Dernière modification : 03/08/2011 

- Bachar al-Assad - Diplomatie - ONU - Syrie


Le Conseil de sécurité ne parvient pas à s'entendre sur le cas syrien

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'est toujours pas parvenu à s'accorder sur une résolution qui condamnerait la violence du régime de Damas. Plus de 160 civils auraient été tués depuis dimanche par la machine répressive syrienne.

Par Isabelle DELLERBA , correspondante FRANCE 24 à Beyrouth. (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Le Conseil de sécurité de l'ONU a échoué mardi pour le deuxième jour consécutif à s'accorder sur une position commune sur la répression en Syrie, qui a fait au moins trois nouvelles victimes dans la journée, après plus de 160 morts depuis dimanche.

Des diplomates ont indiqué que des progrès avaient été effectués mardi au Conseil, mais que des divisions persistaient entre ses 15 membres. Les diplomates doivent consulter leurs capitales respectives et reprendre les discussions mercredi.

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Evoquant les violences meurtrières, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a estimé que le président Bachar al-Assad avait "perdu toute humanité".

Mardi à Hama (centre), deux frères ont été tués par une roquette tirée sur leur voiture et un autre civil est mort après avoir été visé par un tireur embusqué, a affirmé le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, Rami Abdel Rahmane.

L'armée et les forces de sécurité ont lancé dimanche une vaste offensive dans cette ville rebelle à 210 km au nord de Damas, tuant cent personnes dimanche et quatre lundi.

Hama avait été le théâtre d'immenses manifestations contre le pouvoir ces dernières semaines. Cette ville était déjà un symbole de la lutte contre le régime depuis la répression en 1982 d'une révolte des Frères musulmans, qui avait fait 20.000 morts.

L'agence officielle Sana a affirmé qu'un groupe de "saboteurs" avait mis à sac le principal palais de justice de Hama lundi après-midi. La veille, elle avait assuré que l'armée poursuivait "sa mission à Hama", évoquant de "vastes affrontements" contre des groupes bien organisés, à l'armement sophistiqué.

Lundi, au moins 25 personnes avaient été tuées dans tout le pays, dont 10 après la prière des Tarawih, selon un nouveau bilan communiqué par M. Abdel Rahmane. Les autorités redoutent cette prière du soir pendant le ramadan, qui multiplie les occasions de rassemblements.

Face à cette répression sanglante, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est de nouveau réuni mardi, au lendemain d'une première réunion qui s'était achevée sans résultat concret.

La Russie et la Chine, deux des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, ont menacé de bloquer le passage d'une résolution, tandis que le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud ont fait savoir qu'ils étaient contre une résolution ou une déclaration.

Les puissances européennes ont distribué un nouveau projet de résolution sur la Syrie mais des diplomates ont indiqué qu'il n'était guère différent d'un texte précédent rejeté il y a deux mois.

"Ce n'est pas nouveau", a dit l'ambassadeur russe, Vitaly Tchourkine, tandis que l'ambassadeur indien, Hardeen Singh Puri, ne relevait que "quelques mises à jour techniques".

L'Europe a imposé mardi des sanctions contre cinq nouveaux proches de M. Assad, ajoutés à la liste des personnes privées de visas et dont les avoirs ont été gelés. Le ministre de la Défense et le chef de la sécurité militaire de Hama figurent parmi eux.

Les villes syriennes où ont eu lieu des manifestations
(cliquez pour agrandir)

L'UE avait déjà adopté trois trains successifs de sanctions à l'encontre de caciques du régime, dont le président Assad lui-même.

A Washington, des opposants syriens ont exhorté le président américain Barack Obama à demander le départ immédiat de M. Assad ainsi que de nouvelles sanctions de l'ONU contre son régime.

Dénonçant "l'horrible répression contre la population civile", l'Italie a rappelé son ambassadeur en Syrie pour consultations et proposé que tous les pays de l'UE fassent de même.

Mais l'UE n'envisage pas de rappeler son ambassadeur, qui va "rester à Damas pour surveiller la situation", a répondu le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Et comme Londres la veille, Paris a affirmé que la communauté internationale ne prévoyait "aucune option de nature militaire".

Hama, ville martyre

Depuis le début de la contestation le 15 mars, plus de 1.600 civils ont été tués, selon l'OSDH. Près de 3.000 personnes sont portées disparues et quelque 12.000 ont été emprisonnées en quatre mois et demi de révolte, d'après les ONG.

Malgré la répression, les militants ont affirmé sur leur page Facebook leur volonté de manifester "tous les soirs après les (prières du) Tarawih, pour riposter" au régime.

Mardi soir, des manifestations ont ainsi eu lieu à Homs (centre) et dans plusieurs villages aux alentours, en dépit d'un "déploiement massif de chars" sur la route entre Homs et la localité voisine de Ruston. Il y a eu aussi des rassemblements sur la côte méditerranéenne, à Lattaquié et dans la région de Banias, selon M. Abdel Rahmane.

Commentaires (2)

L'ONU sait pertinemment que

L'ONU sait pertinemment que ce sont des groupes armés qui font le souk en Syrie et qui ont tués des membres de l'armée syrienne et des civils, sans compter le nombre d'édifices officiels qu'ils ont incendié, pillés et détruits. Ils ne peuvent pas trouver un accord sur ce qu'ils ont eux-mêmes provoqués. La Russie et la Chine ne sont pas dupes. Ils ont bien compris le manège du cartel USA-ONU-Israel. Ce que veut ce trio malfaisant est tout simplement que la Syrie laisse tomber le Hezbollah et l'Iran. Si la Syrie s'execute, vous verrez que tout redeviendra normal du jour au lendemain... A bon entendeur

BACHAR EL ASSAD protégé ?

On peut s'interroger sur les raisons qui poussent la CHINE et la RUSSIE à protéger ainsi , malgré les massacres répétés de sa population , le régime dictatorial de BACHAR EL ASSAD . En fait ils se protègent eux mêmes pour l'avenir . Ils savent très bien qu'ils ne sont pas à l'abri indéfiniment de révoltes de leurs propres populations et qu'ils n'aimeraient pas qu'une instance internationale se mêle de leurs affaires si cela se produisait .

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