Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

FOCUS

Thaïlande : le business lucratif des mères porteuses

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Les indicateurs sont au rouge pour François Hollande

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Le livre de Trierweiler, coup de grâce politique pour le président Hollande ?

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

L'UMP en crise, l'heure de vérité pour Nicolas Sarkozy ?

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Littérature , histoire et pouvoir

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Nicolas Sarkozy sur l'Europe, une tribune pour la reconquête ?

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Remaniement : un second souffle pour l'exécutif ?

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Manuel Valls, chef d'un gouvernement "de combat" ?

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

Municipales : un remaniement en perspective ?

En savoir plus

  • En direct : Hollande annonce l'installation d'un hôpital en Guinée contre Ebola

    En savoir plus

  • Alex Salmond, le visage d'une Écosse qui rêve d'indépendance

    En savoir plus

  • L'Australie, une cible de choix pour l'organisation de l'EI ?

    En savoir plus

  • Thaïlande : le business lucratif des mères porteuses

    En savoir plus

  • Belgique : l'euthanasie d'un violeur inquiète les partisans de la mort assistée

    En savoir plus

  • Livraison d'armes aux rebelles syriens : le Congrès américain doit se prononcer

    En savoir plus

  • Vladimir Evtouchenkov, le nouvel oligarque dans le viseur du Kremlin

    En savoir plus

  • Parcours sans-faute des Bleues vers le Mondial-2015

    En savoir plus

  • Une star de la Silicon Valley rachète le château de Pommard

    En savoir plus

  • Peu importe l’issue du référendum, "l’Écosse ne sera plus jamais la même"

    En savoir plus

  • Le sulfureux maire de Toronto atteint d'un cancer rare et agressif

    En savoir plus

  • "Hollande renvoie l’image de quelqu’un de trop optimiste"

    En savoir plus

  • L'Australie déjoue des meurtres projetés par l'État islamique

    En savoir plus

  • Ebola : la Française contaminée bientôt rapatriée à Paris

    En savoir plus

  • Air France : les pilotes maintiennent la pression au 4e jour de grève

    En savoir plus

Afrique

Le vote des Tunisiens de France, enjeu majeur du scrutin du 23 octobre

Texte par Jean-Baptiste MAROT

Dernière modification : 01/07/2011

À un peu plus de trois mois de l’élection de l’Assemblée constituante, les leaders des principaux partis politiques tunisiens viennent courtiser leurs compatriotes installés en France. Au nombre de 600 000, ils seront des acteurs clés du scrutin.

Ils méritent amplement le détour. Malgré le report du 24 juillet au 23 octobre de l’élection de l’Assemblée constituante qui sera chargée de façonner les institutions de la Tunisie démocratique, les chefs des principaux partis politiques tunisiens continuent de courtiser leurs compatriotes expatriés en France. Rached Ghannouchi, le fondateur du parti islamiste Ennahda, a été le premier à se déplacer dans l'Hexagone au mois d'avril pour la 28e rencontre annuelle des musulmans de France. Ahmed Brahim, le premier secrétaire de l'ex-parti communiste Ettajdid, et Mustafa Ben Jafaar, le secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), ont également tenu des meetings en France au mois de juin. Aujourd'hui, c'est au tour d'Ahmed Néjib Chebbi, le fondateur du Parti démocrate progressiste (PDP), d'effectuer une tournée dans le pays avec, en point d’orgue, l’organisation de deux réunions publiques à Paris et à Lyon, les 1er et 2 juillet.

Au nombre de 600 000 - soit l’équivalent de la population d’un gouvernorat comme celui de Sousse (est de la Tunisie) -, les Tunisiens de France représentent un enjeu majeur du scrutin du 23 octobre. Sur les 273 sièges que comptera la future Assemblée constituante, 10 leurs sont exclusivement réservés. "Leur poids électoral est très important. Il s’agit de la première communauté de la diaspora installée à travers le monde. À eux seuls, ils représentent presque un dixième de la population tunisienne", décrypte ainsi Yazid Debbiche, consultant franco-tunisien qui vient de rédiger une note sur la question.

"Vecteur de mode de vie"

"Les Tunisiens de France retiennent tout particulièrement notre attention parce qu’il ne s’agit pas d’une communauté comme les autres. Symboles de réussite sociale, ils sont des prescripteurs d’opinion susceptibles d’influencer leur entourage resté au pays", poursuit Samy Ghorbal, conseiller politique du leader du PDP. En clair : pour les partis de la mouvance démocratique, leur expérience du pluralisme politique occidental représente un socle sur lequel ils espèrent pouvoir s’appuyer pour enraciner la Tunisie dans la modernité. "Les Tunisiens de l’étranger sont un important vecteur de mode de vie. En plus des devises qu’ils envoient régulièrement au pays, ils ont largement contribué à son émancipation. On compte donc sur eux pour renforcer les institutions démocratiques en jouant un rôle pédagogique, grâce à leur vécu", renchérit Rafik Baraket, qui milite en France pour Ettajdid.

Reste que pour pouvoir compter sur les suffrages de cet électorat à part, le PDP et ses concurrents doivent au préalable lever une inconnue de taille : la mobilisation des électeurs. Si tout porte à croire qu’elle sera forte au regard de la dimension historique de l’événement, les états-majors des formations en lice se veulent très mesurés sur le sujet. "Le principal enjeu de la campagne en France consiste d’abord à faire disparaître la peur qui reste attachée aux institutions tunisiennes afin d’inciter les gens à aller voter. Sous l’ère Ben Ali, les Tunisiens expatriés prenaient bien soin de rester à l’écart de leur ambassade et de leurs consulats, qu’ils considéraient comme un instrument de ‘flicage’ du régime. Il faut donc leur faire comprendre que cette époque est révolue", reprend Samy Ghorbal.

"Le français ou l'arabe ?"

Un message d’autant plus difficile à faire passer pour les partis politiques que cet électorat se caractérise par une très grande hétérogénéité. "Des questions aussi simples que la langue dans laquelle s’adresser à lui - le français ou l’arabe ? - ou par quels canaux le toucher - les grands médias traditionnels ? Les médias communautaires ? Les réseaux sociaux ? - sont délicates à résoudre…", analyse encore Samy Ghorbal. Parmi les 600 000 Tunisiens vivant en France - dont les deux tiers au moins jouissent de la double nationalité - beaucoup semblent par ailleurs déconnectés des enjeux politiques de leur pays d'origine, qu'ils aient abandonné l’idée de s’investir pour lui du fait des ramifications du régime répressif de Ben Ali sur le territoire français ou qu'ils se soient détournés de tout engagement par manque d’intérêt.

"Les enfants de militants exilés en France restés alertes sur la vie politique tunisienne sont effectivement minoritaires. Le gros des troupes est plutôt constitué de jeunes franco-tunisiens qui ont orienté leur engouement politique vers d’autres causes, comme la question palestinienne, ou les enfants de la deuxième et de la troisième génération qui n’entretiennent pas de véritable lien de citoyenneté avec la Tunisie ou rejettent l’idée même de tout investissement politique, quel qu’il soit", développe Yazid Debbiche. À un peu moins de quatre mois du premier scrutin libre et transparent de la Tunisie indépendante, l’offensive de charme risque de tourner au long travail de pédagogie.

Première publication : 30/06/2011

  • TUNISIE

    "Un débat politique vraiment nouveau n'a pas encore émergé"

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)