Dernière modification : 19/07/2011 

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Le Premier ministre dénonce des tentatives de déstabilisation du régime

Le Premier ministre dénonce des tentatives de déstabilisation du régime

Les incidents sécuritaires se sont multipliés ces derniers jours en Tunisie, culminant avec la mort d'un adolescent de 14 ans à Sidi Bouzid. Le Premier ministre accuse "des partis politiques" de vouloir empêcher la tenue des élections en octobre.

Par Perrine MOUTERDE (texte)
 

Plus de six mois après le départ du président Zine el-Abidine Ben Ali, la crainte d'un échec du processus de transition démocratique et d'une confiscation de la révolution reste extrêmement vive en Tunisie. Au lendemain d'un week-end marqué par une recrudescence des violences, qui ont culminé avec la mort d'un jeune garçon à Sidi Bouzid - où le jeune vendeur ambulant Mohammed Bouazizi s'est immolé en décembre dernier -, le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a dénoncé cette semaine une tentative plus ou moins coordonnée destinée à faire régner "la confusion et le désordre". 

"Il y a des partis politiques et des mouvements marginaux qui ne sont pas prêts pour les élections, car ils sont sûrs de ne pas les remporter", a affirmé lundi le Premier ministre depuis le palais de la Kasbah, le siège du gouvernement. "Ces élections auront lieu bon gré mal gré le 23 octobre comme prévu". Le scrutin, initialement programmé pour le 24 juillet, a été reporté à l'automne pour des raisons d'organisation.

Un adolescent tué à Sidi Bouzid

Le journaliste et politologue tunisien Bicesse Burhan décrypte les accusations à peine voilées du chef du gouvernement. "Sans les citer directement, le Premier ministre parle des islamistes [représenté par le parti Ennahda, NDLR] et de l'extrême-gauche. Mais sur le terrain, il est impossible d'affirmer que ces groupes sont derrière les violences de ce week-end", prévient-il.

Dans un éditorial, le quotidien francophone tunisien "Le Temps" tempère aussi ces "graves accusations" : "On ne peut penser que de petits partis au poids insignifiant ont suffisamment de force pour orchestrer autant de perturbations. On ne croit pas non plus que les grands partis puissent craindre la prochaine échéance électorale dans la mesure où ces derniers sont déjà prêts."

Plus de six mois après la révolution, le pays a en tout cas connu au cours des derniers jours une dégradation de la situation sécuritaire. Dans la capitale Tunis, quelque 300 personnes ont attaqué un poste de police dans le quartier d'Intilaka, dans l'ouest de la ville, dans la nuit de samedi à dimanche. Les affrontements ont duré plusieurs heures. Quasiment au même moment, des commissariats et des magasins ont été la cible d'attaques dans plusieurs autres villes du pays et six personnes ont été blessées.

Vendredi déjà, les forces de l'ordre avaient utilisé des gaz lacrymogène pour disperser une manifestation hostile au gouvernement à Tunis. 

La ville de Sidi Bouzid, où est née le mouvement de contestation qui a conduit au départ de l'ancien président Zine el-Abiddine Ben Ali le 14 janvier, a elle aussi été le théâtre d'une manifestation au cours du week-end. "On ne peut pas parler de violence organisée, explique Atia Athmouni, membre du bureau politique de Parti démocratique progressiste (PDP) et habitant de Sidi Bouzid. Il s'agit d'un petit groupe mobile qui a brûlé des pneus et jeté des pierres sur les policiers samedi soir." En ouvrant le feu pour répliquer aux agissements de ces manifestants, les forces de l'ordre ont provoqué la mort d'un adolescent, Thabet Belkacem, tué "par le ricochet d'une balle".

Lundi, une courte manifestation a été organisée à Sidi Bouzid, obligeant des commerçants à fermer boutique, et un groupe de jeunes a attaqué le siège de la garde nationale. En fin de journée, le calme était revenu et un couvre-feu a été décrété.

"Bandits, voleurs, extrémistes, nationalistes"

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Pour Atia Athmouni, ces violences récentes marquent une nette détérioration de la situation. "Même si c'est de Sidi Bouzid qu'est partie la révolution, il n'y avait eu jusqu'à présent aucune violence ni aucun bâtiment incendié, assure ce membre du PDP. Ces incidents sont le fait à la fois de bandits et de voleurs, et d'extrémistes et de nationalistes."

"La population est très mécontente, ajoute-t-il. J'ai l'impression qu'il y a un fort sentiment anti-Ennahda et anti-extrêmisme. Les gens demandent seulement la paix et le travail ; ce sont leurs priorités pour reconstruire le pays."

La secrétaire générale du PDP, Maya Jribi, a elle aussi déclaré mardi que "des forces" - sans dire lesquelles - tentaient de déstabiliser le pays.

Les islamistes d'Ennahda, pointés du doigt dans les troubles qui agitent la Tunisie, ont démenti toute volonté de déstabilisation du pays et assuré leur soutien au processus électoral devant mener à l'élection d'une assemblée constituante le 23 octobre.

"Nous n'essayons pas de déstabiliser ou de faire tomber le gouvernement provisoire", a martelé le président d'Ennahda Rached Ghannouchi, lors d'une conférence de presse organisée au lendemain d'un discours du Premier ministre Béji Caïd Essebsi qui avait dénoncé une tentative de déstabilisation du pays. Lors d'une réunion organisée dimanche à Monastir, une ville côtière située au sud de Tunis, Ennahda avait déjà appelé à "la réconciliation entre tous les Tunisiens". Ennahda a également invité "au dialogue entre les différentes formations politiques en Tunisie et au rejet du terrorisme intellectuel et de la dictature". Le puissant parti islamiste Ennahda, réprimé sous l'ère Ben Ali, a définitivement quitté le 27 juin la commission chargée de mener les réformes et la transition démocratique, qu'il accuse d'abuser de ses prérogatives.

Ennahda n'est pas la seule formation politique mise en cause. Des observateurs y voient la griffe des anciens du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de l'ex-président Ben Ali. Interrogé il y a quelques semaines par France24.com, le politologue Vincent Geisser résumait ainsi le débat politique actuel : "Les discussions se focalisent sur deux courants anxiogènes : il y a d'un côté la peur d'un retour des élites de l'ancien régime, de l'autre la peur de l'islamisme. [...] Un débat politique vraiment nouveau n'a pas encore émergé."

 

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La FIDH dénonce

Le premier ministre peut bien continuer à dénoncer sans nommer. Mais ça ne le rend pas plus crédible. Il cherche un alibi pour détourner l'attention de la répression féroce qui s'est abattue sur la Tunisie. La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme FIDH vient ce jour-ci 20-7-2011 de publier le rapport d'une enquête portant sur les violations des droits de l’Homme commises à l’encontre des manifestants Tunisiens depuis la fuite de Ben Ali le 14 janvier dernier. L’enquête a été menée par une mission internationale qui a visité la Tunisie du 20 au 27 mai 2011. Le rapport a mis les autorités en garde contre le danger que représente la répétition des pratiques et des crimes du régime déchu en ce moment-clé de la construction d’une Tunisie démocratique et respectueuse des droits de l’Homme. La mission a rapporté de nombreux témoignages de manifestants qui ont été violemment frappés par les policiers qui, pour les humilier davantage, les ont insultés et leur ont craché dessus. Des groupes de jeunes gens ont été placés à plat ventre et des policiers leur ont demandé de ramper pendant qu’ils leur marchaient dessus en les insultant. Dans une cellule de 20m2 on enfermait 40 manifestants. Des détenus ont été privés de nourriture pendant 3 jours durant lesquels ils étaient copieusement insultés. Les actes de violence relevés s’apparentent d’après la mission à des actes de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants tels que définis par le droit international et le droit Tunisien. Ces actes perpétrés par les forces de sécurité Tunisiennes ont pour but manifeste, toujours d’après la mission, d’intimider la population pour la dissuader de manifester, ce qui est contraire à l’article 3 du Code de conduite des Nations Unies du 17 décembre 1979. Interrogé par les chargés de mission sur les actes perpétrés par les forces de sécurité, le ministre de l’Intérieur, Habib Essid, n’a pas contesté la réalité de ces actes, qu’il a toutefois qualifiés de « dépassements », les attribuant à des pratiques isolées héritées des mauvaises habitudes du passé, où la torture était systématiquement pratiquée en toute impunité. Les témoignages recueillis en différents endroits de la Tunisie mettent en lumière la concordance des récits et la similarité des pratiques d’une extrême violence des forces de sécurité. Le fait que les jeunes victimes dans les villes de l’intérieur aient été arrêtées non pas pendant les manifestations, mais dans les nuits qui ont suivi démontre le caractère organisé de la répression. Les explications du ministre de l’Intérieur tendant à attribuer ces actes à des pratiques isolées ne résistent pas à un examen approfondi des circonstances dans lesquelles ces actes ont été perpétrés, d’après le rapport . De tels actes ne peuvent que faire suite à des instructions données au plus haut niveau. De la même manière, le port de cagoules par des policiers tend à étayer la thèse d’une répression planifiée et organisée. Le port de ces cagoules ne peut s’expliquer que par la volonté d’éviter que les policiers qui se sont livrés à des exactions ne soient identifiés par leurs victimes qui pourraient les poursuivre en justice. Interrogé, le ministre de l’Intérieur a vigoureusement déclaré que seuls les membres des brigades anti-terroristes pouvaient dans le cadre d’opérations spéciales porter des cagoules. Le rapport de la FIDH est arrivé à la conclusion que la répression qui s’est abattue sur la Tunisie après la fuite de Ben Ali s’apparente à des actes de représailles collectives derrière lesquels un motif commun apparait: semer la peur afin de dissuader les gens de manifester à nouveau.

A qui la faute

Moi je pense que le ralbol est dû aux mécontentements des jeunes qui ont fait la révolution et qui ne voient rien changer, même répression, même main mise sur les médiats, toutes leurs revendications pour un changement radical du comportement des gouvernants envers la jeunesse se fait attendre, pour l'éclosion de médiats vraiment libres, poursuite judiciaires des tortionnaires et des corrompus de l'ancien régime, pendant ce temps la, Ennahdha et ses amis islamistes, tissent leurs toile, ils s'accaparent de la chose sociale, regagnant la sympathie des couches sociale démunies, délaissées par tous, en fournissant aides et réconforts, propageant leurs dogmes et leur charia. En tout cas, ce n'est pas dans leurs intérêt actuellement de semer le désordre ni de retarder les élections, tout simplement parce qu’ils sont les mieux organisés pour gagner les élections, ils ont plutôt tendance a se faite tout petit en lissant leurs discours, en se présentant dans les médiats comme les meilleurs "défenseurs" de la liberté et la démocratie, un double langage, il suffit d'entendre leurs discours enflammés dans les mosquées.

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