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Afrique

Abdoulaye Wade propose une élection présidentielle anticipée

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/07/2011

Lors d'un discours prononcé à Dakar jeudi, le président sénégalais a proposé à l'opposition la tenue d'une élection présidentielle anticipée, dans un souci de cohésion sociale. Le pays a fait face à de violentes émeutes en juin.

AFP - Le président sénégalais Abdoulaye Wade a proposé jeudi à l'opposition d'organiser une élection présidentielle anticipée, la date normalement prévue du premier tour étant fixée au 26 février 2012.
              
Si "l'opposition est pressée et certaine" de l'emporter, "je peux envisager une élection présidentielle anticipée, si cela est nécessaire pour la cohésion sociale et la concorde nationale", a déclaré M. Wade lors d'un discours prononcé à Dakar devant les membres de son gouvernement et des élus.
              
Il a indiqué que la constitution prévoit l'organisation d'une présidentielle anticipée dans un délai "de 60 jours maximum et de 40 jours minimum". "Si l'opposition le veut, dans 40 jours nous pouvons faire une élection", a-t-il dit, tout en affirmant qu'il restait "attaché au respect du calendrier".
              
"Si à l'issue d'élection anticipée, le peuple confie le pouvoir à un autre que moi, je le féliciterai: mais dans les deux cas (anticipée ou calendrier prévu) je crains que le vainqueur ne soit un autre que moi", a-t-il ajouté sous les applaudissements d'une audience qui lui était acquise.
              
"J'entrerai dans l'arène et je gagnerai", a-t-il ajouté en dénonçant l'opposition qui "a fait le tour des chefs religieux" et est allée dire en Europe que sa candidature "serait source d'instabilité".
              
Il s'est néanmoins déclaré "prêt à entamer un dialogue qui n'exclut aucun sujet" et même "à associer l'opposition à l'exercice du pouvoir". Il s'agit "d'une volonté d'ouverture et non d'une obligation", a affirmé M. Wade en soulignant que son objectif était d'aboutir à "des élections apaisées".
              
Son discours intervient trois semaines après des émeutes qui avaient fait une centaine de blessés le 23 juin.
              
Elles s'étaient produites alors que l'Assemblée nationale examinait un projet de loi controversé du chef de l'Etat visant à faire élire au scrutin de 2012 un président et un vice-président avec un minimum de 25% des voix au premier tour.
              
Sous la pression de la rue et des critiques à l'étranger, le texte a finalement été retiré.
              
D'autres émeutes avaient suivi quatre jours plus tard, des habitants de Dakar et de la banlieue, excédés par les innombrables coupures de courant, ayant incendié plusieurs bâtiments publics, dont ceux de la Société nationale d'électricité (Sénélec).

Première publication : 15/07/2011

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