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Moyen-orient

Des centaines de personnes fuient la ville de Hama, assiégée par l'armée

Vidéo par Nathalie PEREZ

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/07/2011

A la veille de nouvelles manifestations contre le régime de Bachar al-Assad, des centaines d'habitants de Hama ont pris la fuite par crainte des violences infligées par les forces de sécurité syriennes.

AFP - Des centaines d'habitants ont fui ces dernières 24 heures la ville rebelle syrienne de Hama craignant la répression de l'armée, à la veille de nouvelles manifestations attendues à travers le pays pour rejeter tout dialogue avec le régime de Bachar al-Assad.

Face à la poursuite de la répression sanglante de la révolte, le patron de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que les tueries doivent "cesser", alors que le chef de la diplomatie française Alain Juppé a jugé "inacceptable" que le Conseil de sécurité ne puisse condamner la répression du fait de l'opposition de Moscou.

Les autorités tentent de soumettre Hama (210 kilomètres au nord de Damas), ville traditionnellement rebelle où 23 civils ont été tués depuis mardi par les tirs des forces de sécurité et théâtre de manifestations massives contre le pouvoir, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au total, une centaine de familles, environ un millier de personnes, ont quitté Hama pour al-Selmiya, à une trentaine de km plus loin, a précisé le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Les chars sont toujours postés aux principales entrées de cette ville de 800.000 habitants, sauf à l'entrée nord, mais ce sont les forces de sécurité qui procèdent aux opérations à l'intérieur de ses murs, selon des militants.

Les habitants avait pris la décision de "défendre jusqu'à la mort" leur cité pour empêcher l'entrée des soldats, a dit M. Abdel Rahmane.

Le chef de l'Organisation nationale des droits de l'Homme (ONDH), Ammar Qorabi, a confirmé la fuite des habitants en évoquant "la poursuite des perquisitions, des assassinats et des arrestations dans la cité".

Mais les autorités qui continuent d'attribuer les troubles à "des groupes terroristes" et refusent d'admettre l'ampleur de la contestation, ont appelé par la voix du journal Al-Watan les manifestants à éviter toute confrontation et de dégager les rues afin "d'éviter une opération militaire" présentée comme un "dernier recours".

Selon Al-Watan, des habitants ont réclamé "le retour de l'ancien gouverneur, la libération des manifestants arrêtés et l'engagement que les forces de l'ordre n'interviendront pas, ainsi que la liberté de manifester".

Le 1er juillet, une manifestation anti-régime a rassemblé plus d'un demi-million de personnes à Hama, selon les militants. Les services de sécurité n'étaient pas intervenus et le gouverneur de la ville avait été limogé le lendemain par décret présidentiel.

Hama est depuis 1982 un symbole historique, après la répression d'une révolte du mouvement interdit des Frères musulmans contre le président Hafez al-Assad, père de Bachar, qui avait fait 20.000 morts.

Dans le reste du pays, des manifestations ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi dans plusieurs villes pour répondre à des rassemblements pro-régime, a précisé l'OSDH.

Des milliers de personnes ont manifesté à Idleb (nord-ouest), à Harasta (sud-ouest), près de Deraa (sud) dans le centre et la banlieue de Damas, à Lattaquié (ouest), à Hassaka (nord-est), à Homs (centre) et à Bou Kamal (est).

L'armée, chargée d'étouffer la contestation, a en outre imposé un "couvre-feu" à Jabal el-Zawiya dans la région d'Idleb, où le régime poursuit ses opérations militaires durant lesquelles environ 300 personnes ont été arrêtées ces dernières 48 heures, a indiqué l'OSDH.

"Le couvre-feu non annoncé a empêché les habitants de se ravitailler et a interdit les fermiers de semer leurs récoltes", a ajouté M. Abdel Rahmane.

Pour l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty international "les crimes commis (par le régime, ndlr) s'apparentent à des crimes contre l'humanité".

Alors que la révolte lancée le 15 mars ne faiblit malgré la répression qui a fait plus de 1.300 morts civils, les militants pro-démocratie ont appelé comme tous les vendredis à une journée de manifestations dans l'ensemble du pays.

Pour le vendredi 8 juillet, le slogan "Non au dialogue" a été choisi par les militants pour réaffirmer leur refus de dialoguer avec le régime dont ils veulent la chute.

"Le dialogue n'a pas de sens, si les forces de sécurité ne se retirent pas de la rue et si le régime n'arrête pas les violences contre les citoyens", a déclaré à l'AFP l'opposant Anouar Bounni.

Première publication : 07/07/2011

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