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Economie

Le G20 agricole se met d'accord pour limiter la volatilité des prix

Texte par Dépêche

Dernière modification : 23/06/2011

Les pays du G20 sont arrivés à s'entendre sur cinq mesures pour améliorer la coordination des politiques agricoles. Ils demandent néanmoins à leurs ministres des Finances de trouver les mesures appropriées pour une meilleure régulation du marché.

AFP - Les vingt économies les plus puissantes de la planète ont trouvé jeudi à Paris un accord "historique" sur un plan d'actions pour lutter contre la volatilité des prix agricoles, a déclaré le ministre français de l'Agriculture, Bruno Le Maire, dont le pays préside le G20.

"Aujourd'hui est un grand jour, nous sommes parvenus à un accord historique", s'est félicité M. Le Maire, à l'issue de ce G20 agricole, premier du genre. "C'est un tour de force pour la communauté internationale", a-t-il ajouté, assurant que cet accord contenait des "mesures concrètes" loin des "déclarations de principe".

Son homologue américain Tom Vilsack s'était félicité peu auparavant du "consensus" obtenu par les ministres du G20.

"Le consensus obtenu aujourd'hui par les ministres de l'Agriculture est une unité historique pour résoudre les défis pressants de la faim et de la volatilité des prix des denrées alimentaires", a affirmé M. Vilsack dans une déclaration écrite remise à la presse.

La France a proposé un plan d'actions, fondé sur cinq "piliers": réinvestir dans l'agriculture mondiale pour "produire plus et mieux", accroître la transparence des marchés, améliorer la coordination internationale pour prévenir et gérer les crises et réguler les marchés de dérivés de matières premières agricoles.

Les ministres ont ainsi décidé d'augmenter la production agricole mondiale , en cherchant par exemple à améliorer la productivité en ce qui concerne le blé, selon le texte de cet accord, qui reste toutefois prudent sur les sujets les plus polémiques.

Sur la transparence des stocks, dont l'Inde et la Chine se méfiaient considérant que ces informations étaient statégiques, le G20 va se contenter de mettre en place un système d'informations sur les marchés, baptisé AMIS, hébergé au sein de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

Cette base de données vise "à encourager" les pays à "partager leurs données" et à améliorer les systèmes d'information existant" sans toutefois prévoir de mesure coercitive.

Mercredi soir, le président français Nicolas Sarkozy avait défendu une plus grande régulation des marchés agricoles, un des chevaux de bataille de la présidence française du G20.

"Un marché qui n'est pas régulé n'est pas un marché mais une loterie où la fortune sourit aux plus cyniques", avait-il jugé.

Mais l'accord adopté jeudi reste très prudent, se contentant d'"encourager fortement les ministres des Finances du G20 à prendre les mesures appropriées pour une meilleure régulation", selon la déclaration finale de ce G20 agricole.

Pour Paris, la situation était pourtant urgente après les émeutes de la faim de 2007 et 2008.

Ces derniers mois, les cours des céréales se sont encore envolés sur les marchés mondiaux. Quelque 900 millions de personnes souffrent aujourd'hui de malnutrition.

Or, "pour nourrir une population mondiale qui devrait dépasser neuf milliards d'habitants en 2050, la production agricole devra augmenter de 70% d'ici là", indique sur ce point la déclaration finale des ministres du G20.

Mais, selon un rapport conjoint de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et de l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), la production agricole mondiale ne devrait augmenter que de 1,7% par an en moyenne sur la période 2011-2020, contre 2,6% lors de la dernière décennie.

Un point autre point essentiel, du point de vue de certaines Organisations non gouvernementales (ONG) et pour la FAO, a été laissé de côté par cet accord: la question des biocarburants (éthanol et biodiesel), souvent accusés d'être l'un des facteurs de la hausse des prix de certains produits agricoles, comme le maïs ou la canne à sucre.

Sur ce point "le sujet n'est pas mûr", avait fait valoir M. Le Maire qui n'a pas voulu "multiplier les sujets d'affrontement".
 

Première publication : 23/06/2011

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