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Afrique

Les rebelles s'emparent d'Al-Ghazaya, près de la frontière tunisienne

©

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/07/2011

Au terme d'une journée de combats, l'insurrection libyenne a pris le contrôle d'Al-Ghazaya, ville située près de la frontière tunisienne, au sud-ouest de Tripoli. De son côté, l'Otan poursuit ses opérations aériennes.

AFP - Les rebelles libyens, qui viennent de nommer un ambassadeur à Londres, ont infligé jeudi un nouveau revers au régime de Mouammar Kadhafi en s'emparant de la ville d'Al-Ghazaya, près de la frontière tunisienne, au sud-ouest de Tripoli, selon un correspondant de l'AFP.

Les combats les plus acharnés ont eu lieu dans la partie orientale d'Al-Ghazaya, que les insurgés ont attaquée vers 08H00 (06H00 GMT), à la fois par l'ouest et par l'est, a constaté l'AFP.

En milieu d'après-midi, les rebelles ont pénétré à bord de pick-up dans la cité qu'ils avaient auparavant bombardée à l'artillerie lourde à partir des hauteurs alentours et après la fuite des forces loyales au colonel Kadhafi à bord de nombreux véhicules, a raconté le correspondant de l'AFP.


C'est d'Al-Ghazaya, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Tunisie, que les loyalistes avaient intensifié ces derniers jours leurs tirs de roquettes Grad sur Nalout, localité aux mains des rebelles à 230 km à l'ouest de la capitale libyenne.

Cette région montagneuse du Nefoussa est le théâtre depuis plusieurs mois d'affrontements entre l'armée de Mouammar Kadhafi et la rébellion, qui y a déclenché début juillet une offensive majeure, espérant notamment avancer vers Tripoli.

De son côté, l'Otan maintient une forte pression avec toujours des dizaines de raids aériens quotidiens.

Par ailleurs, les insurgés ont déclaré mercredi avoir fait, sans succès, une offre au colonel Kadhafi de passer la main tout en restant au pays.

"Nous avons fait une proposition. Le délai est passé. La proposition n'est plus valable", a dit le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique des rebelles libyens à Benghazi (est), Moustafa Abdeljalil.

Aux termes de cette offre, Mouammar Kadhafi devait abandonner ses fonctions, son lieu de résidence aurait été "le choix du peuple libyen" et il aurait été placé sous "surveillance étroite", a-t-il ajouté.

La France et la Grande-Bretagne, ainsi qu'un responsable de la rébellion, ont suggéré que le colonel Kadhafi puisse être autorisé à certaines conditions à rester en Libye, du moment qu'il quittait le pouvoir.

La rébellion marque des points sur le front diplomatique

En réponse, le dirigeant libyen a à nouveau défié mercredi soir l'Otan et les insurgés, dans un message sonore à ses partisans à Zalten (à 120 km à l'ouest de Tripoli).

"Nous n'avons pas peur. Nous les défions. Nous paierons le prix avec nos vies, nos femmes et nos enfants. Nous sommes prêts au sacrifice pour défaire l'ennemi", a-t-il assuré.

Prudent, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a estimé de son côté que le mouvement insurrectionnel pourrait se jouer sur une génération avant de porter ses fruits.

En attendant, la Grande-Bretagne a reconnu le Conseil national de transition en tant que seul "gouvernement légitime" de Libye et l'a invité mercredi à s'installer à l'ambassade de ce pays à Londres après l'expulsion des derniers diplomates loyaux au colonel Kadhafi.

Le CNT a à cet égard annoncé jeudi la nomination de Mahmud Nacua, écrivain et intellectuel de 74 ans, au poste d'"ambassadeur" de Libye dans la capitale britannique.

Mahmud Nacua "est impliqué dans l'opposition depuis les années 1980", a expliqué Guma Al-Gamaty, coordinateur en Grande-Bretagne pour le CNT.

Selon lui, le geste britannique est un "pas important" et un "message clair au peuple libyen et à Kadhafi".

La reconnaissance par Londres du CNT a été en revanche qualifiée d'"irresponsable" et d'"illégale" par le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaaim.

Le Royaume-Uni qui participe activement aux opérations engagées le 19 mars contre les forces pro-Kadhafi, a en outre décidé de mettre fin au gel d'actifs pétroliers libyens, d'une valeur de 91 millions de livres (102 millions d'euros). Bloqués dans le cadre d'une résolution des Nations unies, ils seront transférés à la rébellion.

De leur côté, les Etats-Unis disent pour le moment étudier une demande du CNT en vue d'ouvrir une ambassade à Washington.

Première publication : 28/07/2011

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