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Economie

Comment les banques françaises comptent éviter une banqueroute grecque

Vidéo par Lise BARCELLINI

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 28/06/2011

Dans le cadre du plan de soutien de la Grèce, qui doit être finalisé cette semaine, l'Europe souhaite que le secteur bancaire participe à l'effort de sauvetage. Revue de détails du plan proposé par les banques françaises.

Les banques françaises ont accouché ce week-end d’un plan destiné à éviter une faillite de l’État grec, comme l’a confirmé, ce lundi, Nicolas Sarkozy, lors des questions qui ont suivi sa conférence de presse sur le grand emprunt. Ce programme "made in France" doit être soumis aujourd’hui au principal lobby mondial banquier, l’International Institute of Finance (IIF), qui se réunit à Rome pour plancher sur l’avenir de la Grèce.

Le temps commence en effet à manquer. L’Union européenne (UE) doit finaliser un nouveau plan de sauvetage de la Grèce le 3 juillet au plus tard. Et cette fois-ci, les États membres veulent que les créanciers – principalement les banques et les institutions financières internationales - participent à l’effort collectif pour éviter qu'Athènes ne puisse plus honorer ses dettes.

Si elles en acceptent le principe, les banques sont en revanche loin d’être d’accord sur les modalités de l’aide qu’elles pourraient apporter. Depuis la semaine dernière, les gouvernements et les acteurs du secteur financier de plusieurs pays échafaudent des scénarios susceptibles de recueillir un large consensus. Le plan français parviendra-t-il à  convaincre ? Éléments de réponse.

 

Que proposent les banques françaises ?

Leur plan consiste à rallonger la durée des prêts accordés à la Grèce. Dans ce scénario, Athènes n’aurait pas à rembourser une partie de ses dettes au bout de cinq ans, comme c’est le cas actuellement, mais au bout de 30 ans De quoi voir venir...

Dans le détail, le plan s’articule ainsi : Athènes rembourse les banques et ces dernières "re-prêtent" une partie de cet argent à la Grèce pour une durée de 30 ans. Une opération qui ne concerne que 50% de l’argent remboursé par les Hellènes. Quelque 20% seront en revanche investis dans des placements plus sûrs, comme des bons émis par la Banque centrale européenne (BCE). Ce qui leur permet de mettre en place un filet de sécurité si par malheur la Grèce était malgré tout en faillite.


Que proposait l’Europe à ses banques ?

Le deal européen semble simple : les États demandent aux banques de renouveler pour une période de cinq ans les prêts accordés à la Grèce qui arrivent à échéance. En outre, les taux d’intérêt de ces prêts devraient être revus à la baisse afin d’en faciliter le remboursement.

Mais ce plan n’est pas du goût des banques. Pour elles, cela revient à reculer pour mieux sauter. Le secteur bancaire européen craint en effet que la Grèce ne puisse pas davantage rembourser dans cinq ans.

Du coup, les institutions financières demandent, en contrepartie, que l’Europe garantisse ces nouveaux prêts. Une condition qui a fait bondir plusieurs dirigeants européens, dont Angela Merkel. Pour la chancelière allemande, cela revient à faire assumer le remboursement aux contribuables européens.

Le plan des banques françaises à un double avantage : il allonge la durée du prêt permettant ainsi à la Grèce de se remettre à flot plus tranquillement, et il offre aux banques ces fameux 20% d’investissements "sûrs" qui leur garantissent de ne pas perdre trop d’argent en cas de défaut de paiement grec.

 

Pourquoi les banques acceptent-elles de participer au sauvetage de la Grèce ?

À plusieurs reprises, l’Europe a fait appel aux banques, leur rappelant qu’une faillite de l’État grec ne serait pas bon pour leurs affaires. Ce n’est, en effet, pas par philanthropie que le secteur bancaire accepte d’aider. À titre d’exemple, les banques allemandes détiennent, selon la Bundesbank, 10 milliards d’euros de bons du trésor grecs, tandis que leurs homologues françaises ont dans leurs caisses 15 milliards d’euros de dettes grecques, selon, cette fois, la Banque de règlement internationaux.

Première publication : 27/06/2011

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