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Asie - pacifique

Après les attentats à Bombay, les autorités n'excluent aucune piste

Vidéo par Axelle SIMON

Texte par Dépêche

Dernière modification : 14/07/2011

L'Inde soupçonne tous les groupes hostiles au pays d'avoir perpétré les attentats qui ont causé mercredi la mort de 17 personnes à Bombay, a déclaré jeudi le ministre indien de l'Intérieur. Les trois explosions simultanées n'ont pas été revendiquées.

AFP - Le triple attentat mercredi à Bombay, qui a fait au moins 17 morts, a été provoqué par des bombes rudimentaires visant à faire le maximum de victimes et tous les groupes "hostiles à l'Inde" sont soupçonnés, a déclaré jeudi le ministre indien de l'Intérieur.

P. Chidambaram, s'est refusé à faire des conjectures sur les responsables des trois explosions qui se sont produites à une heure d'affluence dans des quartiers animés de la capitale financière indienne, précisant qu'aucune revendication ni appel préalable n'avaient été reçus.

"Tous les groupes hostiles à l'Inde sont dans le viseur. Nous n'écartons aucune piste, nous examinons tout le monde pour trouver qui est derrière ces attaques", a déclaré le ministre de l'Intérieur au cours d'une conférence de presse à Bombay après s'être rendu sur les lieux des explosions.

Le Premier ministre Manmohan Singh était attendu à Bombay dans la soirée.

Les bombes étaient composées de nitrate d'ammonium, principalement utilisé comme engrais et que l'on retrouve souvent dans la fabrication d'engins explosifs artisanaux.

Elles se sont déclenchées à 15 minutes d'intervalle dans deux quartiers très fréquentés du sud de la ville, et dans un quartier résidentiel et commercial plus au nord de Bombay.

"Je pense qu'ils ont choisi ces endroits à cause de la densité de la population et de l'affluence" dans les rues, a estimé M. Chidambaram. "Ils ont choisi des endroits où même une explosion de faible intensité pourrait avoir un impact majeur".

Selon le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, R.K. Singh, les engins explosifs étaient placés dans un abribus, sous des gravats et dans un parapluie.

Le bilan révisé s'établit à au moins 17 morts et 131 blessés, dont 23 dans un état grave, a déclaré M. Chidambaram. Un précédent bilan fourni dans la nuit mercredi faisait état de 21 morts.

Interrogé sur la raison pour laquelle Bombay était de nouveau visée, après les attentats islamistes de 2008 qui avaient fait 166 morts, il a répondu que toutes les villes du pays étaient exposées aux attentats.

"Nous vivons dans le voisinage le plus troublé au monde. Le Pakistan et l'Afghanistan sont le foyer du terrorisme. Nous sommes voisins".

"Le fait de vivre dans le voisinage le plus troublé (fait que) chaque partie de l'Inde est vulnérable", a-t-il estimé.

La rencontre prévue fin juillet entre les chefs des diplomaties indienne et pakistanaise est maintenue, a indiqué le ministère indien des Affaires étrangères.

Les bombes les plus puissantes ont frappé des quartiers commerçants spécialisés dans la bijouterie dans le sud de Bombay, déjà victime des attentats de 2008. L'Inde a accusé le groupe islamiste Lashkar-e-Taïba (LeT), basé au Pakistan.

Selon P. Chidambaram, l'objectif visé est "l'unité de l'Inde, son intégrité et sa prospérité. Il y a des éléments hostiles à l'Inde qui ne veulent pas que l'Inde connaisse la croissance et prospère, ce sont ces éléments qui sont derrière les explosions à la bombe".

Le ministre a assuré que le triple attentat ne pouvait être imputé à des négligences au sein des services de renseignement.

Ces derniers ont d'ailleurs "neutralisé" avec succès un certain nombre d'attaques planifiées depuis novembre 2008, a-t-il assuré, sans plus de précisions.

Salim Dharolia, un courtier en diamant attendant de récupérer le corps de son fils à l'hôpital privé Saifee, se demandait pourquoi le sang avait encore coulé à Bombay.

"J'ai perdu mon seul fils. Il venait de se marier il y a deux mois. Pourquoi les habitants de Bombay sont tout le temps visés ? Quel crime avons-nous commis?".

Les attentats ont suscité de vives condamnations à l'étranger, le président américain Barack Obama les qualifiant de "révoltants", tandis que la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a annoncé qu'elle maintenait sa visite en Inde prévue la semaine prochaine.

Le président français Nicolas Sarkozy a "condamné" mercredi "avec la plus grande fermeté la violence lâche et aveugle" des attentats, qualifiés d'actes "barbares" par le chef de la diplomatie française Alain Juppé.

Le dernier attentat en Inde date de février 2010 lorsqu'une bombe avait explosé dans un restaurant bondé à Pune (ouest), faisant seize morts.

Première publication : 14/07/2011

  • INDE

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