- Crash aérien - France - Vol Rio-Paris
Un nouveau rapport du BEA met en cause la formation des pilotes
Un nouveau rapport du Bureau d’enquêtes et d’analyses établit que l'équipage du vol AF-447 Rio-Paris, victime d’un crash en 2009, n’a pas appliqué la procédure en cas de perte de vitesse à haute altitude, mais qu’il n'y avait pas été formé.
Le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a rendu public, ce vendredi, le "scénario" du crash, au large du Brésil, du vol AF-447 Rio-Paris qui avait provoqué la mort de 228 personnes le 1er juin 2009. Dans ce troisième rapport intermédiaire publié par l’organisme, les enquêteurs distinguent trois phases, du départ en repos du commandant de bord jusqu’à la fin de l’enregistrement des boîtes noires.
Le BEA confirme par ailleurs que la composition de l’équipage de l’avion était conforme aux procédures de l’exploitant (Air France), mais que le commandant de bord n’était pas présent dans le cockpit au moment du décrochage de l’avion.
Il indique également que les pilotes n’avaient pas été entraînés à faire face à une perte de vitesse à haute altitude et n’ont pas, de fait, eu la réponse adéquate. L’enquête assure qu’aucune annonce n’a été faite aux passagers.
"Pas de consignes opérationnelles" du commandant de bord
Le rapport, rédigé à partir de l’enregistrement des boîtes noires, constate un premier dysfonctionnement. Vers 2h02, après avoir assisté au briefing entre les deux copilotes, le commandant quitte le poste de pilotage sans avoir donné de "consignes opérationnelles claires" et sans qu’une "répartition explicite des tâches entre les deux copilotes" ait été définie.
L’avion se dirige vers une zone de faibles turbulences que les pilotes estiment comparable à celle qu’il vient juste de traverser. Quatre minutes plus tard, le pilote en fonction (celui qui s’occupe à proprement parler de la navigation) informe le PNC (Personnel navigant commercial, en cabine) que l’appareil va traverser une zone de turbulences d’ici deux minutes.
À 2h08, le pilote non en fonction (qui est chargé de vérifier les pannes et procédures d’urgence) propose à son collègue de "prendre un peu à gauche". L’appareil procède alors à une altération de cap de 12 degrés à gauche de sa route initiale.
Pas de formation pour faire face à cette situation
À 2h10, l’auto-poussée et le pilote automatique sont désengagés alors que l’avion évolue en limite supérieure d’une couche nuageuse légèrement turbulente. L’avion part en roulis à droite. Le pilote en fonction exerce une action à gauche et tire le manche pour faire prendre de l’altitude à l’appareil. L’alarme de décrochage se déclenche alors à deux reprises et la vitesse de l’appareil chute brutalement.
Le BEA observe une incohérence entre les vitesses mesurées à ce moment précis sur le compteur du côté gauche du cockpit et sur celui de l’instrument de secours, vraisemblablement en raison de l’obstruction des sondes Pitot par des cristaux de glace.
Les deux copilotes identifient et annoncent le dysfonctionnement du matériel de mesure de vitesse, mais aucun des deux n’appelle la procédure "IAS douteuse" (Indicated Airspeed, ou vitesse indiquée).
Il apparaît à la lecture du rapport du BEA que les deux copilotes n’ont pas reçu de formation à cette procédure à haute altitude, de même qu’au pilotage manuel à haute altitude. Par ailleurs, il n’existe pas de formation CRM (Gestion de ressources en équipe) pour les équipages constitués de deux copilotes en situation de suppléance du commandant de bord, explique le document.
Aucun des pilotes n’a identifié le décrochage
Moins d’une minute après l’arrêt du pilotage automatique, l’alarme de décrochage retentit une nouvelle fois. Le pilote en fonction décide de maintenir son ordre à cabrer alors que la manœuvre à effectuer était un piqué, comme l’explique le BEA. Il quitte alors le domaine de vol, et l’incidence de l’appareil (angle formé par la corde d’un profil d’aile et l’axe longitudinal de l’avion), qui est alors de six degrés, continue d’augmenter.
Aucun des pilotes n’identifie formellement, ni ne fait référence à l’alarme de décrochage, enclenchée de façon continue pendant 54 secondes. Par ailleurs, jusqu’à l’accident, les moteurs continueront de fonctionner et de répondre aux commandes de l’équipage.
À 2h11 et 42 secondes, soit une minute trente après que la première alarme a retenti, le commandant de bord réintègre le poste de pilotage. Dans les secondes qui suivent, l’alarme de décrochage s’arrête et les données de vitesse enregistrées deviennent invalides. L’incidence de l’avion dépasse 40 degrés, et il subit des roulis successifs à gauche et à droite dont certains atteignent 40 degrés. Sa vitesse verticale est de 10 000 pieds/minute (environ 180km/h).
Près de trois minutes, les enregistrements s’arrêtent. Entre-temps, les pilotes ont tenté de rétablir l’appareil à plusieurs reprises en effectuant des actions à piquer. À aucun moment ils n’ont émis d’appel de détresse.
Des faits, des recommandations, pas de responsabilités
Plus tôt dans la journée, le quotidien Le Figaro, qui affirmait s’être procuré des éléments de ce rapport, avait dessiné les contours du scénario qu’ont révélé les enquêteurs ce vendredi après-midi.
L’article évoque "une erreur du pilote en fonction au moment de l’accident, dont les conséquences auraient été amplifiées par l’incapacité de l’équipage du cockpit à analyser correctement la situation".
La veille, sur son site Internet, le quotidien avait assuré que le rapport allait mettre "en cause l'équipage", qui n'aurait notamment "pas compris que l'avion avait décroché".
Des éléments qu’une porte-parole du BEA, interrogée par l’AFP, avait qualifiés de "parcellaires et réducteurs". Le mandat du bureau consiste à "pointer les défaillances qui ont conduit à l'accident, mais non à déterminer leurs causes", avait-elle indiqué, avant de développer : "Le BEA établit des faits. Sur la base de ces faits, il établit des recommandations".
"La responsabilité des uns et des autres, c'est un sujet judiciaire, ce n'est pas le rôle des enquêteurs du BEA", a rappelé, pour sa part, Nathalie Kozciusko-Morizet, ministre française de l’Écologie et des Transports, en entretien sur la radio RTL.
Air France défend ses pilotes
Dans un communiqué publié en début d’après-midi, Air France a réagi à la publication du rapport. "Rien ne permet à ce stade de remettre en cause les compétences techniques de l'équipage", explique la compagnie, qui énumère une "combinaison de multiples éléments improbables" pour la défense de son personnel.
"Il est à noter que les multiples activations et arrêts intempestifs et trompeurs de l'alarme de décrochage, en contradiction avec l'état de l'avion, ont fortement contribué à la difficulté pour l'équipage d'analyser la situation", ajoute le communiqué
Plus de deux ans après le crash, les causes et responsabilités de la catastrophe du Rio-Paris n’ont toujours pas été formellement établies. L’analyse des données des deux boîtes noires, repêchées en mai, est toujours en cours. Le crash de l’appareil, qui s’était abîmé en mer au large du Brésil dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, avait provoqué la mort de 228 personnes dont 216 passagers de 32 nationalités, notamment 73 Français, 58 Brésiliens et 26 Allemands.
Les nouvelles recommandations de sécurité du BEA
• Trois recommandations portent sur l’exploitation
• Une recommandation porte sur la certification
• Quatre recommandations portent sur les enregistreurs de vol
• Deux recommandations portent sur la localisation des avions



























Commentaires (11)
L'alarme de décrochage retentit de nouveaux !
L'ALARME DE DECROCHAGE RETENTIT DE NOUVEAUX AU MOMENT OU LES PILOTES TENTAIENT DE MAITRISER LE DECROCHAGE !
Les paramètres de l'alarme de décrochage sont fixés dans une fourchette validée dans le programme par l'ordinateur de bord. Cette alarme retentit donc pour ne prendre que le paramètre principal du décrochage quand la vitesse horizontale devient trop faible l'"auto poussée" du pilote automatique étant coupée. Dans ces conditions la première manoeuvre tentée par le copilote en charge des commandes de vol qui a consisté à un peu cabrer l'appareil est tout à fait contre-productive, elle réduit la vitesse horizontale elle aggrave donc le décrochage. LES APPAREILS DE BORD ENREGISTRENT ALORS DES MESURES CATASTROPHIQUES QUI SONT ANALYSEES PAR LE PROGRAMME DE L'ORDINATEUR COMME ABERRANTES HORS DES FOURCHETTES PREDETERMINEES DE CE FAIT L'ALARME DE DECROCHAGE CESSE, ALORS MEME QUE LA SITUATION CONTINUE A S'AGGRAVER. LE PILOTE AMORCE LA MANOEUVRE CORRECTE C'EST-A-DIRE DE UN PIQUER, LES PARAMETRES DE VOL S'AMELIORENT MAIS PARADOXALEMENT RECONNUS COMME VALABLE PAR L'ALERTE DECROCHAGE CELLE-CI RETENTIT DE NOUVEAUX ! Il y a de quoi déstabiliser quelques précieuses secondes un équipage de copilotes qui probablement pourraient faire une carrière entière sans rencontrer cette configuration de vol, et malheureusement ils n'ont pas été formé à ces conditions extrêmes : interruption intempestive de l'auto poussée, indication de vitesse absentes ou ininterprétables, repères visuels impossibles du fait de la nuit, vol au-dessus d'une zone de fortes turbulences, alarmes mal paramétrées pour finir équipage peu expérimenté mais surtout non formé à ces conditions extrêmes. La conjonction de tous ces éléments explique assez bien l'accident.
Sans être grand clerc on voit bien que les mauvaises manoeuvres incombent aux pilotes, que l'absence de formation incombe à la compagnie, les sondes de vitesse défaillantes et la programmation trompeuse des alarmes incombent au constructeur, de plus l'ordinateur de bord aurait pu suggérer la procédure "IAS douteuse" (Indicated Airspeed, ou vitesse douteuse) La nuit et les conditions atmosphériques ont fait le reste. MAIS AU TOTAL TOUS CES FACTEURS NEGATIFS SIMULTANES INTERFERENT INEXTRICABLEMENT LES UNS AVEC LES AUTRES EN UN TEMPS TRES COURT.
INTERET DE L'AIDE D'UN EXPERT
L'ACTION DESTABILISANTE DES ALERTES A ETE PARFAITEMENT MISE EN EVIDENCE POUR LE GRAND PUBLIC DANS LE COMMENTAIRE D'UN EXPERT, ANCIEN PILOTE, qui expliquait sur France-Info vers le 29 juillet ce nouveau rapport du BEA. Il avait insisté sur l'incompréhension au niveau de l'interface « homme-machine ». D'UNE FAÇON GENERALE L'ECLAIRAGE D'UN EXPERT INTERESSE PAR LA COMMUNICATION AVEC LE PUBLIC EST UNE AIDE IMPORTANTE POUR LA REDACTION D'ARTICLES DE QUALITE.
Signé : Archimorre
Air-France Rio-Paris
Que ceux qui ne savent rien se taisent,cela permettra d'éliminer la totalité de ces commentaires.
AIR FRANCE VOL RIO PARIS
Il est facile de tout mettre sur le dos des pilotes qui ne sont plus là pour se justifier.
mon avis les torts sont partagés, mais difficile pour AF de le reconnaître.
AF était une des meilleures compagnies au monde, mais d'après ce que je lis, il y a du laisser aller dans la maintenance et aussi dans la formation des pilotes.!!!!
Accident du vol AF Rio-Paris
1/ une avion a une certaines basse vitesse cesse de voler et tombe comme une pierre. c'est ce qu'on appelle un decrochage.
2/ la procedure veut que l'on mette l'avion en pique. cela permet de gagner de la vitesse et eventuellement permettre aus ailes de retrouver de la portance.
3/ il y a 2 boite noires, l'une enregistre les parametres du vol( vitesses, altitudes, et assiette de l'avion etc...; l'autres enregistre les conversations entre pilotes et tour de controle.
4/c'est en exploitant les donnees de ces boites noires que le BEA sait ce qui s'est passe avant le crash.
5/si le BEA dit que les procedures n'ont pas ete respectees, je ne peux que leur donner raison. On ne cabre pas un avion qui ne sait plus voler et decroche, c'est ce qui s'est malheureusement passe. les tubes de pitot qui se sont bouches n'est pas arrive pour la premiere fois en aviation.ces tubes avec le flux d'air qui y passe permet de connaitre a chaque niveau de l'atmosphere de mesurer la vitesse et l'altitude. ils sont situes de part et d'autres du cocpit. et chaque pilote a un ecran devant lui pour recevoir ces donnees,qui proviennent d'un tubes de pitot different de celui de l'autre pilote. tout cela permet de deceler un dysfonctionnement en comparant les differentes donnees recues entre altimetre et indicateur de vitesse. on a connu des cas et deux aux Etats Unis de dysfonctionnement de tube de pitot ayant conduit a un crash, le derniers cas a Washington. le NTSB , l'equivalent americain du BEA a fait des proposition aux compagnies aeriennes pour apprendre aux pilotes a mieux gerer ces cas de defaillance des instruments de navigation pour la securite de tout le monde. Le BEA n'est pas en reste pour cela. le NTSB comme le BEA sont generalement pris comme les betes noires par les exploitants aeronautiques. Mais il demeure une verite: UNE VIE NE PEUT EN AUCUN CAS AVOIR UN PRIX. LES PILOTES AUSSI NE SONT QUE DES ETRES HUMAINS, ILS PEUVENT FAIRE DES ERREURS, CELA EST ARRIVE PLUSIEURES FOIS. UNE FORMATION ASSEZ RIGOUREUSE EST NECESSAIRE POUR EVITER LA PERTE DE VIES HUMAINES. IL EXISTE EN AVIATION PLUSIEURS ACCIDENTS QUE L'ON POUVAIT EVITER. NOTRE MANQUE DE RIGUEUR MENERA TOUJOURS A LA CATASTROPHE!!!
rapport du bea sur le crash de rio
ancien et modeste pilote d'aéro-club sur jodel d-117 mais toujours passionné d'aviation je me demande et interroge à ce sujet les pilotes professionnels si avec un avion au "pilotage classique" les pilotes n'auraient pas pu contrôler la situation?Je pense par exemple aux avions de transport d'autrefois comme le magnifique super-constellation déjà équipé de dispositifs anti-givrage les goodrich(je ne suis pas certain de l'orthographe).Je serais heureux qu'un spécialiste réponde à ma question.Cela ne met pas en cause l'admiration que j'ai pour les équipages de transport et les pilotes professionnels en général.
Définition de l'incidence
Je souhaite rectifier un point dans cet article.
La définition de l'incidence est la suivante : c'est l'angle entre l'avion et sa vitesse, pour simplifier.
On peut le prendre entre l'axe longitudinal (axe du roulis) ou une corde de la voilure (généralement à l'emplanture), d'une part et le vecteur vitesse relative au vent, d'autre part, cela revient au même.
De toutes les manières, la portance dépend du Cz, lequel est le produit d'un coefficent (Cz_alpha) et de l'incidence corrigée par un référentiel (alpha - alpha_zéro):
Cz = Cz_alpha * (alpha - alpha_zéro)
Alpha_zéro est l'angle d'incidence auquel la portance est nulle.
Selon le choix porté sur l'axe longitudinal ou une corde de la voilure, cela change alpha_zéro en conséquence.
Au final, la portance sera la même quelque soit l'axe choisi, pour mesurer l'incidence.
En tout cas "l’incidence de l’appareil" n'est pas l'"angle formé par la corde d’un profil d’aile et l’axe longitudinal de l’avion)".
Sinon, cela voudrait dire que les ailes se tordent pour donner plus de portance à l'avion.
l'avis de professionnels pilotes est requis
j'attends d'avoir l'avis de pilotes....
car les politiques, les lobbies, et les médias inféodés sont forts pour nous tronquer les informations
crash Vol Rio-Paris
Ce rapport est tres technique et je doute que beaucoup de gens l'aient compris. Je pense que les Pilotes ont fait ce qu'ils pouvaient et qu'il y a pas lieu d'accentuer la douleur sur leurs parents.
Incompétence
Beaucoup trop d'inepties dans cet article rédigé encore une fois par des incompétent qui ne risquent jamais leur vie assis dans leurs fauteuils.
Pourquoi les moteurs qui ont besoin des mêmes paramètes de vol, pression totale et statique et température ont continués à fonctionner normalemet alors que les paramètre reçus dans le poste de pilotage étaient faux ???
Le constructeur et le fournisseur des moteurs avaient'ils prévu un échange de parmètres de vol entre les calculateurs de l'avion et ceux des moteurs (ECU)?
finalement qui est cause
finalement qui est cause alors?les pilotes non formes ou l'airbus?on veut juste couper la poire en deux.RESPECTEZ LA MEMOIRE DE CES PERSONNES BOUFFEES PAR LES REQUINS DE L"ATLANTIQUE SVP
Ce demande encore des
Ce demande encore des explications.
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