Dernière modification : 30/06/2011 

- Liban - Rafic Hariri - Tribunal spécial pour le Liban


L'acte d'accusation dans l'affaire Hariri remis à Beyrouth

Un groupe d'experts du Tribunal spécial pour le Liban a remis au procureur l'acte d'accusation dans l'affaire de l'assassinat du dirigeant Rafic Hariri (photo) en 2005. Quatre suspects y sont désignés, dont l'un est membre du Hezbollah.

Par Claire BONNICHON (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Une délégation d'un tribunal de l'ONU a remis jeudi à Beyrouth l'acte d'accusation dans l'assassinat du dirigeant Rafic Hariri en 2005, une affaire qui divise le Liban et fait craindre une nouvelle flambée de violences.
              
"Selon nos informations, un groupe d'experts du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a remis aujourd'hui au procureur Saïd Mirza l'acte d'accusation dans cette affaire", a déclaré à l'AFP Farès Souaid, un responsable du camp de l'opposition dirigé par Saad Hariri, ex-Premier ministre et fils de Rafic.
              
Des proches du gouvernement du Premier ministre Najib Mikati ont confirmé la remise de cet acte d'accusation, très attendu et dont la teneur n'a pas été rendue publique.
              
Néanmoins selon des télévisions locales, quatre suspects sont désignés dans cet acte, contre lesquels des mandats d'arrêt ont été lancés par le TSL. L'une des chaînes a aussi affirmé qu'au moins l'un des suspects est un membre du puissant mouvement chiite du Hezbollah.
              
Mais il n'était pas possible de confirmer ces informations.
              
Le TSL, mis en place en 2007, est à l'origine de la crise qui a fait tomber en janvier dernier le gouvernement d'union de Saad Hariri après la démission des ministres du camp du Hezbollah qui a dit s'attendre à être pointé du doigt par le tribunal de l'ONU.
              
Le Hezbollah, un mouvement islamiste armé, est désormais majoritaire avec ses alliés dans le nouveau gouvernement Mikati qui devait annoncer jeudi le programme de politique générale de son cabinet incluant la position du Liban au sujet du TSL. Le parti chiite avait tenté, en vain, de faire pression sur M. Hariri pour qu'il désavoue le tribunal.
              
Aucun porte-parole du TSL à La Haye n'était joignable dans l'immédiat pour une réaction. Le règlement du tribunal prévoit que l'acte d'accusation peut rester confidentiel "en cas de circonstances exceptionnelles", à la demande du procureur ou de la défense.
              
Le tribunal de l'ONU est chargé d'identifier et de juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 dans un attentat au véhicule piégé à Beyrouth, au moment où le Liban était encore sous tutelle de la Syrie voisine.
              
Selon des experts, le Liban a désormais 30 jours pour exécuter les mandats  d'arrestation. Si les suspects ne sont pas arrêtés durant cette période, le TSL rendra public l'acte d'accusation et convoquera les suspects devant le tribunal.
              
Paris, Washington et l'ONU avaient exprimé leur inquiétude de la possibilité que le nouveau gouvernement ne cesse toute coopération avec le TSL. Ils avaient rappelé au cabinet Mikati ses "engagements internationaux", notamment concernant le financement du TSL, auquel Beyrouth participe à hauteur de 49%.
              
Le Liban est divisé au sujet du TSL, soutenu par le camp Hariri mais discrédité par le Hezbollah. Et une éventuelle accusation du Hezbollah dans l'assassinat du chef sunnite fait craindre des violences confessionnelles à l'image des heurts sanglants entre chiites et sunnites en 2008.

 

Commentaires (4)

Cet acte d'accusation n'a aucune chance

Pas besoin d’être un génie pour comprendre que cet acte d'accusation n'a aucune chance. Personne ne prendra le risque de faire redémarrer une guerre civil. En menaçant d'action violente toute personne tentée de réaliser l'acte d'accusation, avant même le publication de celui-ci, on voit bien que le Hezbollah se moque de la justice. La seule chance serait que ce parti tente de sauver la face en prétendant que les accusés ne sont pas membres du Hezbollah. Mais le plus probable sera de designer le bouc émissaire habituel, Israël bien sur, et personne ne viendra contester cette porte de sortie en prenant le risque de représailles: Le Capitaine Wissam Eid, courageux responsable de l'analyse téléphonique sur laquelle une grande partie de l'acte d'accusation repose, a été assassiné, c'est bien pratique et un avertissement claire à tout ceux qui auraient l’idée suicidaire de s'en prendre au Hezbollah. http://www.cbc.ca/news/world/story/2010/11/19/f-rfa-macdonald-lebanon-ha....

Ou comment politiser le TSL

Tiens comme par hasard, à peine le gouvernement formé et le TSL remet son acte d'accusation.
Ce gouvernement qui ne plait pas à l'Occident rappelons le !
L'occident veut le descréditer et foutre la merde dans le pays ! Certes on veut connaitre la vérité, mais on a l'impression que le TSL a été politisé! au départ on accusait la Syrie, puis quand les relations syro occidental se sont réchauffé on prefere accuser le Hezbollah. AU final on revient un peu vers la Syrie quand ça va mal dans leur pays ...
Pourquoi la piste Israélienne n'a jamais été évoqué. Car c'est le seul pays auquel l'assasinat de Hariri a profité ...

assassasinat de Rafic Hariri

Pourquoi est-ce un "Tribunal Spécial" de l'ONU qui porte cette plainte ? Qu'est-ce que ce "Tribunal Spécial" ? Pourquoi n'est-ce pas la justice libanaise qui instruit cette affaire sans ingérence extérieure ? Vous avez dit bizarre...

la syrie et le liban

Comme en Syrie la situation semble évoluer vers ce que l'Occident ne souhaite pas, c'est à dire des reformes pacifiques, il faut réactiver le dossier Liban. Mais le Peuple libanais saura être vigilant, comme son frère syrien.

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