- Ratko Mladic - Serbie - Srebrenica - TPIY
Le TPIY considère que Ratko Mladic plaide non coupable
L’ex-chef militaire serbe Ratko Mladic a refusé de dire s’il plaidait coupable ou non lors d’une audience mouvementée au Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie. La cour a retenu non coupable, conformément au règlement, et a expulsé le prévenu.
L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a une nouvelle fois refusé de dire s’il plaidait coupable ou non devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). La deuxième audition de Mladic, 69 ans, s’est déroulée dans un climat tendu. Après l’avoir rappelé à l’ordre à plusieurs reprises, le juge néerlandais Alphons Orie l’a fait évacuer de la salle d’audience.
"Vous essayez de m’imposer un avocat dont je ne veux pas", a répondu le prévenu, à la demande du juge "Plaidez-vous coupable ou non coupable ?" Et de continuer : "Vous pouvez faire ce que vous voulez, mais sans mes avocats je ne vais pas accepter ou dire quoi que ce soit."
Conformément à la procédure appliquée en cas d’absence de réponse, la cour a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité aux onze chefs d’accusation – dont génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie (1992-1995) – qui pèsent sur Ratko Mladic. "Non, je ne veux pas écouter ça, je ne veux rien entendre", a crié l’ancien général, interrompant le juge, avant d’être évacué.
Contentieux sur la défense de Mladic
Pour l’heure, Ratko Mladic n’est défendu par aucun avocat. Il refuse de choisir dans la liste de sept conseils juridiques que lui propose le greffier. "Ratko Mladic souhaite être défendu par un procureur militaire de Belgrade et par un avocat russe qu’il ne connaît pas encore, mais qu’il souhaite rencontrer à La Haye", rappelle Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.
Ratko Mladic a également exigé de rencontrer son fils dans sa cellule de La Haye pour préparer sa stratégie de défense. Agitation dans le public, où de nombreuses femmes de Srebrenica sont présentes. "Vous, au moins, vous avez encore votre fils. Moi, je ne l’ai plus, il a été tué", crie l’une d’entre elles. Pour rappel, Ratko Mladic est notamment accusé d’avoir mené le massacre de Srebrenica en 1995, au cours duquel 8 000 musulmans ont été tués.
Un bras de fer avec le juge
Le bras de fer entre Mladic et le juge Orie s’est engagé dès les premières minutes de l’audience. Le magistrat, visiblement agacé par l’attitude du prévenu, l’a recadré une première fois alors qu’il tentait de communiquer avec le public - comme il l’avait fait au cours de la première audience, le 3 juin. "Si vous continuez de vous adresser au public, M. Mladic, la cour prendra des mesures", a-t-il menacé.
"J’ai froid, et quand j’ai froid, j’ai la moitié du corps qui ne répond plus. Je n’entends pas bien d’une oreille, je voudrais récupérer ma casquette", s’est plaint en guise de réponse l’ancien militaire, à qui le juge avait sommé de se découvrir en début d’audience. Refus du magistrat.
Un "bras de fer qui ne durera pas"
"Je pense que ce bras de fer ne durera pas", estime Florence Hartmann, spécialiste des Balkans et ancienne porte-parole du TPIY. "Ces incidents sont propres à la période préparatoire du procès. Nous voyons là deux personnes autoritaires essayant de mener le jeu : le juge, qui doit gérer les différentes parties, et Ratko Mladic, qui est très influencé par son entourage, notamment par le leader ultra-nationaliste Vojislav Seselj, emprisonné au même étage que lui." Vojislav Seselj, ex-leader du Parti radical Serbe, est en effet emprisonné à La Haye depuis neuf ans et applique consciencieusement la stratégie de l’obstruction à son propre procès.
Surnommé "le Boucher de Srebrenica" Ratko Mladic a été arrêté le 26 mai en Serbie après seize ans de cavale. Il a été transféré le 31 mai. Selon le règlement du tribunal, une audience de procédure, destinée à préparer le procès, devra être organisée "dans trois mois" au plus tard. Le procès de l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie ne devrait pas débuter avant 2012.



























Commentaires (3)
Que risquent les menteurs
qui ont "inventé" ce chiffre de 8000 ? Presque 40% de ces prétendues victimes ont voté en 1996 alors que leur nom figure sur la liste des massacrés. D'autres, sur cette même liste étaient morts depuis plus de 10 ans de mort naturelle.
On nous a déjà fait le coup avec Timisoara !
Que risquent les menteurs
qui ont "inventé" ce chiffre de 8000 ? Presque 40% de ces prétendues victimes ont voté en 1996 alors que leur nom figure sur la liste des massacrés. D'autres, sur cette même liste étaient morts depuis plus de 10 ans de mort naturelle.
On nous a déjà fait le coup avec Timisoara !
Suite au procès logique de
Suite au procès logique de Mladic, le TPI devrait en faire autant avec W.Bush responsable de plus de morts lors de ses 2 mandats.
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