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Afrique

Les États membres de l'Otan rattrapés par la bataille de l'opinion

Texte par Perrine MOUTERDE

Dernière modification : 23/06/2011

Le conflit en Libye entre dans son quatrième mois sans que les troupes de l'Otan soient en mesure de dire quand cesseront les opérations. Par-delà la crainte de l'enlisement, s'impose dans les débats le coût de cet engagement.

Plus de trois mois après le vote, par le Conseil de sécurité de l'ONU, de la résolution 1973 autorisant la communauté internationale à employer la force en Libye "pour protéger la population civile et pour faire cesser les hostilités", Mouammar Kadhafi ne semble toujours pas décidé à quitter le pouvoir. En première ligne sur le terrain libyen, où ils font face à une résistance inattendue de la part du régime, les gouvernements occidentaux doivent progressivement s'engager sur un nouveau front : il s'agit pour eux de ne pas perdre, désormais, la bataille de l'opinion publique.

Sur les 28 pays de l'Alliance atlantique, qui a décidé le 1er juin de poursuivre son intervention jusqu'à fin septembre, seuls huit pays participent effectivement aux opérations militaires. La France et le Royaume-Uni assurent l'essentiel des frappes aériennes avec le soutien, à des degrés divers, de l'Italie, des États-Unis, de la Norvège, du Danemark, de la Belgique et du Canada.

Combien coûtent ces opérations militaires ? Pour quels résultats ? Quand prendront-elles fin ? Tour d'horizon des questions auxquelles ces États vont bientôt devoir répondre.

 

  • FRANCE :

- Le coût : Un million d'euros par jour. C'est, selon le ministère de la Défense, le surcoût quotidien pour les armées françaises engendré, depuis le 19 mars, par l'opération Harmattan. Un surcoût qui comprend les soldes des militaires basés en Crète, majorées pendant les opérations extérieures, mais surtout le remplacement des munitions de précision utilisées pendant les frappes. Les missiles air-sol Scalp, par exemple, dont 11 unités ont été tirées, coûtent plus de 500 000 euros pièce. À plus long terme, cet engagement devrait entraîner d'autres dépenses de maintenance destinées à "régénérer", comme il est d'usage de le dire dans le jargon militaire, des équipements "sur-utilisés" au cours des derniers mois, tels que le porte-avions Charles-de-Gaulle.

À l'automne 2010, une enveloppe annuelle de 630 millions d'euros a été votée pour financer les Opérations extérieures (Opex) françaises. Outre la Libye, Paris est notamment engagé en Afghanistan et en Côte d'Ivoire dans le cadre ses engagements internationaux. "Tout dépassement des Opex par rapport à la prévision n'est pas à la charge de la Défense", a affirmé mardi le ministre de la Défense, Gérard Longuet. En cas de dépassement de ce budget, il revient au gouvernement de trouver de nouvelles ressources financières.

- Le débat : Il aura lieu le 12 juillet, à l'Assemblée nationale, et sera suivi d'un vote. Comme prévu par l'article 35 de la Constitution, le gouvernement doit soumettre la prolongation d'un conflit au Parlement lorsque celui-ci dure depuis plus de quatre mois. Si Mouammar Kadhafi ne quitte pas le pouvoir au cours des prochaines semaines, les députés doivent donc décider de la poursuite (ou non) de l'engagement des forces françaises en Libye. Le consensus sur la nécessité d'intervenir semble pour l'instant prévaloir au sein de la classe politique.

 

  • ROYAUME-UNI :

- Le coût : Le gouvernement doit annoncer ce jeudi que les opérations en Libye ont coûté au pays 200 millions de livres, rapporte le "Guardian". Des économistes spécialistes de la défense avancent toutefois le chiffre d'un milliard de livres, si la campagne se poursuit jusqu'à l'automne. 

"La campagne coûte des dizaines de millions [de livres], potentiellement des centaines de millions comme elle se poursuit, mais cet argent vient des réserves que nous avons mises de côté, précisément pour de telles éventualités", avait indiqué dimanche le secrétaire d'État au Trésor, Danny Alexander, interviewé par Sky News. Le ministre des Finances, George Osborne, n'a depuis pas souhaité confirmer ces chiffres. Il avait annoncé, en mars, un engagement "modeste" du Royaume-Uni en Libye, qui devait coûter "des dizaines, mais pas des centaines" de millions de livres.

- Le débat : L'armée a les moyens de poursuivre sa mission en Libye "aussi longtemps qu'il le faudra". Irrité par les critiques, le Premier ministre David Cameron a réaffirmé mardi que le Royaume-Uni tiendrait le cap. Le numéro deux de la Royal Air Force, le général Simon Bryant, a estimé mardi que les ressources des forces aériennes étaient soumises à une "énorme pression". Le chef de la Royal Navy, l'amiral Mark Stanhope, a lui affirmé le 13 juin que Londres devrait "revoir ses priorités" si l'opération Ellamy durait plus de six mois. "Le gouvernement doit être plus transparent sur les coûts" de l'opération, a en tout cas réclamé le secrétaire à la Défense et membre de l'opposition, Jim Murphy.

 

  • ITALIE :

- Le coût : Rome assure, avec Paris et Londres, l'essentiel des frappes aériennes. Si aucun chiffre officiel n'a été annoncé, ses dépenses doivent avoisiner celles de Paris ou de Londres.

- Le débat : Rome a appelé mercredi, par la voix de son chef de la diplomatie, Franco Frattini, à "une suspension immédiate des hostilités", non pas pour des raisons financières, mais humanitaires. Franco Frattini réclame une suspension des actions armées pour permettre "une aide immédiate" à la population et "l'accès à des localités isolées dans lesquelles la situation humanitaire est dramatique". Cet appel intervient après que l'Otan a reconnu deux bavures, dont l'une ayant fait au moins 9 victimes civiles.

Plusieurs personnalités, dont le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, haut dirigeant de la Ligue du Nord, ont déjà appelé à un arrêt des raids en Libye. Les financements italiens devraient "plutôt servir à développer la démocratie", a-t-il indiqué.

Un Conseil suprême de défense visant à faire le point sur les interventions italiennes à l'étranger est prévu le 6 juillet à Rome.

 

  • ÉTATS-UNIS :

- Le coût : Dans un rapport remis au Congrès pour justifier son intervention en Libye, et publié par le "New York Times", la Maison Blanche estime qu'au 3 juin, la Défense a dépensé 713,6 millions de dollars pour financer les opérations militaires en Libye. Fin septembre, au terme du second mandat de l'Otan en Libye, Washington estime que son soutien aura coûté 1,1 milliard de dollars. Le rapport affirme que ces frais seront entièrement couverts par le budget du ministère de la Défense.

Un extrait du rapport publié par la Maison blanche pour justifer son intervention en Libye.

- Le débat : Il fait rage au Congrès américain. De nombreux élus, y compris démocrates, reprochent au président Obama de ne pas avoir sollicité leur feu vert avant de prendre part aux opérations, en mars. Deux projets de résolution, l'un autorisant une action "limitée" en Libye, et l'autre appelant au retrait des unités de combats du théâtre des opérations, devraient être discutés cette semaine à la Chambre. Celle-ci pourrait également interdire l'utilisation de fonds pour ce conflit.

 

  • NORVÈGE :

- Le coût : Le ministère de la Défense doit demander au Parlement, d'ici fin juin, de débloquer 47 millions de dollars destinés à couvrir les frais de l'opération en Libye. Un montant bien plus élevé qu'estimé initialement (13 millions de dollars).

- Le débat : La Norvège a fait savoir le 13 juin qu'elle allait prochainement réduire son engagement en Libye - quatre chasseurs F-16, et non plus six, vont continuer à contribuer aux frappes - avant d'y mettre fin à compter du 1er août. "Nos alliés peuvent comprendre qu'avec une si petite force aérienne, nous ne pouvons maintenir une contribution militaire sur une période prolongée", a indiqué le ministre de la Défense, Grete Faremo. Avec cette annonce, ce pays scandinave devient le premier État à planifier son retrait de la coalition engagée sur le terrain libyen.

 

  • DANEMARK :

- Le coût : Le pays dépense entre 15 et 16 millions de dollars par mois pour ses opérations en Libye, sans compter le remplacement des munitions utilisées, estime le site Defense News. Des dépenses qui pourraient, à long terme, grever le budget de la Défense (4,4 milliards de dollars pour 2011).

- Le débat : "Nous nous sommes engagés dans cette opération libyenne en connaissance de cause et nous savions que cela allait nous coûter de l'argent", a rappelé récemment le ministre des Affaires étrangères, Lene Espersen. Le Danemark pourrait toutefois, à l'instar de la Norvège, revoir son engagement à la baisse au cours des prochains mois.

 

  • CANADA :

- Le coût : Selon le ministre de la Défense, Peter MacKay, la mission militaire en Libye avait coûté, début juin, 26 millions de dollars. Un montant qui pourrait au moins doubler si elle était prolongée jusqu'à l'automne.

- Le débat : La Chambres des communes a adopté, le 15 juin, une motion prolongeant de trois mois et demi la contribution canadienne à la mission de l'Otan.

 (Article mis à jour le jeudi 23 juin, à 9h30)

Première publication : 22/06/2011

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