Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Mali - pourparlers à Alger : peut-on croire à la paix ?

En savoir plus

DÉBAT

Ukraine : la Russie en guerre contre l'Europe ?

En savoir plus

FOCUS

Les géants américains du tabac à l'assaut de la cigarette électronique

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Ben l'Oncle Soul toujours en plein rêve pour son deuxième album

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Le trio CAB, un voyage musical entre Afrique, Brésil et Caraïbes

En savoir plus

FOCUS

Ces chrétiens d'Irak qui commencent leur nouvelle vie en France

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Quand Manuel Valls tente de faire disparaître ses tweets

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 29 août (Partie 2)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Une semaine dans le monde - 29 août (Partie 1)

En savoir plus

  • À Saint-Nazaire, les Mistral voguent vers leur destin russe

    En savoir plus

  • Hong Kong en rébellion contre l’emprise de Pékin

    En savoir plus

  • Vidéo : une rentrée des classes pas comme les autres en Ukraine

    En savoir plus

  • L'ONU envoie une mission pour enquêter sur les crimes de l'EI en Irak

    En savoir plus

  • Vers un nouveau coup d'État militaire au Pakistan ?

    En savoir plus

  • Cisjordanie : les États-Unis exhortent Israël à renoncer aux expropriations

    En savoir plus

  • Face à l'avancée de l'EI en Irak, la peur gagne l'Iran

    En savoir plus

  • Et si la France vendait la Joconde pour éponger ses dettes ?

    En savoir plus

  • Webdoc : "Le Grand incendie" primé à Visa pour l'image

    En savoir plus

  • Le pape organise un "match pour la paix" avec des stars du foot

    En savoir plus

  • Le Premier ministre de retour au Lesotho après un "coup d'État"

    En savoir plus

  • Un immeuble s'effondre en banlieue parisienne, huit morts

    En savoir plus

  • République centrafricaine : les ravages de la haine

    En savoir plus

  • Embargo russe : les producteurs français redoutent la concurrence polonaise

    En savoir plus

  • Importante victoire de l’armée irakienne face aux jihadistes de l’EI

    En savoir plus

Culture

Le festival d'Aix entonne le chant des partisans marocains

Texte par Priscille LAFITTE

Dernière modification : 23/07/2011

Avec la série Slam à l'Atlas, le festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence a offert sa scène à la chanteuse berbère Raïssa Fatima Tabaamrant et au poète casablancais Khalid Moukdar. Rencontre autour du Maroc et de la politique...

Photo ci-dessus : le slameur Khalid Moukdar (crédit : P. Lafitte/FRANCE24)

 

La série Slam à l'Atlas a pris par surprise le public du festival d’Aix-en-Provence (jusqu’au 25 juillet) en balançant une bonne dose de jazz musclé et de tradition marocaine électrifiée et engagée au milieu d’une programmation habituellement lyrique et acoustique. Une partie du MegaOctet fondé par le pianiste Andy Emler, big-band français survolté brassant jazz, punk et improvisation "free", s’est adjoint une polyrythmie hypnotisante de tradition marocaine, avec rebab, oud... et une guembri électrique. Également de la partie, trois chanteurs portant des arts vocaux à mille lieux du lyrique, la reine de la transe berbère, Raïssa Fatima Tabaamrant, originaire d’Ifrane, dans l’Atlas, le rappeur casablancais Khalid Moukdar et le slameur français Dgiz.

En programmant ces soirées Slam à l’Atlas, les organisateurs du festival savent qu'ils viennent déranger les habitudes d’un public plutôt compassé, "select" et adepte de musiques dites "savantes". Mais ils assument. Le fait de s’ouvrir en plus aux expérimentations musicales permet, entre autres, à l'actualité chaude - et notamment aux questions qui agitent un monde arabe en pleine ébullition - de s'engouffrer subrepticement dans la brèche.

Or, le slam, le rap et le chant traditionnel rural sont sûrement les arts qui ont le plus échappé à la tutelle du pouvoir dans les pays d'Afrique du Nord et pu exprimer la frustration sociale ainsi que l'aspiration à la démocratie. "Toutes ces formes de musique improvisée ont toujours fait horreur aux gouvernements, constate le jazzman Andy Emler. Ce sont des arts incontrôlables, et c'est tant mieux !"

Raïssa Fatima Tabaamrant , une des rares femmes respectées dans le chant berbère

Raïssa Fatima Tabaamrant, une idole dans les villages de l'Atlas marocain. (Crédit : Jean-Claude Carbonne)

Respect de la culture amazigh et berbère, statut de la femme dans le monde arabe, poids de la monarchie… Tels sont les thèmes qui agitent le Maroc et les textes de Raïssa Fatima Tabaamrant. D’un coup de glotte, la Berbère fait chavirer les foules et chante sans ciller : "L’esclave dit : ‘Et si on reste fidèle à la tradition des anciens, où cela nous amènera-t-il et jusqu’à quand ?’ Nous resterons avec les boucles à l’oreille, baissant la tête en nous prosternant, devant quelqu’un qui n’est même pas notre créateur, cela me dépasse !" Érigée au rang de demi-déesse dans le sud du royaume chérifien, des villages de l'Atlas jusqu'à la plaine d'Agadir, elle est une des rares femmes à s’être imposées dans le chant berbère traditionnel.

Très différents dans la forme, les poèmes de Khalid Moukdar parlent eux aussi de dignité, de respect des valeurs ancestrales et de rejet de l’argent facile, vu comme l’apanage du pouvoir. "Assez de gâchis, assez de tabac, assez d’oppression ! Tu voulais changer le système mais le système t’a changé."

"Occuper l'espace public sans être chassés par les flics"

En donnant la parole à un slameur marocain, le festival d’Aix rend justice à un mouvement musical encore confidentiel au Maroc. Au point d’échapper à la censure. Le slameur Khalid Moukdar, artiste de la scène alternative casablancaise qui a également monté un groupe de punk il y a 10 ans, a pu constater que les dirigeants politiques avaient oublié de s’intéresser à la scène underground marocaine, jugée marginale. "Mes amis se sont toujours étonnés que je ne sois pas encore allé en prison pour tout ce que j’ai pu dire en concert…", raconte-t-il amusé.

À gauche : Raïssa Fatima Tabaamrant (qui chante en langue amazighe) et Fhalid el-Berkaoui aux percussions. Au centre, à la guembri électrique : Mehdi Nassouli. À droite, à la batterie : Éric Echampard (crédit photo : Jean-Claude Carbonne)

Le "printemps arabe" aidant, le pouvoir marocain finit cependant par s’accommoder d’une liberté de parole inéluctable. "Les révolutions en Tunisie et en Égypte, les manifestations à Casablanca pour davantage de démocratie, nous ont aidés à occuper l’espace public sans être chassés par les flics. Les artistes disent tout ce qu’ils ont envie de dire, il n’y a plus de censure", constate Khalid Moukdar. Le slameur en viendrait presque à être nostalgique du temps où il craignait la descente de policiers lors de ses concerts. "C’est quand tu subis une pression que tu attrapes des fou-rires", résume-t-il. Le meilleur du slam de Casa est donc à écouter maintenant. Et vite.

Les organisateurs du festival d'Aix se félicitent d'être la vitrine de cette ébullition artistique et politique au Maroc. Leur but est de jeter des ponts entre le slam et l'opéra, cet art "qui n'est pas un genre décoratif", plaide Bernard Fouccrolle, directeur général du festival. "Nous voulons que l'art lyrique soit ouvert à l'improvisation, à d'autres traditions vocales. Et ce qui se passe de l'autre côté de la rive méditerranéenne, nous ne pouvons l'ignorer !"

 


 

Première publication : 17/07/2011

  • LIBYE - CARNET DE ROUTE

    À Benghazi, du hip-hop pour chanter la Révolution

    En savoir plus

  • MUSIQUE

    Dans le monde arabe, on connaît la chanson !

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)