Dernière modification : 02/08/2011 

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Le monde arabe reste de marbre face à la crise syrienne

Le monde arabe reste de marbre face à la crise syrienne

Alors que débute le ramadan et que s'intensifie la répression du soulèvement en Syrie, le monde arabe se terre dans le mutisme. S'il apparaît délicat pour plusieurs pays de prendre position, la Ligue arabe est clairement montrée du doigt.

Par Marc DAOU (texte)
 

De Washington à Ankara, en passant par Paris, Berlin et même Moscou, les condamnations se sont multipliées ces derniers jours à l’encontre du régime syrien, après l’intensification de la répression du soulèvement populaire. Cette indignation occidentale tranche avec le mutisme du monde arabe, qui fait effectivement preuve de la plus grande discrétion depuis le début du soulèvement, le 15 mars.

Un silence d’autant plus assourdissant que les musulmans du monde entier ont entamé ce lundi le mois sacré du ramadan, dont les piliers sont notamment le jeûne et la piété. Lundi, au premier jour du mois de ramadan, vingt-quatre civils ont été tués en Syrie, dont dix après la prière du soir, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
 
"Ce mutisme est une honte qui rejaillit sur le peuple arabe en plein ramadan. Il est choquant, mais il n’a rien de surprenant malgré l’ampleur de la crise en Syrie. Car hormis le cas libyen, les gouvernements arabes n’ont pas réagi positivement aux soulèvements qui ont eu lieu dans la région", rappelle Bahy el-Din Hassan, directeur général de l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'Homme (CIHRS).
 
Syndiquer le contenuANALYSE
Le statu quo plutôt que le chaos ?
 
Et pour cause, certains pays arabes sont sur le qui-vive et redoutent les suites des bouleversements géopolitiques qui ont eu lieu dans la région depuis le début de l’année. "Les dirigeants arabes ont peur de vivre le même scénario, ils ne peuvent pas condamner le régime syrien car ils sont eux-mêmes condamnables", explique, dans un entretien accordé à France 3, Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes, basé à Paris. 
 
"Certains régimes, comme l’Arabie saoudite, alors qu’ils entretiennent des relations orageuses avec la Syrie, préfèrent le status quo au chaos dans la région, et ce au nom de leur propre stabilité", analyse Ziad Majed, politologue et professeur à l'Université américaine de Paris. D’autres pays, comme la Libye et le Yémen, sont eux-mêmes confrontés à des soulèvements populaires - "ce qui de facto leur ôte toute légitimité à s’exprimer", relève le politologue. Quant à la Tunisie et à l’Egypte, fers de lance des révoltes arabes, elles se concentrent sur leur propre sort et "évitent de s’engager sur la scène internationale, d’autant qu’elles sont dirigées par des autorités en charge de la transition politique", poursuit Ziad Majed.
 
Au Maghreb, le Maroc et, dans une moindre mesure, l’Algérie ont été le théâtre de protestations populaires. Ils refusent par conséquent de s’ingérer dans les affaires d’un autre pays arabe. "La position du peuple algérien est solidaire du peuple syrien, qui milite pour la dignité et la démocratie. C'est une position qui est en contradiction avec celle du régime algérien", a récemment déclaré Me Mustapha Bouchachi, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) et membre de l'opposition, cité par l’AFP.
 
Le cas libanais
 
Enfin, se pose le cas particulier du Liban, membre non permanent du Conseil de sécurité, et gouverné depuis quelques semaines par un cabinet composé d’alliés de Damas. Ce nouveau pouvoir refuse d’évoquer l’existence même du soulèvement et se borne à manifester son soutien au président Bachar al-Assad. Pourtant c’est depuis Beyrouth que sont élevées les premières voix de hauts responsables politiques contre la violence de la répression. Lundi, l’ex-Premier ministre Saâd Hariri, désormais dans le camp de l’opposition, a stigmatisé "le massacre qui vise la ville de Hama" et dénoncé "le mutisme qui se manifeste aux plans arabe et international à l’égard des développements en Syrie".
 
Syndiquer le contenuChronologie
Il a emboîté le pas à d’autres nations ayant exprimé leur mécontentement en juillet. Mercredi, le roi Abdallah II de Jordanie a partagé sa "consternation" avec le président Nicolas Sarkozy "devant le nombre de victimes et la poursuite de la répression" en Syrie, selon l’Elysée. Avec la suspension, mi-juillet, des travaux de l’ambassade du Qatar à Damas, qui n’a d’ailleurs pas été officiellement motivée par Doha, il s’agit de la seule réaction arabe. Encore faut-il préciser que ces positions sont antérieures à l’assaut militaire contre la ville de Hama - en cours depuis dimanche.
 
Silence radio du côté de la Ligue arabe
 
Reste à comprendre le silence observé par la Ligue arabe, de plus en plus critiquée dans les médias arabes. "Bien que tout le monde sache qu’elle n’est qu’une coquille vide à la solde de l’Arabie saoudite et des monarchies du Golfe, la Ligue arabe n’a également pas jugé utile de réagir, ne serait-ce que par un communiqué, au drame qui s’est produit dimanche à Hama", écrit ce matin le quotidien algérien El Watan.
 
Contactés par téléphone au Caire, les services de la Ligue arabe étaient injoignables ce mardi. "Trop c’est trop, Bachar al-Assad est allé trop loin dans la tyrannie", a cependant confié à France 24 une source interne à l’institution. Cette dernière, qui a requis l'anonymat, estime "qu’il n’est plus possible de se taire" et espère vivement une réaction rapide des dirigeants de la Ligue.
 
De son côté, Bahy el-Din Hassan, directeur général du CIHRS, se montre à son tour très critique à l’égard de la Ligue. "Cette institution est à l’image des gouvernements arabes, elle est tout autant déconnectée de la réalité et très éloignée de la volonté de la rue arabe". Il estime que le cas de la Syrie ne constitue pas une exception, la Ligue n’ayant pas non plus apporté de réponse sérieuse, ni adopté de position juste concernant les crises au Bahrein et au Yémen. "En restant muet sur les crimes de Bachar al-Assad, le nouveau secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a largement déçu les espoirs romantiques de ceux qui croyaient en lui", conclut-il.
 

 

Commentaires (12)

La communauté internationale,

La communauté internationale, y inclus les états unies et les médias, ont le devoir et la responsabilité pas seulement de critiquer l’oppression du régime Al-Assad contre la révolte populaire en Syrie mais aussi d’intervenir à tout les niveaux pour arrêter les massacres contre des manifestants pacifiques, il est naïf de penser ou de croire à des mensonges véhiculées par un régime sanguinaire qui a aucun respect pour les droits de ses citoyens.

Panarabisme

Dans cette affaire syrienne c'est toute la mauvaise foi du panarabisme qui est révelée. Comment manipuler les peuples arabes pour tout ramener aux palestiniens! Ils ont reussi à occuper l'esprit de leur peuple de cette façon mais maintenant que ça craque de partout, ils ne savent plus quoi faire. Bachar peut donc tirer dans le tas, du moment qu'il n'est pas israelien, sauf qu'à force le peuple va finir par comprendre qu'il n'y a pas qu'Israel et la palestine sur terre!

Des "dictatures" contre des "dictatures" !

Tous les pays arabes , sauf l'EGYPTE et la TUNISIE qui ont d'autres préoccupations , sont dirigés par des dictateurs , sous des formes diverses ( Parti Unique , Royauté , Parti religieux ). Comment voulez vous que ces pays s'en prennent à l'un des leurs ?

les regimes arabes face à la repression en terre syrienne

Les régimes arabes se ressemblent , ils ne peuvent pas se désolidariser l'un de l'autre .Cette histoire est connu .seul le peuple comme un seul homme est à même de sortir du joug de ces dictateurs .Le régime syrien est unique au monde , il le prouve chaque jour par sa capacité de commettre des massacres à huis clos comme kadafi a essayé de le faire en réagissant à la volonté de changement exprimé par le peuple libyen .

les regimes arabes face à la repression en terre syrienne

Les régimes arabes se ressemblent , ils ne peuvent pas se désolidariser l'un de l'autre .Cette histoire est connu .seul le peuple comme un seul homme est à même de sortir du joug de ces dictateurs .Le régime syrien est unique au monde , il le prouve chaque jour par sa capacité de commettre des massacres à huis clos comme kadafi a essayé de le faire en réagissant à la volonté de changement exprimé par le peuple libyen .

hhhh

le regime syrien a deja proposé des changements qu'en voulez vous de plus vraiment que DIEU NOUS PROTEGE DE ses imperialistes

Ne melez pas l'Agérie SVP

L'Algérie qui est sortie convalescente de la décennie rouge et qui avait vécu sa prorpre révolution dèjà en 1989, n'est pas prête de mêttre en péril sa stabilité retrouvée. Les Algériens sont vaccinés et restent dignes

Quand on dit rien,on est contre!

LEquation arabe est logique:des l'ors qu'on s'abstient de commenter ou d'intervenir équivaut à un net désaccord.Alors ne vous melez pas des affaires arabes,et pour vous occuper,allez plutot du coté Bahrain;mais faudrait-il aussi obtenir le Visa USA,pour y mettre le nez!Les pays du Golf c'est le Garde-manger de l'Oncle Sam.Alors essayer la Somalie,si vous etes surs que vous cherchez le Bien des Etres Humains.Vous avez laissé des dents en Libye,attendez au moins que d'autres repoussent pour..aller en Syrie.

Ils ne réagissent pas parcequ'ils sont tous les mêmes

Les dirigeants arabes sont tous corrompus, parmi eux qui veut défendre le peuple syrien ou palestinien ? personne , par ce que si c'été pas le cas on fourniras pas Israël en gaz et en pétrole pour écraser les palestiniens

La politique de deux poids, deux mesures

La ligue arabe est coincée et après avoir precipité la condamnation de la Libye, la voilà incapable d'appliquer la même politique à l'endroit de la Syrie. Au fond, même la fameuse communauté internationale se retouve sans solution efficace devant le drame qui se joue en Syrie.L'ONU prend également une gifle car son impuissance est manifeste. L'ONU ne montre ses dents que pour les pays pauvres d'Afrique. Combien de temps va durer encore ce drame!Il faut commencer par mettre de l'ordre dans le conseil de sécurité de l'ONU qui est manipulé par certains pays. Le droit de veto attribué aux uns et autres ne favorise pas la démocratie et nous conduit à l'impasse actuel. Mais comme certains pays veulent s'attribuer l'étiquette de grande puissance,de communauté internationale ,même quand ils sont deux ou trois à s'exprimer,ils sont dans tous le grand G (G1,G2....G8...G20...et G zéro). On les retrouvent dans tous les droits de Veto ou autres,leurs influences deviennent néfaste que salutaire.Après avoir mis de l'ordre en Irak et peut-être un jour en Afganistan,il faut mettre de l'ordre dans les organisations internationales qui deviennent des instruments aux services de quelques pays occidentaux surtout pour leurs intêrets que ceux de tous les autres pays au monde
Merci et bonjour

On se demande franchement a

On se demande franchement a quoi sert cette ligue Arabe...

c'est evident, le monde arabe

c'est evident, le monde arabe prefert s'occuper d'israel et des palestinens. c'est leurs sacro saint. La syrie, la famine en afriquec rien du tout pour eux

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