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FRANCE

Martine Aubry peine à prendre les traits d'une candidate 2.0

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 11/07/2011

Martine Aubry, candidate à l’investiture socialiste, a déclaré "avoir horreur" des réseaux sociaux. La candidate, poussée par son équipe de campagne, s’efforce pourtant d'être présente sur Facebook et Twitter.

Martine Aubry "a horreur de Facebook et Twitter". Dans le train qui la ramenait de Valence jeudi, la candidate à la primaire du Parti socialiste a lâché, devant des journalistes du Point, tout le bien qu’elle pensait des réseaux sociaux. "C’est typique de cette société où chacun pense à son nombril", a-t-elle ajouté. Ce week-end, elle a enfoncé le clou en pointant du doigt Internet, responsable selon elle de la diffusion de rumeurs la concernant. Enfer et damnation sur le Web. Les billets, largement relayés par les réseaux sociaux incriminés, fleurissent sur les blogs : "Martine Aubry, ennemie des internautes", "Martine Aubry préfère le grand banditisme", en référence à l’appui du député PS des Bouches-du-Rhône à la réputation sulfureuse Jean-Noël Guérini…

 
Apprentie web-communicante
 
Pourtant, à l’instar d’autres candidats PS, Martine Aubry tweete. Depuis peu, mais elle tweete et met à jour ses statuts Facebook. Deux semaines à peine après la création de son compte sur Twitter, 9 000 personnes la suivent déjà. Et sa page Facebook officielle, récemment créée, compte plus de 11 100 fans. Ses messages sont plus sérieux, plus conventionnels que ceux de Benoît Hamon, qui rapporte des propos de sa fille de trois ans ou d’Arnaud Montebourg qui remercie les "twittos" (utilisateurs de Twitter) et n’hésite pas à ponctuer ses messages de "smiley". Ségolène Royal, elle, raffole de twitter, au point de multiplier des sessions de questions-réponses directes avec les internautes (deux en une semaine le 28 juin et 5 juillet).
 
Dans la quarantaine de tweets postés sur son compte, Martine Aubry reste, elle, extrêmement sobre et informative : elle se contente de donner quelques détails sur son agenda ou de rapporter des idées entendues lors de ses déplacements. Aucun trait d’humour, aucune remarque extérieure à son activité politique. "Martine Aubry ne va pas sur Twitter pour raconter sa vie", explique son responsable de campagne sur le Web Emile Josselin, interrogé par Le Point. Entre raconter sa vie et se forger une image un peu plus attrayante, il y a un pas que Martine Aubry semble avoir du mal à franchir. La nature de ses tweets et de son mur Facebook ne contribue pas à casser sa réputation de femme austère, mauvaise communicante et peu prompte à l’humour.
 
"Mamy Aubry"
 
"Chacun reste conforme à son identité politique. Il faut être soi-même. Il est normal que la campagne web fasse ressortir l’identité des uns et des autres", affirmait fin juin Émile Josselin lors d’une interview accordée à Public Sénat. Alors que les femmes et les hommes politiques souhaitent plus que tout apparaître connectés, Martine Aubry ne semble pas vraiment préoccupée par le décalage générationnel et technologique qu’elle incarne. C’est en l’occurrence ce qui ressort des commentaires postés à la suite de sa remarque de jeudi. "Elle fait un peu mamy Aubry", se moque un tweet relayé à de nombreuses reprises. "Aubry vient de se coller sur la peau un beau sparadrap 2.0", en commente un autre.
 
La campagne n’en est pour l’heure qu’à ses débuts. Compensant le faible enthousiasme de sa patronne, Emile Josselin affiche une grande ambition pour sa campagne web. Elle s’annonce d’ailleurs prometteuse. Le lancement du compte twitter et du site web de Martine Aubry ont reçu un succès tel qu’ils ont enregistré plus de visiteurs en deux jours que le site du Parti socialiste au moment de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Le projet web d’Émile Josselin est aussi simple qu’ambitieux : "se mettre en contact les uns avec les autres […]. Il y a plusieurs cercles : les sympathisants, les militants et ceux vraiment déjà dedans au départ, des sortes de super militants", explique-t-il à Public Sénat. Une sorte de… réseau social martiniste, en somme. Un type de réseau dont la candidate, sans peur de la contradiction, a fait l’apologie dans l’un des tweets qu’elle a posté lors de son déplacement à Turin : "Lu à Turin au 150e anniversaire de l'unité italienne: "Sono tutti una rete", nous sommes tous un réseau. Rassembler, toujours."
 

 

Première publication : 11/07/2011

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