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Pakistan : un an après les inondations
Il y a un an, le Pakistan connaissait les pires inondations de son histoire avec 19 millions de déplacés et des terres cultivables inondées. Un an plus tard, nous sommes retournés sur les lieux. De gré ou de force, les camps de réfugiés se vident et les habitants rentrent à contre coeur dans leur village. Certains agriculteurs s’interrogent : n’auraient-ils pas contribué à leur propre perte ?
Un an après la catastrophe, certains habitants de Nowshera vivent toujours dans des camps de fortune … mais pour combien de temps ? Au quotidien, les autorités cherchent à les déloger coûte que coûte, Nasir Atlas Khan a reçu des menaces pour le forcer à quitter les lieux, sa famille est constamment sous pression. Une situation insoutenable pour des habitants qui ont tout perdu et nulle part où aller. Dans la plupart des villages, l’aide n’est pas arrivée jusqu’aux villages, très peu d’habitations ont été reconstruites. Les habitants vivent désormais comme des réfugiés sur leur propre terre.
Un an après les inondations, de plus en plus d’experts se demandent quel a été le rôle des agriculteurs dans les inondations. N’auraient-ils pas contribué à leur propre perte ? Dans un pays aride où l’agriculture nécessite beaucoup d’eau, les petits exploitants n’ont cessé de construire des canaux d’irrigation. Le gouvernement a aussi mis en place un système d’irrigation très complexe. Dans la vallée de l’Indus, c’est l’un des plus importants du monde. Des digues, des barrages, des réservoirs qui ont montré leurs faiblesses lors des dernières inondations. A force de retenir les eaux et les sédiments, ils ont expliqué en partie l’ampleur de la catastrophe. Dans la région de Nowshera, certaines cultures ont été ensevelies sous le sable. Inexploitables pour des décenies !
Enfin, focus sur la situation des agriculteurs. Au Pakistan survit un système féodal où la répartition des terres est très inégalitaire. Nous avons rencontré le prince Malik Atta dans l’un de ses palais près de la vallée de Swat. A lui seul, il règne sur 84 villages et des milliers d’agriculteurs et d’hectares de terres. Un système de servage que tout le monde accepte mais qui fragilise énormément les petits agriculteurs. La plupart du temps, les propriétaires terriens louent leurs champs cultivables contre 55% de la récolte. Les petits paysans doivent alors payer les graines, les engrais, et faire le gros dos en cas de mauvaises récoltes.
































