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FRANCE

Le "cerveau" présumé des fuites du bac S a été placé en garde à vue

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/06/2011

La police a procédé à une quatrième arrestation dans le cadre de l'enquête sur les fuites d'un sujet du bac scientifique. L'homme placé en garde à vue est soupçonné d'être le cerveau de l'affaire.

AFP - L'enquête sur la fuite d'un sujet de mathématiques du bac S avançait à grands pas vendredi avec plusieurs gardes à vue, et la contestation s'amplifiait contre la décision du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, d'annuler l'exercice litigieux.
              
Lundi soir, une photographie de l'un des quatre exercices de mathématiques du bac S avait été mise sur internet, à la veille de l'épreuve passée par 165.000 lycéens.
              
Face à cet événement rarissime ébranlant l'examen symbole en France, M. Chatel a porté plainte et l'enquête progresse rapidement.
              
Vendredi midi, un quatrième jeune, soupçonné d'être le principal responsable des fuites, a été placé en garde à vue, alors que la police a relâché l'un des trois premiers interpellés, l'aîné de deux frères.
              
La garde à vue des trois jeunes toujours interrogés va être prolongée de 24 heures jusqu'à samedi à la mi-journée, quand ils pourraient être présentés à un juge d'instruction, car une information judiciaire pour "fraudes aux examens, vol, recel et violation de secrets" devrait être ouverte, selon une source judiciaire.
              
Jeudi soir, après l'interpellation des deux frères de 21 et 25 ans, "une personne, l'informateur, s'est présentée spontanément à la police en indiquant qu'il avait, la veille de l'épreuve, surpris devant son lycée parisien, un lycéen qui se vantait d'avoir l'épreuve de mathématiques du lendemain", a expliqué Jean Quintard, procureur général adjoint du parquet de Paris.
              
Deux heures plus tard, cet "informateur" recevait, par mms, la photographie de l'exercice qu'il a transmise au frère cadet qui l'a mise en ligne.
              
Les enquêteurs vont maintenant s'attacher à rechercher la "personne dépositaire de l'épreuve" à l'origine de la fuite et qui, selon M. Quintard, "a commis la faute la plus grave".
              
La meilleure amie du plus jeune frère a assuré sur Europe 1 que ce dernier "ne pensait pas que ça prendrait cette ampleur". "C'est parti d'un imprimeur qui a fait rentrer (ndlr : dans l'atelier) à la pause déjeuner un ami pour lui montrer le sujet", a affirmé la jeune fille de 19 ans. "Cet ami a pris en photo la première chose qu'il pouvait prendre, il l'a fait tourner à sa classe et de personne en personne, c'est arrivé à lui (son ami)".
              
La fuite révélée, M. Chatel a décidé mercredi d'annuler l'exercice litigieux, une décision objet d'une contestation croissante.
              
La fuite ayant eu probablement un "impact très limité", selon M. Chatel, les lycéens estiment que la décision pénalise la majorité d'entre eux et qu'elle a été prise "sans concertation, et en urgence".
              
Les résultats du bac devant être rendus le 5 juillet, le différend est rapidement venu sur le terrain de la justice.
              
Vendredi, les parents d'une lycéenne de terminale S ont saisi le tribunal administratif (TA) de Paris et l'audience aura lieu le 30 juin à 11h30. La veille, un lycéen de La Rochelle avait saisi le TA de Poitiers.
              
En outre, une délégation d'élèves et de parents devait porter vendredi au ministère une pétition de 15.000 signatures demandant à M. Chatel de revenir sur sa décision. A défaut, ils disent envisager de "saisir le médiateur de l'Education nationale puis éventuellement d'engager un recours au tribunal administratif".
              
Aussi opposée à la décision, l'Association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (APMEP) juge qu'il est encore temps de refaire passer l'exercice en une heure, mardi ou mercredi.
              
Au PS, Bruno Julliard a dénoncé "les cafouillages" autour du bac, illustration selon lui de "l'appauvrissement" de l'Education nationale.
              
 

Première publication : 24/06/2011

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