Dernière modification : 18/07/2011 

- Manifestations - Police - Révolution tunisienne - Tunisie


Décès d'un adolescent dans des affrontements avec la police à Sidi Bouzid

Un adolescent de 14 ans a été tué et deux autres personnes blessées dans des affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre à Sidi Bouzid. Le Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, évoque une tentative de déstabilisation.

Par Noémie ROCHE (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a implicitement dénoncé lundi une tentative de déstabilisation dans le pays suite à une série d'incidents violents dans plusieurs villes, et a assuré que les élections se tiendraient comme prévu le 23 octobre.

Le discours à la Nation télédiffusé du Premier ministre s'est décidé in extremis lundi

Syndiquer le contenuLES DATES CLÉS DE LA RÉVOLUTION TUNISIENNE

midi, au lendemain d'une manifestation à Sidi Bouzid, ville emblématique de la révolution tunisienne, dans laquelle un adolescent de 14 ans a été tué par balle.

Au cours du week-end, des commissariats de police ont également été attaqués dans plusieurs villes du pays, notamment à Tunis et à Menzel Bourguiba (65 km au nord de la capitale), faisant au moins six blessés parmi les forces de l'ordre.

"Il y a des troubles pour empêcher la tenue des élections. Ces élections, elles auront lieu bon gré mal gré le 23 octobre comme prévu", a déclaré le Premier ministre dans son intervention au palais de la Kasbah, le siège du gouvernement.

Il a évoqué implicitement une tentative de déstabilisation en relevant "une concomitance étrange" entre les troubles dans plusieurs villes du pays, et en assurant que "ceux qui ont volé des armes veulent renverser le régime". Des armes et des munitions ont été dérobées lors de l'attaque du poste de police à Menzel Bourguiba dans la nuit de samedi à dimanche.

"Il y a des partis politiques et des mouvements marginaux qui ne sont pas prêts pour les élections, car ils sont sûrs de ne pas les remporter", a accusé M. Caïd Essebsi sans les citer, évoquant "certains mouvements extrémistes religieux". "Mais ce ne sont pas les seuls. Nous ne voulons pas d'extrémisme, ni de droite, ni de gauche", a-t-il martelé.

"Le peuple tunisien a fait une révolution, et personne ne s'appropriera cette révolution", a-t-il asséné, en demandant à "tous les partis politiques de condamner ces événements", et en en appelant à "la responsabilité de tous les citoyens".

M. Caïd Essebsi a également assuré que son gouvernement n'avait pas l'intention de rester au pouvoir après l'élection de l'assemblée constituante le 23 octobre. "Dès qu'un gouvernement légitime sera en place, notre mission sera terminée", a-t-il déclaré.

A Sidi Bouzid, le calme semblait revenu lundi, selon des habitants contactés par l'AFP. Mais "il y a un climat de peur. Plusieurs commerçants ont fermé leurs magasins et un hélicoptère continue à survoler la ville", a déclaré un responsable local du PDP (parti démocratique progressiste) sous couvert de l'anonymat.

"La ville est sous le choc. On n'avait pas vu une telle violence depuis la révolution", a déclaré un responsable associatif en évoquant la nuit de violences au cours de laquelle le jeune garçon Thabet Belkacem, a été tué par balle. Selon la version du ministère de l'Intérieur, les forces de l'ordre ont fait des tirs de sommation pour disperser les manifestants, et une balle a ricoché et atteint l'adolescent. Deux autres personnes ont été blessées.

Depuis la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier, manifestations et grèves se sont multipliées, souvent pour protester contre la lenteur des changements dans un pays où le taux de chômage pourrait atteindre les 20% en 2011.

Mais la contestation a pris un tour plus violent ces derniers jours, notamment après la dispersion brutale d'un sit in vendredi à Tunis.

Certains accusent les islamistes d'Ennahda, grands favoris des élections, de téléguider la contestation. D'autres y voient la main des RCDistes, les membres du parti dissous de Ben Ali.

 

Commentaires (6)

Un enfant mort par balle

Pauvre notre Tunisie. Tant qu'il y a des traîtres dans ce pays qui prêtent main forte au régime destitué non pas pour qu'il se rétablisse ( et pourquoi pas ?) mais pour libérer les membres de leurs familles qui peuplent les prisons tunisiennes...Aussi la stabilité en Tunisie n'arrange guère certains membres du RCD (ancien et unique parti au pouvoir) qui passent à tour de rôle devant les tribunaux tunisiens après la dissolution du sus-dit parti...Enfin la guerre des partis politiques et particu-
lièrement à tendance islamiques, qui ne se sentant pas vainqueurs aux prochaines élections, ils soudoient des âmes pour créer la discordance entre les tunisiens et provoquer les troubles dans le pays.....après tout que fait un enfant de 14 ans parmi les manifestants et les fauteurs de troubles...?????

Langue de bois

Béji Caid Essebsi perpétue la tradition de la langue de bois de Ben Ali. Pour expliquer le renouvellement des tensions il s'est appliqué dans son allocution d'hier à jeter la responsbilité, non sur les provocations brutales de la police, mais en insinuant que des partis qu'il refuse de nommer seraient les fauteurs de ces troubles. Des médias aussi, à qui il a reproché de verser dans le sensationnel, sans toutefois les désigner. Mais il les a bien accusés d'appeler à la sédition et à la violence. Ce sont eux d'après lui les coupables car ils alimentent les rumeurs. Alors que, toujours d'après lui, "ils doivent véhiculer un discours mobilisateur, un discours rassembleur, sans fioritures, qui reflète les véritables préoccupations du peuple, ses attentes et ses aspirations. Car les rapports entre les médias et le gouvernement ne doivent pas souffrir un quelconque malentendu". C'est aux médias maintenent de répondre: "Mr Essebsi, je vous ai compris". Mais monsieur Essebsi n'aurait-il pas à l'approche de ses 90 ans la nostalgie du bon vieux temps et du language clair et direct de son ancien patron Bourguiba? Celui-ci n'hésitait pas à dire sans ambages et en bon Français, pour être compris de tout le monde, que les opposants étaient "de petits microbes sans importance". Mr Essebsi faites un petit tour du côté de YouTube.

Un enfant

Ces parents étions ou...?

facile a dire...

il est impossible de remettre d'autre force de l'ordre (formation, recrutement etc..) en plus pour un gouvernement de transition - Par contre c vrai que faisait un enfant de 14 ans dans une manif...! - tenir le pays tant bien que mal jusqu aux elections là est le but de ce gouvernement..! mais les destabilisateusr du pays sont en ambuscade..!

.... ouvert le feu ...

toujours rien appris? tant que les mêmes forces de l'ordre sont en place comme dans les temps de Ben Ali, la situation en Tunisie ne peut pas vraiment changer.

Un enfant mort par balle !

Que fait un enfant de 14 ans dans une manif et dans un affrontement avec la police ?

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