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Afrique

Des milliers de Marocains défilent après le référendum sur la réforme constitutionnelle

©

Vidéo par Léa-Lisa WESTERHOFF , Jean-Marie LEMAIRE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 04/07/2011

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche dans les grandes villes du Maroc pour contester les réformes constitutionnelles défendues par le roi Mohammed VI. Le mouvement du 20-Février estime que ces réformes ne vont pas assez loin.

AFP - Des manifestations dans les principales villes du Maroc ont exigé dimanche plus de réformes politiques, en dépit de l'approbation par référendum d'amendements constitutionnels limitant les pouvoirs du roi.

Des cortèges et des rassemblements ont eu lieu notamment à Rabat, Casablanca et Tanger, à l'appel du Mouvement du 20 février, qui est à l'origine du mouvement de contestation dans le royaume depuis le début de l'année.

Aucune estimation de source policière ou des organisateurs n'étaient disponible dimanche soir sur le nombre des manifestants, mais selon des journalistes de l'AFP, cette mobilisation a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

Selon ces journalistes, des islamistes de l'association Al Adl Wa Ihssan (Justice et bienfaisance, interdite mais tolérée par les autorités) ont paricipé à ces démonstrations.

A Casablanca, un important dispositif policier a encadré les protestataires, alors que des contre-manifestants ont lancé des pierres dans leur direction. Selon un journaliste de l'AFP, un militant a été blessé.

A Rabat, le défilé a parcouru dans le calme le boulevard Hassan II et Mohammed V, une grande artère qui mène au Parlement. Les manifestants scandaient "nous sommes là pour un meilleur avenir".

Tapant dans leurs mains levées vers le ciel, les protestataires réclamaient sur des banderoles "dignité, liberté et justice sociale". En tête des cortèges, on pouvait lire: Mamfakinch" ("nous ne lâcherons pas").

Les manifestants étaient également nombreux dans d'autres villes comme Tanger.

Cette mobilisation intervient après un referendum qui a approuvé vendredi à une trés vaste majorité des réformes qui donnent d'avantage de pouvoir au premier ministre mais conservent de larges prérogatives pour le roi Mohammed VI.

Le pouvoir a salué ces réformes comme un pas vers une monarchie plus parlementaire, mais les contestataires du Mouvement du 20 février les ont jugées insuffisantes.

A Casablanca, un manifestant de 22 ans, Bilal Chihab, a assuré : "Je suis étudiant, je n'ai pas d'argent je fais des études dans des conditions difficiles et je veux que ma vie change. C'est pour ça que je manifeste aujourd'hui".

"Je suis ici pour protester contre la nouvelle constitution qui n'a rien changé et qui renforce encore plus les pouvoirs du roi", a déclaré Omar, un salarié du privé âgé d'une trentaine d'années.

Le mouvement du 20 février avait appelé au boycott du référendum à l'instar de trois petits partis de gauche et d'un syndicat.

Le Mouvement du 20 février comprend des jeunes de tendances politiques différentes: des jeunes "cyber-militants", pour la plupart indépendants, des gauchistes et des islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance.

Le Mouvement revendique des réformes pouvant conduire à l'établissement d'une monarchie parlementaire, en s'inspirant notamment du modèle espagnol, une plus grande justice sociale, et la fin de la corruption dans un pays où un grand nombre de jeunes est au chômage.

Les autorités accusent souvent ces jeunes militants d'être "noyautés" et "manipulés" par les islamistes du Mouvement Justice et bienfaisance et par les courants d'extrême gauche.

Le nouveau texte constitutionnel renforce les pouvoirs du Premier ministre et du parlement tout en préservant la prééminence politique et religieuse du monarque. Il prévoit également des réformes renforçant l'Etat de droit et l'indépendance de la justice.

Selon ce texte, le Premier ministre, issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était jusque là du seul attribut du roi.

 

Première publication : 04/07/2011

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