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Moyen-orient

Un physicien nucléaire iranien tué par balle à Téhéran

Texte par Dépêche

Dernière modification : 24/07/2011

Un scientifique nucléaire iranien a été assassiné samedi à Téhéran, rapportent les médias locaux. Daryoush Rezaei, universitaire de 35 ans et docteur en physique, avait des liens avec l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

AFP - Un physicien nucléaire iranien a été tué samedi à Téhéran par des inconnus qui l'ont abattu par balle devant son domicile, ont rapporté les médias iraniens.

"Un professeur de physique et expert en nucléaire a été assassiné il y a quelques heures" devant sa maison à Téhéran, a indiqué l'agence de presse Mehr vers 14H30 GMT sans préciser son identité.

Selon l'agence Isna, confirmée par l'agence officielle Irna, il s'agit de Daryoush Rezaei, un scientifique ayant des liens avec l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA). Il était âgé de 35 ans.

Selon l'agence Mehr, M. Rezaei était enseignant et chercheur en physique neutronique au sein de l'OIEA.

L'agence Fars a ajouté qu'il était également lié au ministère de la Défense.

Un important responsable de la sécurité Safar Ali Baratlou a indiqué, cité par l'agence Ilna, qu'aucune arrestation n'avait été effectuée à la suite de ces tirs.

L'épouse du physicien a été blessée dans l'attentat, qui a été perpétré par des hommes à moto, selon les médias.

Plusieurs scientifiques nucléaires iraniens ont été victimes ces dernières années d'attentats ou de disparitions inexpliquées, que Téhéran a imputés à Israël et aux puissances occidentale accusés de chercher à freiner l'avancée du programme nucléaire iranien controversé.

Deux responsables de ce programme, Majid Shahriari et Fereydoun Abbassi Davani, avaient été victimes le 29 novembre dernier de bombes placées contre leurs véhicules par des hommes à moto alors qu'ils circulaient à Téhéran.

M. Shahriari, responsable du projet sur les réacteurs nucléaires au sein de l'OIEA, a été tué dans ce double attentat, alors que Fereydoon Abbasi Davani, l'un des principaux spécialistes iraniens des lasers travaillant pour le ministère de la Défense, n'a été que légèrement blessé.

M. Abbassi Davani, figurant sur le liste établie par l'ONU des Iraniens soumis à des sanctions internationales pour leur rôle clef dans le programme nucléaire iranien, a pris en février la direction de l'OIEA.

Quelques mois plus tôt, le 12 janvier 2010, un autre scientifique nucléaire iranien de renom international, Masoud Ali Mohammadi, avait été tué dans l'explosion d'une moto piégée alors qu'il sortait de son domicile de Téhéran.

Les dirigeants iraniens ont attribué ces différents attentats à "des mercenaires" agissant pour le compte d'Israël et des Etats-Unis.

Téhéran a annoncé début 2011 le démantèlement d'un réseau travaillant pour le Mossad israélien, affirmant que parmi les personnes arrêtées figurait un responsable de l'attentat ayant coûté la vie à M. Ali Mohammadi et indiqué que l'Iran allait porter plainte contre Israël pour cet assassinat.

Les dirigeants iraniens ont également imputé à Israël et aux Etats-Unis les disparitions inexpliquées de plusieurs scientifiques nucléaires ou responsables militaires iraniens au cours des dernières années, ainsi qu'une attaque informatique par le virus Stuxnet, à l'été 2010, contre les centrifugeuses enrichissant l'uranium iranien.

L'Iran est sous le coup de six résolutions de l'ONU et de sévères sanctions internationales contre son programme nucléaire controversé, notamment en raison de sa politique d'enrichissement d'uranium dont les Occidentaux soupçonnent qu'elle a des objectifs militaires en dépit des dénégations répétées de Téhéran.

Après les attentats de novembre 2010, Téhéran avait annoncé que les principaux scientifiques travaillant au programme nucléaire iranien allaient être placés sous protection renforcée.

Le nouvel attentat de samedi intervient alors que l'Iran a annoncé mardi avoir commencé à installer de nouvelles centrifugeuses plus rapides dans ses installations d'enrichissement d'uranium.

Les dirigeants iraniens ont toujours affirmé que ni les sanctions internationales ni les attentats ni les attaques informatiques n'empêcheraient l'Iran de poursuivre et même d'accélérer son programme nucléaire.

 

Première publication : 23/07/2011

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