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"Alain Juppé n'est pas l'homme de la normalisation des relations entre la France et le Rwanda"
En visite en France, la ministre rwandaise des Affaires étrangères n’a pas pu rencontrer son homologue français mardi. Problème d'agenda ou signe des tensions persistantes entre Alain Juppé et Kigali ? Tentative d'explication.
En visite de travail à Paris, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikawabo, aura dû se contenter, mardi, d’un entretien avec Henri de Raincourt, le ministre français de la Coopération. Son homologue français n’a pas pu la rencontrer parce que son agenda "ne le permettait pas", ainsi que l’a déclaré Bernard Valero, le porte-parole du Quai d'Orsay.
Contretemps ou prétexte, ce manqué ne peut que rappeler les rapports tumultueux entre le chef de la diplomatie française et les autorités rwandaises. Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), en charge de l’Afrique, revient sur l’incidence du retour d’Alain Juppé au Quai d’Orsay dans le processus de normalisation des relations entre Paris et Kigali.
FRANCE 24 - La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a été reçue mardi par le ministre français en charge de la Coopération et non par son homologue, Alain Juppé. S’agit-il, selon vous, d’une simple "question d’emploi de temps" comme annoncé au Quai d’Orsay ?
Philippe Hugon - C’est une crise historique qui est encore non réglée. Il faut remonter au génocide rwandais de 1994 pour en trouver quelques éléments d’explication. D’un côté, les autorités rwandaises ont toujours reproché à la France d’avoir apporté un appui au régime de Juvénal Habyarimana [le président rwandais tué le 6 avril 1994 à bord de l’avion qui le ramenait à Kigali, sa mort est considéré comme l'élément déclencheur du génocide, NDRL] et de l’autre, la France n’a jamais écarté l’hypothèse d’une responsabilité de Paul Kagame, l’actuel président du Rwanda, dans ce génocide.
F24 - Pourtant, depuis 2010, les deux pays ont manifesté une certaine volonté de normaliser leurs rapports bilatéraux ?
P. H. - Il existe encore d'importantes controverses sur ce qui s’est passé en 1994 au Rwanda. Le débat aujourd’hui est celui de savoir s’il y a eu un génocide ou deux génocides rwandais, notamment avec les représailles et les massacres des réfugiés hutus dans la région congolaise du Kivu par les troupes de Paul Kagame.
C’est donc un problème de mémoire qui nécessite l’établissement clair des responsabilités des uns et des autres. C’est pourquoi, malgré la normalisation des rapports entre la France et le Rwanda entamée par Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy [lors de sa visite de février 2010 à Kigali, le président français avait reconnu même une “erreur d’appréciation” de la France dans le génocide de 1994],la plupart des personnalités des gouvernements français de l’époque, notamment Hubert Védrine et Alain Juppé, n’ont jamais cessé de considérer qu’il y a une part de responsabilités des actuels dirigeants rwandais.
F24 - Cette position ne contraste-t-elle pas avec le processus de normalisation en cours entre les deux pays ?
P. H. - Tout en étant un ministre compétent dont la nomination au Quai d'Orsay ne peut être remis en cause, Alain Juppé n’est pas l’homme adéquat de la normalisation des relations entre la France et le Rwanda. Les autorités rwandaises soutiennent toujours qu’il aurait une responsabilité lors des massacres des Tutsi lors du génocide de 1994, alors qu’il était, comme aujourd’hui, ministre des Affaires étrangères. Et inversement, il considère que le régime de Paul Kagame serait également impliqué dans ces massacres.
Toutefois, sa présence à la tête de la diplomatie française ne bloquera pas outre mesure le processus de normalisation engagée entre les deux États. La France, à travers Nicolas Sarkozy, a opté pour le réalisme politique en maintenant ce rapprochement avec le Rwanda. Mais la normalisation ne doit pas occulter le travail de mémoire qui doit aussi se poursuivre afin de dégager toute la vérité du génocide rwandais.


























Commentaires (9)
Rwanda
En 1990 - 93, je suis allé plusieurs fois au Rwanda et j'y ai rencontré le Pasteur Bashaka Faustin et sa femme Donatille, tous deux hutus. Ella était députée à l'Assemblée Nationale et remerciait le ciel (!) que la France les aide à contrer les tutsis de Paul Kagamé qui revenaient : "Que ferions-nous si la France n'était pas là pour nous aider ?". A l'hôtel des Diplomates où j'étais descendu, les officiers français ne s'en cachaient pas : "Nous sommes ici pour maintenir l'ordre et entraîner les commandos du Président". Par ailleurs, un reportage diffusé sur une de nos chaînes de TV ces dernières années, racontait, avec force détails tragiques, la période des massacres et les "suites", entre autres l'opération Licorne commanditée par le ministre Alain Juppé. A la fin du reportage, question à A. Juppé : "Que pensez-vous de ce reportage et de votre action à ce moment là ?" Réponse immédiate :"Si c'était à refaire, je ferai exactement la même chose". On ne peut oublier que l'opération Licorne de l'époque a servi à évacuer les responsables hutus massacreurs alors qu'elle devait permettre de dégager les tutsis massacrés... Je comprends pourquoi Alain Juppé n'est pas en France quand le Président du Rwanda est à Paris !!!
Kagame gagnant
Je vois que Jupin n'a rien de diplomate. Il vient d'afficher une faiblesse politique en ayant peur de rencontre Paul Kagame. En tout cas Kagame sort victorieux et ce ci montre combien le sans des victimes du geneocide fait peur a Mr. Jupin et les autres autorites francaises de l'epoque (1994). Jupin, que signifie la 'Diplomatie' dans ton costume de Min. Aff. Etr??? ( Je ne te juge pas, mais Vicitmes du genocide savons bien quel role la France joué avant et pendant le genocide des tutsi en 1994. ... )
Double génocide ou pas, tous ont tué
Le message qu'a envoyé Alain Jupé est fort politiquement. Etant aux affaires, il sait pourquoi il n'a pas reçu la ministre rwandaise des affaires étrangères. En parlant des thèses révisionnistes, est-ce une façon de dire que tous doivent accéder aux thèses présentées et soutenues par le gouvernement rwandais actuel? Le bon sens ne devrait pas nous pousser à nous poser des questions sur les recettes qui nous ont été servi? Comme si pendant le génocide, seul le Tutsis sont morts! Foutaise. Il est temps que d'autres voix se fassent entendre sur le pseudo génocide tutsis. L'avenir nous dira s'il n'y a pas eu génocidé rwandais tout simplement. La récupération politique étant ce qu'elle est,au nom de la mémoire, il ne faut pas oublier les Hutus, traqués et tués sans foi ni loi pendant leur fuite, même dans les camps des réfugiés. Face à la Justice, Jupé donnera sa version des faits qui pourra certainement ouvrir une partie de la lumière sur cette affaire qui devient éminemment politique.
non a la francafrique.
en afrique ,on n a pas besoin des besoin des francais.nous avons des terres fertiles et des minerais.ce sont les francais qui vont chez nous pour allumer afin qu'ils puissent voler nos richesses.les africains ce le temps que nous devons penser et travailler pour le devellopement de l afrique.on n a pas besoins des affamers du peuple , malhonnete et des batars. sans l afrique les fgrancais vont mourir de faim.s v p les chefs d Etats africains soyez comme sekou touré ,patrice lubumba et sankara.
LA JUSTICE DOIT FAIRE SON TRAVAIL
L'AUTO-GENOCIDE rwandais de 1994 ne doit plus servir de font de commerce pour le dictateur Kagamé qui du reste est présumé auteur d'autre génocide en RDCongo jusqu'à preuve du contraire devant la justice international .Les hommes de Kagamé ne méritent pas d'être pas des ministre mais plutôt par des juges .
alain juppé reprèsente la
alain juppé reprèsente la france dure. la france des interets neocoloniaux. après le rwanda on retrouve ce monsieur très actif à encourager les crimes et la violence en côte d'ivoire et en lybie.mais de grace pour lui la cour pènale internationale n'a ni yeux ni bouche pour lui faire le moindre reproche
rwanda
Encore un pseudo expert qui parle sans connaître le Rwanda et parle de génocide rwandais, de double génocide, se fait l'écho des thèses révisionnistes sans se démarquer, met au m^me plan un génocide avéré et une thèse colportée par les génocidaires et leurs alliés qui confondent le Rwanda 1994 et les guerres du Congo (1996_2004)... La communauté internationale, dont la France, a reconnu le génocide des tutsi (TPIR en est la traduction). La vérité sur le génocide ? Les parts d'ombre se réduisent, restent l'attentat (la thèse Bruguière/péan/Védrine) a volé en éclats (les mandats ont été levés) et celles de la responsabilité française, pas celle du FPR qui est claire (crimes de guerre, mais on n'arrête pas un génocide et des génocidaires avec des fleurs). Pourquoi les médias , y compris FR24, fait appel à ce genre d'experts ? Pourquoi n'interrogez vous pas Chrétien ou Prunier, de vrais experts ... On n'a pas besoin d'amateur sur ce dossier.
France Rwanda
Bien d'accord avec P.Hugon : "la normalisation ne doit pas occulter le travail de mémoire qui doit aussi se poursuivre afin de dégager toute la vérité du génocide rwandais."Mais que penser de ce propos :"Le débat aujourd’hui est celui de savoir s’il y a eu un génocide ou deux génocides rwandais"?Ce débat n'existe que chez les tenants du "double génocide", de Fr. Mitterrand )à D. de Villepin, chef de cabinet d'A. Juppé lors du génocide des Tutsi en 1994 que P.Hugon semble réduire au rang dece qu'il appelle de façon péremptoire " les représailles et les massacres des réfugiés hutus dans la région congolaise du Kivu par les troupes de Paul Kagame."
Tous mouillés ?
Juppé était aux affaires en 1994, et comme tous les hommes politiques qui sont dans ce cas - de droite ou de gauche - il vit dans la crainte d'une mise en cause personnelle en raison du rôle qu'il a joué à l'époque. N'oublions JAMAIS qu'en mai 1994, des représentants du gouvernement rwandais étaient reçus au quai d'Orsay (dirigé alors par Juppé), alors qu'ils avaient les mains couvertes du sang de centaines de milliers d'innocents.
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