Paix, qui a été surnommé "Conseil pour la paix des seigneurs de guerre", figurent en outre un certain nombre de personnalités divisées depuis une guerre fratricide qui a fait rage après le retrait soviétique de 1989. Leur participation à l'instance laisse craindre que tout accord négocié avec les Taliban équivale en fait à de petits arrangements entre amis.

"Personnellement, si nous avançions dans la bonne direction, je dirais que le sacrifice de mon frère pour la nation n’a pas été vain, déclare Massoud. Mais nous savons que cela ne donnera aucun résultat."

À cela s'ajoute enfin le fait que les Américains ont leur propre intérêt politique dans la mise en place de ces négociations, relève encore Massoud. " Obama veut obtenir des résultats avant l'élection [présidentielle américaine] de 2012, affirme-il. Mais je ne vois vraiment pas comment il peut y avoir une paix durable avec les Taliban."

Première publication : 22/06/2011

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