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Asie - pacifique

Les journalistes français Ghesquière et Taponier attendus à Paris

©

Vidéo par Pierrick LEURENT

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 30/06/2011

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, les deux journalistes de France 3 qui avaient été enlevés en décembre 2009 en Afghanistan, ont été libérés après 547 jours de captivité. L'Élysée nie avoir versé une rançon.

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, les deux journalistes de France 3 retenus en otage par des Taliban depuis un an et demi en Afghanistan, ont été libérés, ce mercredi. Ils avaient été enlevés le 30 décembre 2009 à 60 km de Kaboul, dans la province de Kapisa, alors qu’ils tournaient un reportage pour le magazine "Pièces à conviction". Leurs trois accompagnateurs, capturés au même moment, ont également été libérés.

L’information a été annoncée aux familles des ex-otages à l'occasion d’un rassemblement en soutien aux deux journalistes organisé à Paris. Elle a été confirmée par le gouvernement. "Depuis quelques heures, nos otages français en Afghanistan se trouvent avec les forces françaises sur la base de Tagab. Ils sont en bonne santé", a déclaré le Premier ministre français, François Fillon. 

Hervé Ghesquière, 48 ans, et Stéphane Taponier, 49 ans, devraient arriver en France jeudi matin vers 8 heures. "C’est une joie immense, on se sent tous un peu plus libre aujourd’hui, a déclaré Florence Aubenas, marraine du comité de soutien aux deux journalistes, interrogée par FRANCE 24. Pour eux, c’est certainement une seconde naissance."

"Une explosion de joie nous a interrompu"

"On est soulagé, heureux, on attendait ça depuis un an et demi", a déclaré pour sa part Élise Lucet, journaliste à France 2, qui était présente à la manifestation organisée à Paris. "On va essayer de les aider du mieux qu’on peut pour la suite", a-t-elle ajouté avant de saluer le travail "des hommes qui ont œuvré dans l’ombre à leur libération".

Négociations difficiles

La détention d'Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier a duré près de 550 jours. Il s’agit de la plus longue prise en otage de journalistes français depuis 25 ans dans le monde. "C'est une libération complètement inattendue. On a eu le droit à tout au cours de ces 18 derniers mois, à des espoirs immenses comme à des déceptions", rappelle Matthieu Mabin, grand reporter à FRANCE 24, depuis le rassemblement de soutien. "On se souvient notamment des promesses de l’Élysée qui avait assuré qu’Hervé et Stéphane seraient libres pour le ramadan de 2010. Plusieurs mois plus tard, ils étaient toujours détenus." 

Retour sur l'enlèvement de Ghesquière et Taponier

Les autorités françaises ont rencontré de grandes difficultés dans les négociations avec les ravisseurs. La coopération avec l’État afghan a été difficile : dans un premier temps, Kaboul s’est montrée très réticente à donner des informations aux services de renseignements français. Mais dernièrement, les autorités afghanes ont été plus ouvertes à la coopération. 

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a affirmé que la France n'avait pas payé de rançon". Le chef de la diplomatie a ajouté, lors d'une brève déclaration à la presse, que le président afghan Hamid Karzaï avait beaucoup "aidé" à la libération de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes de la chaîne publique France 3. L’Élysée, de son côté, n’a rien dévoilé des négociations avec les preneurs d’otages.

La France verse-t-elle des rançons aux ravisseurs ?

"Si l’État français a accédé à des revendications du groupe d’insurgés qui détenait nos deux confrères, on n’en connaitra certainement jamais le contenu", estime Florence Aubenas. La libération de prisonniers taliban avait été évoquée l’année dernière, mais cette éventualité avait soulevé de violentes contestations au sein de la coalition militaire en Afghanistan, notamment de la part du général américain Petraeus, qui la dirige. 

Selon l’association Otages du monde, neuf Français sont encore retenus en otage à travers le monde. "Cette libération nous fait penser à tous les Français encore en otage au Sahel, en Somalie, au Yémen, a déclaré François Fillon. Nous allons œuvrer avec la même détermination pour les libérer."

547 jours de mobilisation pour libérer les otages

Première publication : 29/06/2011

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