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Afrique

Le président Issoufou confirme l'arrestation de dix putschistes présumés

Texte par Dépêche

Dernière modification : 03/08/2011

Lors d'un discours radio-télévisé, le président nigérien a confirmé l'arrestation, fin juillet, de 10 militaires soupçonnés de vouloir le renverser. L'un des putschistes présumés serait en fuite.

AFP - Dix personnes ont été arrêtées et une autre est en fuite pour "tentative" de putsch en juillet au Niger, a annoncé mardi soir le président Mahamadou Issoufou, élu en mars après un an de junte militaire dans ce pays depuis longtemps secoué par des coups d'Etat.

C'est la première fois que cette tentative de putsch est confirmée par les autorités nigériennes.

Une source sécuritaire avait indiqué à l'AFP fin juillet, sans plus de précision, que "plusieurs militaires, dont un commandant et un lieutenant", avaient été arrêtés depuis le 22 juillet pour "tentative de renversement du régime et tentative d'assassinat du président Issoufou".

"Dix de ceux qui avaient décidé de porter atteinte à la sécurité de l'Etat à travers les événements programmés dans la nuit du 12 au 13 juillet 2011, sont aux arrêts disciplinaires et l'un d'entre eux est en fuite", a déclaré le président dans un message radio-télévisé à l'occasion du 51e anniversaire de l'indépendance du Niger.

Selon sa famille, le lieutenant Ousmane Awal Hambaly, relevé de son poste à la garde présidentielle en juillet, fait partie des personnes arrêtées.

"L'enquête se poursuit avec l'espoir de remonter aux commanditaires. La loi sera appliquée dans toute sa rigueur à tous ceux qui, sans raison objective, ont cru devoir remettre en cause le choix opéré par le peuple nigérien souverain il y a moins de quatre mois", a promis le chef de l'Etat.

"Ces événements interviennent à un moment où le gouvernement a décidé de mener une action rigoureuse contre le détournement des deniers publics à travers le paiement de fausses factures", a-t-il encore souligné, réaffirmant son engagement à lutter contre la corruption.

Une série de dossiers concernant de présumés détournements ont été transmis récemment au tribunal militaire, selon le gouvernement.

M. Issoufou a vanté les efforts faits en direction des forces de défense et de sécurité, notamment "le lancement de la réhabilitation des casernes, l'augmentation des salaires et des indemnités du personnel de la garde nationale et la police".

"C'est cet élan salvateur que certains ont voulu briser", a-t-il assuré.

"La tentative de remise en cause du choix opéré par notre peuple intervient aussi au moment où notre pays, après avoir été mis au ban des nations, en a rejoint le concert de manière éclatante, avec notamment la reprise des relations avec la communauté des bailleurs de fonds", a-t-il dit.

L'Union européenne a décidé en juin de reprendre sa coopération au développement avec le Niger et vient de débloquer 25 millions d'euros pour la lutte contre la pauvreté.

M. Issoufou a été reçu le 29 juillet à la Maison blanche, avec trois autres chefs d'Etat d'Afrique subsaharienne francophone, par le président américain Barack Obama, en signe de reconnaissance des progrès démocratiques accomplis.

L'ancien opposant historique a été élu le 12 mars à l'issue d'une présidentielle organisée par la junte du général Salou Djibo, qui avait renversé en février 2010 le président Mamadou Tandja. Au pouvoir durant dix ans, M. Tandja avait voulu se maintenir au-delà de son dernier mandat légal.

Le scrutin de 2011 a été unanimement salué comme démocratique et transparent, une étape majeure pour ce pays sahélien très pauvre abonné aux coups d'Etat depuis son indépendance de la France en 1960.
 

Première publication : 03/08/2011

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