Dernière modification : 29/07/2011 

- Facebook - Islande - Révision constitutionnelle - Twitter - YouTube


Et le Web islandais inventa la Constitution participative...

Et le Web islandais inventa la Constitution participative...

Après trois mois et demi de travail, un comité de 25 citoyens islandais a transmis un projet de Constitution participative à leur Parlement. Rédigé en partie via les médias sociaux, le texte doit être examiné par les députés le 1er octobre.

Par Perrine MOUTERDE / Steven JAMBOT (texte)
 

Un comité de citoyens islandais a remis ce vendredi à la présidente du Parlement un projet de Constitution qui vise à remplacer l'actuelle. Une première  dans un pays où les querelles politiques ont toujours empêché un réexamen général de la Loi fondamentale largement inspirée de celle du Danemark, l'ancien pays de tutelle. Depuis l’indépendance de l'île, en 1944, seuls quelques ajustements ont été apportés au texte.

Composé de 25 Islandais élus, parmi lesquels des paysans, des professeurs, des étudiants, des membres du clergé, des avocats, etc., le comité a supervisé pendant trois mois et demi l’écriture de la nouvelle Constitution à laquelle ont contribué les citoyens via les médias sociaux.

Tout est parti de l’indignation des Islandais

C'est après la désastreuse crise financière de 2008 que l'Islande se lance dans cet ambitieux et innovant processus de révision constitutionnelle. L'effondrement du système bancaire et son impact sur de nombreux secteurs économiques conduisent le pays à remettre en cause les fondements même de son fonctionnement. Indignée, la population réclame une meilleure séparation des pouvoirs exécutif et législatif, davantage de démocratie participative, des garanties pour mieux contrôler les responsables du pouvoir...

Le 6 novembre 2009, un millier de personnes participent à un "forum national" durant lequel ils expriment leurs opinions sur les valeurs centrales que doit refléter cette nouvelle Constitution. Le 6 avril 2011, un Conseil constitutionnel, créé quelques mois plus tôt, entame ses travaux de révision, à partir des résultats du forum. Des travaux auxquels les quelque 320 000 citoyens islandais sont invités à participer par le biais d'Internet.

Chaque jour, le Conseil publie sur son site les comptes-rendus de ses discussions. Chacun est invité à commenter ces propositions, à poser des questions, faire des propositions... Même chose sur la page Facebook et le compte Twitter des Sages. Chaque jeudi, les réunions de travail sont ouvertes au public et diffusées en direct sur la chaîne YouTube du comité. "Je crois que c'est la première fois qu'une Constitution est pratiquement écrite sur Internet, a commenté Thorvaldur Gylfason, l'un des membres du Conseil cité par le journal britannique The Guardian. Le public voit la Constitution prendre forme sous ses yeux."

Bière gratuite ou enseignement obligatoire du langage des signes ?

Alors que certains plaisantins proposent d'instaurer la gratuité des glaces ou de la bière, d'autres, plus sérieux, s'inquiètent de la durée des mandats électifs ou proposent de faire de la langue des signes un enseignement obligatoire à l'école. Si toutes les remarques n'ont bien sûr pas été retenues, et si des experts juridiques ont encadré les travaux, les membres du conseil assurent que ces contributions ont eu un impact très positif sur le projet.

Fruit de cette collaboration, un projet de Constitution de 114 articles, bien sûr disponible sur Internet, qui ouvre la voie à des changements considérables comme le rôle du président de la République, l'équilibre des pouvoirs, la révision du système électoral ou encore la façon dont les ressources naturelles sont utilisées.

L'avocat Gísli Tryggvason est  l’un des 25 membres du comité. Interrogé par France24.com, il se félicite du travail accompli durant ces trois mois et demi : "Je suis très fier car certains pensaient que l’on n’y arriverait pas. Des milliers de personnes ont participé à la rédaction du texte, ce n’était pas évident à compiler. Et même si, au final, seuls 1 à 2 % du corps électoral ont contribué au projet, j’estime que c’est une réussite." Bien qu'il ne soit pas "le mieux placé pour répondre", Gísli Tryggvason estime que l'adoption de cette Constitution participative serait "bon" pour son pays.

Reste que le texte doit être examiné par une commission de députés. Début des travaux : le 1er octobre. Une perspective qui est loin d'enchanter l'avocat. "Pendant 30 ans, les parlementaires n’ont pas été capables d'amorcer un quelconque processus. Ma grande peur est que ce projet ne soit jeté aux oubliettes", estime Gísli Tryggvason, bien décidé à "maintenir la pression" pour que le projet soit accepté. Et d'ajouter, plus radical : "Nous devrions soumettre le texte aux Islandais par référendum avant même que le Parlement ne s’en saisisse."

Crédit photo : Stjórnlagaráð / Flickr.

 

Commentaires (14)

faire appel à avaaz

ils n'ont qu'à faire appel à avaaz, ils obtiendront sans doute des millions de signatures à travers le monde pour que leurs efforts ne soient pas jetés aux oubliettes.

Idem en Tunisie

En réponse à Jean...

Bonjour,
Vous rejoignez mon commentaire (en l’élargissant très à propos) et je vous donne bien entendu raison mais nous restons toujours dans le domaine du rêve !
Nos politicards (car je me refuse au terme de « politiciens » !) entrent en politique par l’entonnoir et sont prêts à toutes les turpitudes mais certes non à une quelconque responsabilisation !
Je vous rappelle d’ailleurs à cet égard que seules les lois d’amnistie les concernant emportent l’adhésion de tous !
Bien à vous,
Philippe.

Initiative NABNI en Algérie

Les islandais se sont-ils inspiré de l'initiative NABNI en Algérie? une initiative citoyenne menée sur internet et qui a donné naissance non pas à une nouvelle constitution mais à un gros projet de réformes sociales sous la forme d'un gros document réunissant une centaine de sous-projets.

L'Islande des "indignés"

Ce qui est intéressant, c'est le processus qui s'est engagé depuis plusieurs mois.
Rappelons une des origines . Les Islandais refusent de combler les déficits de leurs banque qui ont spéculé et perdu des dizaines de milliards d'euros. Et pour quel motif essentiel ? Lorsqu'elles font des bénéfices, elles ne partagent pas ces bénéfices avec la population. Alors pourquoi les Islandais devraient-ils se partager la dette ?
Soyons sérieux : où va-ton si le peuple décide de sanctionner des fautifs, des gens qui ont joués avec leur argent, de les rendre responsables personnellement de leurs actes ?
Mais au fait, n'est-ce pas ce que font, à chaque seconde, nos politiciens en France ?
Pourquoi les Français n'imposent-ils pas, eux aussi, la responsabilité personnel de leur élus dans leurs actes publics, comme il en va pour chaque artisan, chaque citoyen ?
Ceux qui veulent être élus feraient bien d'intéger dans leur programme la suppression de ce privilège exorbitant ! Mais pour qu'on les croient honnêtes, il faudrait qu'ils définissent le processus de responsabilisation des élus, la planification de la mise en oeuvre de ce processus, et les moyens de contrôle et de sanction à la disposition de la population.
Il y a du boulot !
Tous ces politiciens se disent démocrates ! Alors qu'ils le montrent par leurs actes ! On voudrait bien les croire.
Je n'ai trouvé que sur France 24 des informations sur le processus démocratique en cours en Islande. Comment cela se fait-il ? Que font les pseudos-journalistes de nos quotidiens ?
jeancohenny@free.fr Jean Cohenny

Constitution islandaise

Si les élus et politiciens islandais sont comme ceux de notre pays (et ils le sont partout dans le monde !), cela n'est pas près de changer et le referendum ne restera qu'un rêve car ne représentant qu'une menace de sanction à leur égard...

Copie conforme

Un article que notre gouvernement ferait bien de lire et d'appliquer.

un modèle unique cette constitution

Modèle à appliquer notamment dans les pays en proie à la dictature
diabolique de leur président respectif.

Oui à un référendum!!!

"Nous devrions soumettre le texte aux Islandais par référendum avant même que le Parlement ne s’en saisisse."
Oui, ce serait la meilleure façon d'aller au bout de ce projet qui est encourageant pour l'avenir de notre monde. Stoppons ceux qui abusent du pouvoir, empêchons-les de nuire, permettons aux peuples de participer à la rédaction de leurs constitutions!!!
Soyons vigilants, surveillons la réaction du Parlement suite à l'examen du projet. Il s'agit là d'une occasion en or de travailler ensemble pour enfin obtenir une vraie démocratie, ne la laissons pas passer.

Prenez de la graine Démocrates

Il serait peut-être tant de revoir tout le système de gouvernance qui maintient sous le joug colonial les soit-disants départements d'OUTRE-MER !

Rédaction Participative ? .... Bravo !

Au Sénégal, les assises nationales n'ont pas autant été inspirées. Cela aurait pu changer le paradigme des débats actuels sur l'avenir post électoral de la République après le scrutin de 2012.
Il n'est peut-être jamais tard pour mieux faire.

democratie

en france la democatie n'existe plus nos elues pris en defaux ce dedoinne eux meme ?cicule il n'y a rien a voir

constitution

à quand la même chose en France,une énorme avencée démocratique.

CONSTITUTION PARTICIPATIVE

Bonne idée, adoptons là nous aussi! Avec des révisions périodiques pour l'améliorer.

Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet

 
 
 
Fermer